Séries

Once upon a time : la série de contes de fée a-t-elle encore la possibilité de revenir ?

Par Grégoriane Benoit
22 septembre 2016
MAJ : 21 mai 2024
17 commentaires
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Alors que la saison 6 revient sur ABC dans la nuit de dimanche à lundi, retour sur une série merveilleuse qui s’est enfoncée dans l’enfer du mauvais soap.

Nous devons tous le concéder, Once Upon a Time est littéralement devenu du n’importe quoi ! Parti d’un concept quand même bien trouvé : les personnages de contes de fée coincés dans une petite ville du Maine (oui tout se passe dans le Maine parce que Joinville le pont fait moins rêver) à cause d’une malédiction lancée par la méchante reine de Blanche-Neige, seule la sauveuse est capable de les délivrer d’un monde où ils ne se souviennent plus qui ils sont et où le temps s’est arrêté.

 

 

De la modernité chez Disney

 

Bref dans les grandes lignes, Once Upon a Time fonctionnait quand même terriblement bien d’autant que les créateurs Kitsis et Horrowitz ont tenté de moderniser les adaptations Disney et ont balayé d’un coup tout ce qui rendaient les classiques vieux jeu.

Blanche-Neige n’était donc plus une pimbêche sans cervelle qui sifflait en travaillant, charmant était charmant mais avec un jumeau diabolique mort (hein ?) et surtout un personnage incroyable qui regroupait à lui-seul tous les contes Disney sans jamais n’avoir été cité auparavant faisait son entrée sous les traits de l’incroyable Robert Carlyle : Rumplestiltskin (nain tracassin… Ouch !) qui était à la fois, le croco de Peter Pan, la bête de sa belle Emilie De Ravin et le plus grand manipulateur de contes que l’univers avait été donné de rencontrer. Bref un personnage qui tenait la série bien plus profondément que notre belle héroïne blonde et son insupportable mioche Henry.

 

 

Et la recette semblait destinée à aller loin car autant qu’il y avait de contes, autant d’histoires pouvaient se raconter. Ainsi la première saison nous offrait sa structure dramatique lostienne entre faits réels et flash-back d’histoires merveilleuses qui peu à peu révélaient d’incroyables secrets sur les principaux personnages, la deuxième se concentrait sur la rédemption des grands méchants, leur passé revenu les hanter, un peu moins emballante que la première mais qui amenait son lot de personnages intéressants.

Et la troisième, dans sa première partie détournait totalement et dans le plus grand respect de la genèse du mythe original, le personnage cruel de Peter Pan qui était prêt à tout pour ne pas grandir. La série était arrivée à son paroxysme d’inventivité et il nous tardait de voir ce que nous offrirait la suite.

 

Peter Pan

 

Chassez le naturel…

 

Et là, ce fut le drame ! La catastrophe ! A croire que les scénaristes n’avaient pas vu venir la suite, tout n’est devenu que facilité, incohérence, prévisibilité, mauvais personnages et romances insupportables : tout ce qui peut arriver de pire dans une série dramatique insipide. Et tandis que la saison 5 vient de se terminer, les spectateurs ne se rappellent même plus d’un temps où ils aimaient Once Upon a Time.

L’arrivée des placements produits Disney ont pris une place de plus en plus importante sur les enjeux scénaristiques (Reine des Neiges et costumes assortis). Alors que la série avait permis de relancer la tendance films live Disney et la décision de moderniser les contes de notre enfance, celle-ci qui avait tant changé la donne sur l’imaginiare disneyenne est retombée dans ses travers classicistes ennuyeux, sans même la nostalgie qui l’accompagne.

 

Reine des Neiges

 

Dans les enfers du soap

 

La lourdeur des personnages s’est imposée, ressassant toujours leurs mêmes névroses obsessionnelles et incurables de quête de pouvoir, de croyance et non-croyance, d’amours contrariées bas de gamme et de bien-pensance nauséabonde qui enlèvent tout le charme et l’impact formidable qu’avait le show à ses débuts. 

A ce titre, la saison 5 a été l’aveu du plus gros échec de Once Upon a Time qui a permis de ruiner deux des histoires les plus incroyables à traiter, le Roi Arthur et Hercule et les enfers. Là où la saison 4 parvenait à garder quelques petits éléments intéressants, la saison 5 était bonne à jeter.

 

Hadès

 

Entre totale incompréhension, goodies magiques pour aider nos personnages à avancer et épisodes semblant être écrits par des stagiaires scénaristes tout droit sortis de l’école de cinéma, il a semblé un instant que le show était prêt à rendre l’âme, ayant été extrait de toute sa substance féérique. 

Alors pourquoi continuer à regarder ? Parce que cette nouvelle saison 6 dont la sortie est imminente, semble vouloir renouer avec ce qui faisait le succès des débuts : une seule intrigue principale dans toute la saison (contrairement à deux dans les autres), un tout nouvel univers faisant table rase du passé pour nous offrir peut-être un nouvel espoir…

 

Zelena

 

Un nouvel espoir mais…

 

Mais attention ! ne crions pas victoire instantanément, puisque les nombreuses tares des saisons précédentes ne vont pas permettre au show de s’en tirer aussi facilement. Attendons-nous à revoir surgir le côté super « evil » de Regina et tout l’aspect Dr Jekyll et Mr Hyde qui risque de terminer la saison sur cette douce morale que le monde n’est ni blanc, ni noir mais qu’il est gris.

Et sachant le vaste monde oublié dans lequel s’est enterré les habitants de Storybrooke, si les scénaristes font la monumentale erreur de changer de personnages à chaque épisode, la série sera condamnée à la médiocrité sadly ever after…

Verdict lundi prochain pour la saison 6 de Once Upon a Time !

 

Mr Hyde

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Mimi

Assez d’accord avec la rédaction. Je rappelle quand même que c’est depuis le début que c’est du joyeux portnawak, divertissant si on suspend un peu son esprit critique et qu’on accepte le principe du crossover (habituellement ça me fait mal, mais là c’est carrément la construction de base) et le fourre-tout Disney. Il y a même de temps en temps une profondeur inattendue dans les dialogues, même avant les personnages forts comme Pan, ou plus complexes qu’on ne croyait comme le roi Arthur. Mais à la longue, forcément, ça s’use, ça devient répétitif. On prend les même et on recommence. Les limites de la cucuterie entre les héros et du ridicule (Hadès) ont été atteintes à la saison 5 et les portes de l’ennui, largement passées. Dommage. Ça a été fun, notamment avec Hook. Mais le pauvre capitaine, privé tour à tour de son mordant, de son navire et de son surnom, est littéralement émasculé. Adieu la raison No 1 de regarder !

La rédaction

@Thib49

Vous remarquerez cela dit, que malgré nos doutes, nous continuons également à regarder la série. Et nous prenons le temps aussi d’en parler ce qui démontre notre intérêt envers celle-ci. Donc évidemment que les personnages nous touchent, l’univers également.

Et c’est parce que la série a un potentiel énorme depuis sa création que nous sommes d’autant plus déçus de la tournure un peu trop prévisible que prennent les événements. A voir si la saison 6 tentera de faire mieux et ne pas se reposer sur ses acquis.

Garfunkel

@Thib

Etre attaché aux personnages, avoir envie de connaître la suite : c’est quand même pas ce qui fait qu’une série est « géniale ». C’est juste la base d’une série, et c’est sur ce principe d’empathie/attachement/habitude que Les Feux de l’amour et Grey’s Anatomy ont une durée de vie si longue.
Le but d’une critique c’est de se détacher de ces choses (qui sont logiques, mais peuvent parfois empêcher de voir les défauts d’une série) pour essayer de voir au-delà. La magie, c’est pas juste utiliser des personnages ou éléments fous, c’est aussi la manière dont c’est amené, traité, filmé. Une histoire d’amour lambda peut être plus magique qu’un duel entre deux dieux, selon comment c’est fait…

Et qualifier OUAT de « géniale », vraiment, je ne suis pas du tout d’accord non plus. Je comprends qu’on puisse aimer, apprécier, surtout si on est sensible à la mythologie Disney, mais je ne vois aucun génie là-dedans. Les mots ont une valeur quand même… Génie, c’est très fort, surtout quand on parle d’une série aux personnages attachants et qui donne envie de voir la suite.

Thib49

Je ne suis pas du tout d’accord avec vous , once upon a time est une série géniale moi j’adore et ça fait beaucoup de bien de voir la série changée et puis soyons honnête quand on suis cette série depuis le début er qu’on s’est attaché aux personnages , on a juste envie de tout le temps savoir la suite!!
En ne me dites pas que le coté magique de la série soit partie, les dieux de l’olympe, c’est du pipi de chat bien sur

La rédaction

@mikegyver

Pour le mythe d’Arthur, je peux vous le concéder. En effet le trop plein d’adaptations est devenu lassant à la longue mais l’histoire d’origine est très riche et pouvait, entre les bonnes mains, donner lieux à des changements significatifs pour la série. Lier Excalibur à la dague de Rumplestiltskin n’était pas une mauvaise idée mais à ce niveau de l’intrigue bien trop tiré par les cheveux et donc peu crédible.

En ce qui concerne Hercule, il y avait vraiment beaucoup d’éléments à traiter si le show s’était un peu plus inspiré du mythe originel que de l’adaptation Disney, Mais surtout le personnage d’Hercule a été exploité le temps d’un ridicule épisode et n’a pas été le personnage récurrent, possiblement torturé que l’on aurait espéré.

C’est à ce titre (et parce que la série à ses débuts a su moderniser les contes de fée) que nous pensons que les scénaristes ont totalement gâché deux histoires formidables qui ne collaient absolument pas avec les enjeux des personnages à ce moment et qui ont été expédiées de manière aberrante jusqu’à un final totalement hors-sujet dont le simple intérêt était d’offrir du sensationnel, quitte à sombrer dans l’incohérence la plus totale.

Nous nous demandons encore ce que le Docteur Jekyll fait ici quand le Dr Frankenstein a été totalement évincé du show il y a cela trois saisons et surtout cette idée des contes oubliés risque d’être vraiment difficile à défendre.