24 heures chrono : Les secrets de fabrication

Geoffrey Crété | 14 avril 2014
Geoffrey Crété | 14 avril 2014

Ecran Large lance le 24 news chrono : un marathon d'articles pour fêter le retour de Jack Bauer le 5 mai, dans la saison 9 intitulée Live Another Day. 24 jours et 24 news pour revenir en détail sur la série culte 24 heures chrono : sa naissance, ses héros, son évolution, ses moments marquants, mais aussi ses failles et ses polémiques. "Damn it !" 

J-22

 

Episode 3 : Les secrets de fabrication

Dans l'esprit du spectateur, 24 heures chrono est associé à une somme de tics de mise en scène devenus sa marque de fabrique.

Parmi eux, le fameux split screen, utilisé par la force des choses selon Joel Surnow : « C'était une idée de Stephen Hopkins et David Thompson, notre monteur, qui ont commencé à l'utiliser dans le pilote parce qu'il y avait beaucoup d'appels. Et ça a grandit par la suite. » L'idée de séparer les images dans des « boîtes », au lieu du split-screen classique, s'explique par un besoin de liberté, afin de pouvoir redimensionner les cadres sans se soucier de l'image générale. Un choix devenu par la suite l'identité de la série, qui refuse aussi d'avoir recours aux ralentis, flash-backs et autres méthodes de la grammaire classique.

 Chaque épisode se termine par un climax sous forme de split screen général, qui replace les personnages principaux dans leurs intrigues, avant une dernière scène qui appelle la suite. A l'occasion, 24 heures chrono brise ce code pour signaler l'importance d'un événement avec d'un côté, l'absence de split screen (la mort de Chappelle dans la saison 3, les fins de saison) ou au contraire, un écran partagé en six ou huits images jusqu'à la dernière seconde (saison 3, saison 5).

 

 

Face à l'importance des conversations téléphoniques, la production a par ailleurs décidé de ne pas employer la méthode habituelle, qui veut que les deux acteurs, séparés par un fil, soient filmés séparément. Dès que possible, les comédiens de 24 heures chrono étaient donc l'un à côté de l'autre pour se donner la réplique. Leslipe Hope (Teri) expliquera ainsi avoir réellement partagé la saison avec Kiefer Sutherland, malgré le peu de scènes qu'ils avaient en commun à l'image.

Pour que le spectateur suive l'avancée des événements, Joel Surnow a lancé l'idée d'une horloge régulière - grande pour encadrer les coupures publicitaires dans un écran général, réduite au cours de l'épisode. Pour marquer la mort d'un personnage et un événement particulièrement désastreux, le mémorable tic tac de l'horloge est silencieux (la mort de Teri, l'explosion d'une bombe nucléaire).

 

 

Une saison entière de la série demandait presque 11 mois de travail, de la pré-production à la post-production. Sutherland confirme le rythme effréné de tournage : « On tourne entre 4 et 8 pages par jour. Quand on tourne, il y a tellement de choses auxquelles je dois penser, du scénario aux éléments techniques, que je n'ai pas le temps de m'ennuyer ou considérer quoi que ce soit pour acquis. On produit 24 heures d'images par saison, c'est comme faire 12 films, alors il y a des erreurs en chemin, mais je suis incroyablement surpris de voir qu'autant de choses marchent si bien en travaillant à ce rythme là. » Toutefois, un rapide calcul permet de conclure qu'une saison entière, sans publicité, ne dure pas 24 heures mais environ 17. 

Joel Surnow explique également les méthodes d'écriture : « C'est impossible d'avoir un arc sur 24 épisodes. On peut en faire sur six ou huit à chaque fois. On commence donc avec les huit premiers, qu'on appelle l'acte 1. On a une vague idée de là où on va, mais parce que c'est beaucoup d'épisodes, il faut en dévier et s'éloigner de l'histoire principale pour continuer à la raconter. Comme chaque épisode représente une heure, une petite idée peut devenir un épisode. » Les acteurs n'avaient d'ailleurs que deux épisodes d'avance, et n'avaient aucune vue d'ensemble sur leur personnage.

 

  

Enfin, plus trivial mais tout aussi important : pour entretenir l'illusion qu'une saison se déroule en 24 heures, et non en une dizaine de mois de tournage, les acteurs avaient les cheveux coupés toutes les semaines. Niveau costume, même chose avec une douzaine de copies pour chaque acteur qui, hormis exceptions, gardera la même allure. De quoi donner à Elisha Cuthbert (Kim) l'impression d'être une Simpson.

Rendez-vous demain pour un épisode consacré à la première saison de la série culte.

 

 
 

Tout savoir sur 24 heures chrono

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire