2012 : critique cataclysmique

Sandy Gillet | 4 septembre 2017 - MAJ : 27/11/2019 22:06

Qu'il est marrant de constater qu'à chaque nouveau film d'Emmerich c'est un peu toujours la même musique : une attente de fou générée par un buzz dont le sommet de l'iceberg ne sont autres que les bandes-annonces spectaculaires savamment distillées jusqu'à la sortie puis des spectateurs qui se déplacent bien souvent en masse (le seul film du cinéaste d'origine allemande à ne pas avoir dépassé le million d'entrées chez nous depuis Universal Soldier est 10 000) dans l'idée de s'en prendre plein la poire sans autre forme d'attente. 2012 remet ça.

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2012 : TU SORS (OU PAS)

Si la grande majorité de la critique parisienne et de Navarre l'a cordialement détesté, 2012 ne démérite pas pour autant, sa qualité première étant même d'assumer de A jusqu'à Z sa démesure, ses incohérences, le pathos de pas mal de situations, les traits outranciers de chacun des personnages et la morale intermédiaire et finale pas toujours très heureuse. Au-delà, Roland Emmerich s'amuse et surtout ne se prend pas au sérieux, ce que tous ses précédents films laissaient malheureusement transpirer à en devenir insupportable.

 

Photo John CusackJohn Cusack

 

Cette « légèreté » sert le propos mais aussi la réalisation qui gagne en fluidité et en « transparence » de narration. De là à dire que 2012 est un film éminemment classique avec ses lourdeurs mais aussi ses fulgurances (bien entendu toutes les scènes de catastrophe) est un pas que l'on peut franchir allègrement. Il en résulte une générosité d'ensemble ponctuée par des dialogues et des situations savoureuses dont l'inspiration est à chercher dans cet humour « redneck » des plus frontaux (entendre par là qui fait rire malgré lui ou que lui) forcément déstabilisant.

 

Photo Amanda PeetAmanda Peet

 

TOUT CASSER

Roland Emmerich fonce et ne se pose que peu de questions (à voir les scènes de transition on comprend très bien que c'est en fait là que se situe la limite actuelle de l'exercice). Tête baissée il casse la planète pour mieux la reconstruire à son image et nous emmène entre-temps dans une aventure (on n'oserait dire humaine car le Roland il s'en fout de l'humanité vu comment il la traite de film en film) assez haletante et en tous points bourrés d'incohérences de scénario propres à remplir jusqu'à la gueule la section « blooper » du film sur IMDB.

 

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Résumé

Attention, prenez bien garde à déposer votre cerveau avant de monter à bord.

commentaires lecteurs votre commentaire !

rudy mako
08/09/2018 à 03:02

C'est mieux que regarder certains sottises cinématographiques qui sortent maintenant

Opale
05/09/2018 à 12:10

J'adore ce film, pas autant que Le jour d'après, mais presque...

Andarioch
05/09/2018 à 10:20

Tellement con que ça en devient bon. A l'heure où tellement de blockbusters se prennent au sérieux c'est rafraichissant. Le genre de film dont on peut se passer 5mn totalement régressive histoire d'avoir son content d'image avant d'aller se pieuter. Et il y a Cusack et Peet.

gattaca
05/09/2018 à 09:07

c'est agréable de de voir un film de ce genre 100% pop corn, à vrai dire je préfère ce genre que les films de super héros ou on est a la limite de l'overdose

Birdy
05/09/2018 à 00:55

le must du film : la panne d'essence de l'avion qui parvient à traverser la planète en aveugle pour rejoindre ce qu'il reste d'une possible base cachée dans les montagnes. Heureusement, l'avion ( totalement paumé et donc potentiellement à des milliers de km de sa destination ) s'écrase... au pied de la base en question. Pourquoi chercher compliqué quand on écrit une histoire ?

Birdy
05/09/2018 à 00:51

Je vois d'ici Emmerich totalement dans la mouise à 30min de son rdv avec la prodpour présenter le sujet de son nouveau film... qu'il n'a pas. Et miracle en passant devant un journal ouvert à la page des mayas, ça fait tilt. 30min plus tard, il a même le scénario du film écrit à la main sur une serviette en papier.

Simone2beauvoir
04/09/2018 à 22:11

Un de mes premiers Blu ray. Un film totalement assumer, tu te cales dans le canapé, tu pauses ton cerveau à coté de celui de ta nana et ont compte les fonds verts.

Ghob_
12/02/2018 à 23:50

Pareil : un gros divertissement débilos et sans fond (ou à s'en arracher les cheveux, à regarder de plus près), mais qui assume pleinement son rôle d'entertainment de masse. Même sur petit écran, on s'en prend plein la gueule.
Il est vrai que la suite d'ID4 ne vaut pas la moitié en matière de sensations (quoique, l'arrivée des ET sur Terre, les premiers gros cataclysmes et les scènes dans le vaisseau offrent un panorama SF assez saisissant), mais je lui donne quand même quelques bons points. Cela dit, 2012 faisait mieux en pure matière de destruction-porn, sans théories scientifiques (trop) fumeuses.

Number6
12/02/2018 à 21:59

Je vote pour aussi. Ce film est un roller coaster complètement assumé, con dans le fond, mais la forme est plus que spectaculaire.
Dommage qu'il n'est pas connu une telle fulgurance sur la suite de l'énorme ID4

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