A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : Les Tommyknockers

Geoffrey Crété | 19 août 2017
Geoffrey Crété | 19 août 2017

Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist… L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

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L'INVASION DES PROFANATEURS DES BOIS

M6, fournisseur de petits frissons et images marquantes pour des générations de curieux. Nombreux sont les fans de science-fiction et Stephen King à avoir en mémoire le téléfilm en deux parties adapté du livre Les Tommyknockers, publié en 1987.

L'histoire se déroule bien évidemment dans le Maine, dans une petite ville naturellement tranquille. Bobbi Anderson (Marg Helgenberger), une romancière, promène son chien dans la forêt lorsqu'elle découvre un étrange objet métallique verdoyant enfoui dans la terre. Alors qu'elle déterre peu à peu ce qui se révèle être un vaisseau spatial, une force s'empare des habitants de la ville et les transforme.

Son mari, un ex-alcoolique surnommé Gard (Jimmy Smits), est protégé de l'influence de ces envahisseurs verts grâce à une plaque de métal dans sa tête, résultat d'une opération. Il va tenter d'arrêter ce cauchemar et notamment sauver Bobbi, alors que la ville entière est possédée.

 

  

RÉUNION DES ALIENS ANONYMES

Dans son passionnant livre Mémoires d'un métier, Stephen King avoue avec lucidité que Les Tommyknockers évoque sans détour ses problèmes d'addiction à l'alcool et aux drogues. Il a même déclaré en interview que le livre était très mauvais à cause de son état à l'époque, qu'il aurait pu en couper la moitié pour en faire une nouvelle solide, et que c'est son dernier ouvrage avant de s'être remis sur pied. 

L'effet magique qu'a la lumière verte des aliens sur les habitants, et notamment sur Bobbi, ressemble clairement à celui d'une drogue, qui provoque l'euphorie, le plaisir, puis le manque et la violence. La chose se répand parmi la communauté, offrant énergie et passion à chacun, avant de transformer le plus innocent des habitants en potentiel fou meurtrier. C'est probablement l'un des aspects les plus intéressants du téléfilm en deux parties réalisé par John Power, qui brille sinon par ses allures de série Z.

Les poupées à la Chucky qui prennent vie, le rouge à lèvre de l'espace de Traci Lords, l'apparition à la Poltergeist dans le placard, le distributeur de bouteilles qui pète un plomb avant de subitement exploser ou encore la niaiserie sentimentale de Joanna Cassidy avec la musique insupportable : le téléfilm ne brille pas par sa maîtrise formelle et son équilibre. De nombreuses scènes prêtent à rire, bien au-delà des effets spéciaux forcément douloureux des années 90. Le plaisira vient en partie de là, ainsi que d'une durée invraisemblable vu la trame, qui donne lieu à un certain nombre de sous-intrigues et digressions hautement dispensables.

 

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 Le cousin alien de Cujo

 

PLAN VERT FROM OUTER SPACE

Dans une passionnante interview avec Comingsoon publiée en 2016, le scénariste Lawrence D. Cohen revenait sur l'expérience un peu désagréable du téléfilm, la faute notamment à une production compliquée. Ainsi, il expliquait que Lewis Teague, réalisateur du film Cujo lui aussi adapté d'une œuvre de Stephen King, devait à l'origine se charger des Tommyknockers. Il a été remercié par la production après deux jours de tournage, pour être remplacé par John Power. Le téléfilm a été filmé en Nouvelle-Zélande, en très grande partie dans une forêt qui devenait un enfer sous la pluie. De la terre sèche devait régulièrement être replacée pour rendre le décor utilisable, rendant le tournage difficile et complexe.

Pour Lawrence D. Cohen, qui a signé le scénario de Carrie au bal du diable de Brian de Palma et du téléfilm Ça : il est revenu, adapter Stephen King est un sujet particulier. Il expliquait : « Parfois, des choses se révèlent meilleures qu'espéré alors que d'autres, pour toutes sortes de raisons au-delà de votre contrôle, beaucoup moins. Les Tommyknockers est plutôt de cette catégorie. Je pensais qu'on se lançait avec un scénario qui était plutôt bien et proche de ce que Stephen King avait écrit, et je me disais que quatre heures était bien suffisant pour rendre justice au livre. Mais je dirais que c'est pas le meilleur de mes adaptations de lui. »

 

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TERRE DES TÉNÈBRES

Les Tommyknockers est plus amusant lorsqu'il avance dans la pure science-fiction, quand la population se regroupe comme une secte, que Gard trompe Bobbi pour pénétrer dans le vaisseau, que la musique s'embarque dans des envolées de pure angoisse kitsch. Le dernier quart d'heure, malgré toutes ses limites techniques et ses gros sabots, reste plus que séduisant avec ses décors, ses cadavres d'alien séchés, ses bruitages dignes de La Caverne de la rose d'or et son alien en latex formidable.

Le téléfilm a opéré quelques changements par rapport au livre, notamment en sauvant le personnage de Bobbi qui était tué par Gard et en libérant les habitants qui mourraient quasiment tous à l'origine. Les Tommyknockers aurait certainement pu offrir un (télé)film plus percutant et mystérieux, moins frileux puisque la partie science-fiction se résume finalement à bien peu parmi les trois heures des deux parties. Une nouvelle version avait été annoncée par la chaîne NBC en 2013, mais n'a pas donné signe de vie depuis. Ne reste donc plus qu'à poser un regard nostalgique et amusé sur le téléfilm de 1993.

 

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commentaires

Mimi
01/02/2018 à 13:18

Perso j'ai regardé ce téléfilm quand j'avais 9 ans et je l'avais adoré, aujourd'hui je le regarde encore avec beaucoup de plaisirs. Je trouve l'histoire sympa. Le moins, en dehors des effets spéciaux de l'époque, reste la longueur.

Dirty Harry
19/08/2017 à 21:59

Stephen King ou mon éveil au fantastique durant l'adolescence. Merci pour ces dossiers !

Olivier637
19/08/2017 à 21:48

Sérieux je kiffe votre rubrique

Merci

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