The Devil and Father Amorth : critique possédée

Mise à jour : 24/07/2018 18:37 - Créé : 24 juillet 2018 - Christophe Foltzer

On en parlait depuis un long moment de ce Devil and Father Amorth, le grand retour de William Friedkin au combat contre le Mal. Un documentaire assez perturbant et qui risque de vous laisser un peu perplexe.

photo The Devil
80 réactions

SATAN L'HABITE

Pour le grand public, William Friedkin est avant tout le réalisateur de L'Exorciste, le film qui a terrorisé une génération entière de spectateurs et qui a montré que si le Diable existait, il irait se loger dans les détails de la vie pour mieux nous atteindre. Une expérience éprouvante qui a laissé ses stigmates sur le cinéma de genre de façon indélébile, il n'y a qu'à voir les productions James Wan pour s'en convaincre.

 

Photo Father AmorthWilliam Friedkin et Gabriele Amorth

 

Mais voilà que plus de 40 ans après les faits, Friedkin décide de retourner dans le monde de l'exorcisme pour nous livrer un document exceptionnel. En effet, avec The Devil and Father Amorth, le réalisateur va encore plus loin en nous permettant de suivre une séance d'exorcisme de l'intérieur, événement exceptionnel s'il en est, tout en l'ancrant constamment dans notre réalité. En résulte un objet assez particulier, indéfinissable et très troublant.

Nous suivons donc le dernier exorcisme du Père Gabriele Amorth, figure légendaire du milieu, 81 ans au compteur, plus de 30 ans d'activité et grand admirateur de L'Exorciste. Dès le départ, la promesse est faite que nous allons assister à un exorcisme mais Friedkin, en conteur qu'il est, joue avec nos nerfs pendant une bonne vingtaines de minutes, en revenant sur la génèse de son film et du livre de William Peter Blatty, sur sa rencontre avec le père Amorth et sur un précédent cas d'exorcisme.

 

photo Friedkin"Préparez-vous à entrer dans la Quatrième Dimension"

 

TA MÈRE SUCE NETFLIX EN ENFER

On pourrait penser qu'il se moque de nous et fait durer inutilement le suspense mais, au final, tout ceci est indispensable pour réellement comprendre ce à quoi nous allons assister. En partant de la fiction, Friedkin défonce ainsi tous nos préjugés et fantasmes personnels face à l'exorcisme, lave 40 ans d'idées préconçues et de poncifs cinématographiques pour nous ramener progressivement vers la réalité. Une réalité qui sera forcément moins graphique et impressionnante que son pendant fictionnel mais tout aussi terrifiante.

Christina, une architecte de 46 ans s'apprête à vivre son neuvième exorcisme, entourée de sa famille. La séquence est on ne peut plus éprouvante dans la mesure où nous souffrons avec elle. La voir se tordre de douleur sur son fauteuil et pousser des hurlements avec une voix caverneuse, gutturale et terrifiante perturbe énormément. Nous nous retrouvons alors aussi désarmés que Friedkin a pu l'être.

 

photo The devilUn exorcisme éprouvant

 

Evidemment, le documentaire parle de croyance dans le Diable et donc de Foi mais il a l'intelligence de ne pas être trop prosélyte. Car Friedkin, fidèle à lui-même, questionne moins notre rapport à la religion que notre rapport à la réalité et la recherche scientifique qui s'intéresse aux images dans la deuxième partie du film avance des théories particulièrement intéressantes sur notre contact au Réel et la notion de Vérité qui s'y cache.

Par contre, dans la forme, The Devil and Father Amorth pêche clairement. D'une durée plutôt courte (1h09), il se permet quelques envolées sensationnalistes à la RMC Découverte qui pourront rebuter le spectateur le plus exigeant et le plus zététique. Notamment dans sa dernière partie. Cela dit, il n'en demeure pas moins fascinant à jouer avec nos attentes et notre incontournable déception que cela ne soit pas comme au cinéma et demeure un objet assez exceptionnel quand on prend la peine d'y réfléchir après coup.

 

Photo

Résumé

Intrigant et dérangeant, The Devil and Father Amorth ne plaira clairement pas à tout le monde. Friedkin nous livre un objet fascinant sur notre rapport à la réalité et nous pousse même à nous poser quelques questions capitales sur notre rapport au Sacré. Disponible sur Netflix.

commentaires lecteurs votre commentaire !

emma 01/10/2018 à 17:05

j ai lamentable de supercheries ,alors d une je peu affirmer apres verification ,car c est mon metiers ,je travaille dans musique specialement sur les traitement sonores ,les diverses fréquences j ai fait le test avec du matos professionnel je peu vous assurer que la voix de la femmes exorciser a été traité ,et pas seulement la sienne ,le reportages en lui méme a été complétement ajuster pour produire une texture sonores non naturel !je ne suis d ailleur pas le seul a avoir fait le test ! donc c est une supercherie

Christophe Foltzer - Rédaction 21/08/2018 à 13:16

@breizh29 :

Numéro de Mad très cher à notre coeur comme vous pouvez vous en douter...

Times 18/08/2018 à 14:35

La voix de Friedkin aussi a été déformée ! Pendant une heure, j’ai cru entendre Donald Trump. C’est saisissant !

Capoditutticapi 01/08/2018 à 15:57

Quelle connerie.... Ne perdez pas votre temps à regarder ce navet ! Cette sois disant dame possédée par le diable à qui ont modifie la voix mdr... Oh la la j'espère que c'est une blague...

Breizh29 31/07/2018 à 17:44

Ça fleure bon la supercherie. "Satan l'habite " effectivement excellent jeu de mots que tous les cinéphiles connaissent depuis 20 ans, par madmovies au sujet du succulent Le couvent...

Nini 31/07/2018 à 17:32

Sans déconner
Un pure montage cette voix et les faux raccords on en parle ?

Et le coup de l'église où il se passe des tonnes de choses mais personne pour filmer.

Que dire, c'est de la merde

Nostra 28/07/2018 à 22:56

Je pense que la voix de la femme est bien modifiée. Pas un médecin ne relève se détaille ce qui prouve sûrement la supercherie de la voix de la soi-disant possédée qui a été rajoutée pour donner un effet spectaculaire. Pas super comme "documentaire" sinon.

Gabba_the_hutt 27/07/2018 à 10:56

Félicitations à l'auteur de ces lignes qui semble avoir lâché la punchline facile pour plus de profondeur!

Cklda 26/07/2018 à 23:02

C pas un peu fumeux ce docu? Ils ont vocodé la voix de la possédée non?

Stag 25/07/2018 à 17:15

Rassurez-moi, c'est un documentaire à prendre au second degré ?

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