Les Animaux fantastiques : critique à la baguette

Mise à jour : 10/11/2018 05:12 - Créé : 16 novembre 2016 - Simon Riaux

Avec la marque Harry Potter, Warner détient les droits d’un produit extrêmement rentable et générateur d’un public captif comparable à celui qui accompagne les Star Wars de Disney. On ne s’étonnera donc pas de voir le studio transformer un produit dérivé pour en faire Les Animaux Fantastiques, franchise annoncée de cinq films. Mais que vaut donc cette continuation du Poudlard aux œufs d’or ?

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18 réactions

OLD SCHOOL MAGIC

Longtemps dernier bastion hollywoodien à défendre des projets singuliers et pensés avant tout comme des œuvres de cinéma, Warner a acquis au gré des huit adaptations des romans de J.K. Rowling un savoir-faire en matière de transposition magique indiscutable. Il joue à plein dans Les Animaux Fantastiques, dont l’intrigue, située à New York en 1926, permet à cet univers de se renouveler et de muter sensiblement, vers une esthétique plus adulte, aux influences toujours plus nombreuses.

En résulte un produit à la direction artistique souvent prodigieuse dans son souci du détail, où se succèdent les décors formidables, les références cinématographiques et littéraires, accompagnées d’un bestiaire plutôt réjouissant, aux airs de Monster Hunter rehaussé de pudding. Un terrain de jeu idéal pour un casting tout simplement parfait. Eddie Redmayne déploie son charme gauche avec délice, tandis que Katherine Waterston compose une partition plus délicate. Quant à Ezra Miller et Colin Farrell, ils assument parfaitement la part d’ombre du récit, ce qu’elle contient de manipulation, de discours trouble sur l’acceptation de soi.

 

Photo Eddie Redmayne

 

CHEAP TRICK

Hélas, si Les Animaux Fantastiques recèle quelques joliesses dans sa conception, il ne trahit jamais sa nature de blockbuster prémâché de 2016. Réalisé par David Yates, le film ne propose pas la moindre idée de mise en scène autre que des emballements numériques ponctuels lorsque le scénario s’attarde sur la collection animalière de son héros. Plus gênant, le scénario nous propulsant aux Etats-Unis, Warner se débarrasse avec joie des oripeaux britanniques du produit pour y accoler les marques de l’entertainment hollywoodien contemporain. Ainsi, quand la magie fait défaut, on dégaine les flingues, on fusille, on pulvérise des bâtiments, le tout dans une avalanche de gros effets dramatiques souvent hors-sujet, notamment au cours d’un climax qui lorgne d’un œil torve vers la recette Marvel.

 

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La narration n’échappe pas à ce cahier des charges désincarné, alternant séquence d’exposition, clin d’œil aux fans, intrigue secondaire, et extension de l’univers principal sans jamais tenter de les lier organiquement. Le résultat est une pièce montée souvent incohérente, où s’imbriquent mécaniquement la traque d’un rhinocéros libidineux, une pseudo-dénonciation des tensions politiques américaines et les premières miettes d’une amourette nigaude.

 

Photo Eddie Redmayne, Katherine Waterston

 

FORMULE TRAGIQUE

Grâce à l’énergie de ses comédiens et à une série de petites trouvailles ici et là, Les Animaux Fantastiques ne sombre jamais et a au moins la politesse de ne pas nous ennuyer. Mais on se prend souvent à rêver de ce qu’aurait pu proposer avec semblable matériau un Tim Burton de la grande époque ou un Guillermo Del Toro, tant le film peine à incarner ses meilleures idées.

 

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En témoigne les scènes se déroulant dans le petit zoo de Scalamander, caché dans une valise enchantée. Ces séquences, entre le théâtre, la relecture de Mary Poppins et la pure féérie appelaient une certaine inventivité et des choix de mise en scène. David Yates n’en fait qu’une bouillie numérique générique, à l’image du personnage virtuel doublé par Ron Perlman, qui à force de débauche d’effets numériques finit par amoindrir une excellente proposition de départ.

Au moins l’univers des Animaux Fantastiques est-il désormais établi et son concept largement étalé. Avec son univers riche et ses immenses possibilités narratives, on peut espérer que Warner lâchera progressivement la bride d’une franchise en devenir, qui pourrait encore surprendre et, qui sait, ensorceler.

 

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Résumé

Les Animaux Fantastiques, malgré un casting de rêve et une direction artistique soignée, ne peut dissimuler sa nature de produit trop calibré et soumis aux modes du moment pour émerveiller.

commentaires lecteurs votre commentaire !

lucie 04/03/2017 à 12:42

j'aime pas trop se film il est pas très joli

Melki 20/11/2016 à 14:45

@PipoBazinga

Mais heureusement qu'ils comparent avec d'autres films... C'est justement ça, "se concentrer sur le film", proposer de le mettre en perspective, avec ce qui a existé avant, ce dont il s'inspire, la direction qu'il prend. C'est justement ça une critique : une mise en perspective, une grille de lecture.

Après si tu veux des avis "concentrés sur le film", bah tu regardes l'affiches, y aura plein de jolies citations promo.

Geoffrey Crété - Rédaction 19/11/2016 à 11:22

@Pipo

On espère donc vous retrouver sur la prochaine critique où notre enthousiasme sera critiqué et nous vaudra des insultes ;) Pas d'inquiétude, ça arrivera vite, sans aucun doute.

PipoBazinga 19/11/2016 à 07:40

Je n'ai pas lu tous les commentaires mais je suis assez d'accord avec l'idée qu'EL ait l'air blasé rien qu'à l'idée de voir de nouveaux films. A chaque critique il y a une voire plusieurs comparaisons avec d'autres films, au lieu de se concentrer sur le film dont il est question. Pour l'avoir vu j'ai pour ma part apprécié le film, quand vous dites qu'il s'agit d'une "bouillie numérique" je ne suis pas d'accord avec ce jugement. Je trouve intéressant que le film explore divers horizons, on passe en 10min d'un film gentil,féérique à quelque chose de bien plus sombre et plutôt angoissant. C'est quelque chose de plutôt sympa pour ma part de voir un film qui ne se contente pas que d'un univers et finisse par être gnangnan ou au contraire trop sombre.

Pat_06 19/11/2016 à 04:08

Chacun a le droit d'aimer des films différents là n'est pas la question.
Je n'ai pas vu le film. Pas encore. Mais ce que je retiens surtout de cette critique c'est qu'il semble parfaitement répondre à la mode actuelle qui pollue durablement et gravement à Hollywoodien. A savoir qu'avec des budgets totalement indécents et des couts de fabrication essentiellement gonflés par les CGI et la promo, les studio s'évertuent à créer non plus des films en tant que tel mais de véritables marques : on va voir le dernier Marvel ou le prochain Star Wars... et non plus un film construit et pensé pour ce qu'il est. La critique du site à mon sens regrette cela avant toute chose. On ne peut que les rejoindre : impossible aujourd'hui d'imaginer Titanic, le Parrain ou Psychose se monter. Les studios auraient trop à coeur d'en tirer artificiellement des sagas sur 4 ou 5 épisodes, jusqu'à l'écoeurement... Personnellement j'attendrai de voir les Animaux Fantastiques à domicile plutôt que d'investir une trentaine d'euros (place de ciné + nounou) pour voir un énième produit dont les suites sont d'ores et déjà programmées. Je préfère garder mon temps et mon argent pour des films grand public un peu plus ambitieux que cela (ex : Odyssée de Pi, Interstellar, ....).

Olivier 17/11/2016 à 21:18

@riku
Ok je comprends ton point de vue tu as raison, je me suis un peu emporté ;)

Riku 17/11/2016 à 21:01

@olivier

Et moi ce que je te réponds, c'est que lorsqu'ils publient des critiques positives, on leur reproche autre chose. Je me souviens notamment des insultes quand ils ont dit que Batman v Superman était selon eux super. Dans n'importe quel cas de figure, des gens viendront se plaindre, avec des arguments sensiblement similaires aux tiens (qui tendent à laisser croire que penser différemment, c'est forcément un problème de fond)

Petit tour sur leur page des notes critiques : il suffit de descendre sur les 20, 30 derniers films pour voir un paquet de 4/5, et des 4,5/5.
http://www.ecranlarge.com/films/critiques

Correction donc : "c'est jamais assez bien, et y'a toujours à redire, pas assez d'enthousiasme", oui, mais dans les commentaires, grâce à quelques personnes récurrentes comme toi. Et je dis ça sans t'insulter ou t'agresser, simplement mon ressenti.

Olivier 17/11/2016 à 18:15

@Spiritanytime,
Je vous remercie pour votre proposition d'aller me faire défoncer le derche, je vais cependant décliner.
"Vrai film" c'est quoi un vrai film? Tres drôle comme remarque, y a pas vrais films et de faux fimls c'est une histoire de goût. Merci de votre condéscandance et votre agressivité. Un message gorgé d'intelligence en tout cas.

@touslesautresv: ce que je voulais dire c'est que les critiques EL sont souvent blasées. C'est jamais assez bien et y a toujours à redire. Si on trouve pas de défauts ça signifie que le critique fait pas son travail? Un peu d'enthousiasme de temps en temps ça serait pas mal.

Spiritanytime 17/11/2016 à 12:29

@Olivier, sérieusement, si tu penses que la critique de EL est attendue, mais va te faire dégommer le derche par ta pucelle de mère. Au lieu de te plaindre, mets des lunettes et tape toi des vrais films. T'as pas autre chose à foutre que d'aller voir des daubes pareil au ciné ?

Fisher 17/11/2016 à 10:02

Moi je me doutais qu'il y aurait des gens pour venir s'offusquer parce qu'ils pensent autrement. S'ils avaient mis un 4/5, le camp adverse serait venu dire "ce film est une daube, vous êtes des critiques de pacotille vous aimez tout et n'importe quoi". C'est devenu une habitude décidément.

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