Sherlock Holmes : Critique

Mise à jour : 17/11/2017 16:51 - Créé : 22 janvier 2010 - François Provost

Le Sherlock Holmes nouveau est arrivé.

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La récompense attribuée à Robert Downey Jr aux derniers Golden Globes tombe à point nommée, continuant d'alimenter toute l'affection qu'on a pour l'acteur. Si elle reste, certes, opportuniste, celui-ci, n'oublie pas de remercier Joel Silver qui, selon lui, a relancé sa carrière "au moins une quinzaine de fois". C'est donc une nouvelle fois chez Silver Pictures qu'on retrouve le joyeux luron, endimanché dans les habits du célèbre détective et dirigé par l'inquiétant Guy Ritchie, plus enclin ces derniers temps à recycler inlassablement son fonds de commerce habituel. Surprise, enfin débarrassé de ses interminables histoires d'arnaques et cadré par un cahier des charges à respecter (on sait comme les ayants-droits sont tatillons), Guy Ritchie réalise enfin un film malin, excitant et pour tout dire, probablement le meilleur de sa carrière. 

 

Photo Rachel McAdams, Robert Downey Jr.

 

Si prendre un américain pour jouer Sherlock Holmes pouvait prêter à confusion, il faut bien reconnaître que le projet a tout de l'entreprise de séduction : la paire Robert Downey Jr/Jude Law marche à merveille et les allusions homosexuelles avec lesquelles Robert s'amuse allègrement sont les constantes d'une "bromance" déjà suggérée dans les romans. D'ailleurs, qu'on soit familier ou non des écrits de Sir Arthur Conan Doyle, le scénario s'arrange pour offrir une version moderne du personnage, touche-à-tout, tantôt vaurien dans ses excès et fin limier au flegme indéniable. Dans le rôle-titre, Robert Downey Jr s'en donne à cœur joie et confirme tout le bien qu'on pensait de lui ses dernières années, notamment dans ses joutes verbales avec Jude Law, fidèle Watson. 

 

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La reconstitution numérique plonge nos personnages dans le Londres du XIXème siècle, teintée d'un obscurantisme cher à Alan Moore et sur le point de basculer dans une révolution industrielle parfois uchronique. Si Guy Ritchie calme ses excès clippesques, le film part parfois en roue libre où les flashbacks et le montage nerveux nous rappellent qu'il s'agit d'une aventure dont seul Sherlock Holmes a les clefs : au spectateur de se relaxer et de s'émerveiller des prouesses du détective. S'ajoute à la paire, une présence britannique légitime en la personne de Kelly Reilly (qui se contente de pavoiser), tandis que Rachel McAdams la joue femme nerveuse en atout maître. Fidèle de Guy Ritchie, Mark Strong promène une classe toute impériale qui sied parfaitement pour s'opposer au couple de détectives, et confirme au passage qu'il fait un méchant judicieux à qui voudra bien l'employer dans ce registre (Kick Ass, Robin Hood et John Carter of Mars se feront un plaisir de le rappeler !).
 

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Résumé

Malgré un dernier acte un brin ronronnant où pirouettes convenues et résolutions d'énigmes sont d'actualités, le Sherlock Holmes cuvée 2010 procure un fun immédiat et reste suffisamment original dans son traitement entre hommage et réinvention pour satisfaire un large public. La suite s'annonce au moins aussi excitante, avec l'inquiétant professeur Moriarty guettant dans l'ombre, et Robert Downey Jr (à présent aussi intouchable qu'un Johnny Depp de blockbuster), peut remercier sa belle étoile.

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