Critique : Fury

Simon Riaux | 22 octobre 2014

Après un Sabotage très mal écrit et caricatural, on n'attendait plus grand chose de David Ayer. Et pourtant, Fury surprend à plus d'un titre et passe tout près de s'imposer comme un classique du genre grâce à une batterie de qualités inattendues. Visuellement et thématiquement, le film explose au visage du spectateur comme un chant guerrier funèbre et mâture, à des lieues des airs de Call of Duty cinématographique que lui donnait la promotion.

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1 réactions

On ne rit pas dans Fury, sinon nerveusement, alors que l'écran est progressivement saturé des membres déchiquetés de dizaines d'hommes. Comparé régulièrement au Soldat Ryan de Spielberg, cette descente aux enfers à bord d'un Tank s'avère beaucoup moins idéaliste et sentimental. Nous embarquons dès les premières secondes aux côtés de Brad Pitt et Shia Labeouf pour un combat qui rappelle la chanson de geste par sa pureté guerrière.

C'est que David Ayer s'est dépassé derrière la caméra. Le metteur en scène a abandonné les scories numériques, travaillé la lisibilité de ses plans, léché une image anthracite qui étouffe petit à petit toute humanité, au sein d'un décor qui vire à l'abstraction. Nimbé dans une photographie qui transforme progressivement une chronique meurtrière en épisode de l'Odyssée, le réalisateur parvient à emballer un des plus beaux films de guerre vu depuis des lustres.

Fury aurait pu jouer dans la catégorie des Croix de fer, porté par un casting phénoménal et un discours dont l'ambiguité morale tranche avec le toilettage actuel d'Hollywood. Hélas, cette puissante fresque est entachée par Logan Lerman, dont le personnage (très mal écrit) de jeune pouce est une greffe totalement inutile. Le comédien ne brillant ni par son interprétation ni par son charisme, son rôle de nouveau venu apprenant les dures réalités de la vie auprès de ses compagnons d'armes est un véritable problème. Il handicape ainsi le rythme du récit et lui interdit de totalement se transformer en classique du film de guerre.

Résumé

Ne serait-ce Logan Lerman on tiendrait là un classique instantané du film de guerre.

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Rémi
27/10/2014 à 12:14

Enfin le personnage de Norman est indispensable pour qu'on puisse s'identifier au récit hein. Après ouais, niveau écriture, on a connu mieux.

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