La Nuit au musée : critique Jurassic Jumanji

Julien Foussereau | 28 juin 2020
Julien Foussereau | 28 juin 2020

La Nuit au musée, ce soir à 21h sur France 4

Ben Stiller passe une nuit mouvementée dans un musée, et ça tombe bien : ça s'appelle La Nuit au musée. Réalisée par Shawn Levy, spécialiste des productions familiales, la comédie avec aussi Robin Williams, Ricky Gervais, Dick Van Dyke et Carla Gugino, a donné une petite saga lucrative, avec deux suites. Pas sûr que c'était nécessaire.

DEMI-MOLLE

La collection d'un des plus grands musées d'histoire naturelle prenant vie à la nuit tombée, en voilà une idée alléchante. Contrairement à ce que l'on pourrait penser en des temps où transposer au cinéma une attraction de parc peut rimer avec franchise en or (Pirates des Caraïbes), l'origine de La Nuit au musée est un livre pour enfants d'une trentaine de pages, de Milan Trenc.

Dans les deux cas toutefois, on comprend assez vite que l'un des enjeux majeurs pour mener à bien de tels projets consisterait à échafauder une histoire tenant un minimum la route afin que puisse se déployer la magie de l'univers visité, le risque étant de se contenter de balancer mollement son budget sur l'écran au détriment de toute forme de cohérence. Cette Nuit au musée ne remplit hélas que la moitié de son contrat.

 

photo, Ben StillerL'entrée en matière, passage oblige et pas forcément confortable

 

D'emblée, La Nuit au musée commence mal en raison d'une entrée en matière franchement laborieuse : un Géo-trouve-tout divorcé et instable financièrement, se voit dans l'obligation de donner dans l'alimentaire s'il ne veut pas troquer son deux pièces à Manhattan pour une piaule dans le Queens, et ainsi décevoir son fils encore une fois.… Cette exposition cousue de fil blanc est typique d'une écriture tellement flemmarde qu'elle en vient à avoir l'effet inverse. C'est bien simple : on ne croit pas une seule seconde à la relation entre Larry et son fiston, quand Paul Rudd voit son personnage marrant de yuppie addict au portable malheureusement sous-exploité.

 

photo, Robin Williams, Ben StillerRobin était là

 

LA NUIT VOUS APPARTIENT

Ce n'est que lorsque le film assume pleinement sa fonction d'attraction, justement, que les choses sérieuses peuvent commencer, soit après une bonne demi-heure. Trop tard ? Peut-être. Pourtant, ce serait passer à côté d'un développement d'honnête facture. Une fois ses marques prises, Ben Stiller recouvre comme par magie l'efficacité certaine de son corps comique, notamment dans le registre masochiste. Encore entrecoupé de séquences badinages factices avec Carla Gugino, les passages nocturnes balaient l'introduction léthargique. On assiste alors à un étalage de trucages numériques en partie réussis (mention spéciale au couple « T-Bone-Rex »/lion »).

 

photoJurassic Presque

 

Paradoxalement, les meilleurs moments reviennent toujours à la base comique : le côté slapstick (l'avalanche de soufflets entre Stiller et un singe capucin teigneux), les dialogues amusants (les sous-entendus gays entre « cow-boy Owen Wilson » et « Steve Coogan empereur Octavius »), ou encore le comique de situation. Certes, les mangeurs de yankee au p'tit dèj' pourront toujours s'insurger par le message sous-jacent de La Nuit au musée, selon lequel un concentré d'histoire mondiale se voit phagocyté avec bonhomie par l'américain moyen moderne. Mais ce serait prêter des intentions bien trop élevées à ce gros fourre-tout…

Au fond, Shawn Levy ne fait que livrer un brouillon, davantage alourdi par ses insuffisances narratives que par ses 120 millions de dollars. Il y avait là de quoi pondre quelque chose de frénétiquement jubilatoire, pénétré par un grain de folie mémorable. Dommage que la paresse des scénaristes et l'impossibilité à se caler sur un rythme de croisière en fassent un divertissement aussi potable que périssable, un Jumanji du pauvre (impression renforcée par la présence de Robin Williams). C'est pourquoi on ne saurait trop conseiller au futur éditeur DVD d'incorporer un chapitrage sélectif astral parce que les nuits de ce film sont clairement plus fun que ses jours !

 

Affiche

Résumé

Avec des personnages plus attachants et un rythme plus maîtrisé, La Nuit au musée aurait pu être un excellent divertissement tendance Jumanji. En l'état, il est à moitié convaincant.

Lecteurs

(3.3)

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
28/06/2020 à 21:14

@Val

Bien d'accord :
https://www.ecranlarge.com/series/dossier/1049834-escape-at-dannemora-patricia-arquette-extraordinaire-dans-la-mini-serie-la-plus-glauque-de-ce-debut-d-annee

Pseudo1
28/06/2020 à 21:07

@Val

Perso, c'est son Real Steel que j'adore, et qui renvoie aux vieux Spielberg enfantins type ET.

Sinon, ce Nuit au Musée 1 est sympa sans plus, mais le 2 est par contre bien meilleur, beaucoup plus barré.

Val
28/06/2020 à 20:54

En tant que réalisateur, il est bien meilleur, je pense à la mini série "escape at donnemora"

Pat Rick
28/06/2020 à 20:40

Film sympa et bon casting mais en effet rien de mémorable.

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