La Nuit au musée : Critique

Créé : 18 janvier 2007 - Julien Foussereau

La collection d'un des plus grands musées d'histoire naturelle prenant vie à la nuit tombée, voilà une idée alléchante ! Contrairement à ce que l'on pourrait penser en des temps où transposer au cinéma une attraction de parc à thèmes suffit pour décrocher la timbale au box-office, la base de La Nuit au musée est un livre pour enfants d'une trentaine de pages. Dans les deux cas toutefois, on comprend assez vite que l'un des enjeux majeurs pour mener à bien de tels projets consisterait à échafauder une histoire tenant un minimum la route afin que puisse se déployer la magie de l'univers visité, le risque étant de se contenter de balancer mollement son budget sur l'écran au détriment de toute forme de cohérence. Cette Nuit au musée ne remplit hélas que la moitié de son contrat.

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D'emblée, La nuit au musée commence mal en raison d'une entrée en matière franchement laborieuse : un Géo-trouve-tout fauché, divorcé et instable financièrement, se voit dans l'obligation de donner dans l'alimentaire s'il ne veut pas troquer son deux pièces à Manhattan pour –bigre !- une piaule dans le Queens et décevoir son fils encore une fois… Cette exposition cousue de fils blancs, pour ne pas dire clignotants, est typique d'une écriture tellement flemmarde qu'elle en vient à contaminer le travail de ses représentants. C'est bien simple, on ne croit pas une seule seconde à la relation Larry / fiston quand Paul Rudd voit son personnage marrant de yuppie addict au portable malheureusement sous-exploité.

Ce n'est que lorsque le film assume pleinement sa fonction de roller coaster que les choses sérieuses peuvent commencer, soit après une bonne demi-heure. Trop tard, me direz-vous ? Peut-être. Pourtant, ce serait passer à côté d'un développement d'honnête facture. Une fois ses marques prises, Ben Stiller recouvre comme par magie l'efficacité certaine de son corps comique notamment dans le registre masochiste. Encore entrecoupé de séquences badinages factices avec Carla Gugino, les passages nocturnes balaient l'introduction léthargique. On assiste alors à un étalage de trucages numériques réussis (mention spéciale au couple « T-Bone-Rex » / lion ») et vains à la fois.

 

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Paradoxalement, les meilleurs moments reviennent toujours à la base comique : le slapstick (l'avalanche de soufflets entre Stiller et un singe capucin teigneux), l'understatement (les sous-entendus gays entre « cow-boy Owen Wilson » et « Steve Coogan empereur Octavius ») ou encore le comique de situation. Certes, les mangeurs de yankee au p'tit dèj' pourront toujours s'insurger par le message sous-jacent de La Nuit au musée selon lequel un concentré d'histoire mondiale se voit phagocyté avec bonhomie par l'américain moyen moderne. Mais ce serait prêter des intentions bien trop élevées à ce gros fourre-tout…

Au fond, Shawn Levy ne fait que livrer un brouillon, davantage alourdi par ses insuffisances narratives que par ses 120 millions de dollars. Il y avait là de quoi pondre quelque chose de frénétiquement jubilatoire, pénétré par un grain de folie mémorable. Dommage que la paresse des scénaristes et l'impossibilité à se caler sur un rythme de croisière en fassent un divertissement aussi potable que périssable, un Jumanji du pauvre (impression renforcée par la présence de Robin Williams.) C'est pourquoi on ne saurait trop conseiller au futur éditeur DVD d'incorporer un chapitrage sélectif astral parce que les nuits de ce film sont clairement plus fun que ses jours !

 

Résumé

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