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The Mandalorian saison 2 : sauveur de Star Wars ou bad trip de Disney ?

Par La Rédaction
24 octobre 2020
MAJ : 21 mai 2024
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La première saison de The Mandalorian a accompagné le débarquement de Disney+ et fait l’évènement dans la galaxie Star Wars. Un an après, alors que la seconde pointe le bout de son blaster, qu’en reste-t-il ?

Tandis que sur grand écran, L’Ascension de Skywalker symbolisait pour beaucoup la sortie de route de Lucas Film sous l’égide de Disney, la série dirigée par Jon Favreau a su créer la surprise. Tant par son orientation que ses trouvailles technologiques (racontées dans un intéressant making of), elle s’est attirée une attention et une bienveillance que la franchise n’avait pas connue depuis trop longtemps. 

Fruit d’un savoir-faire promotionnel impressionnant, la sortie de The Mandalorian n’a néanmoins pas fait l’unanimité, tant certains y ont vu une déclinaison désincarnée, uniquement pensée pour échauffer le porte-monnaie des fans, mais ne se risquant jamais à créer quoi que ce soit. Alors, cette nouvelle aventure est-elle plus qu’un exploit marketing ? 

 

 

VIVE LE MANDALORIEN

 

SON NOM EST PERSONNE

Les héros anonymes, au visage dissimulé, entravé ou à peine discernables, n’ont pas été inventés par Jon Favreau et Disney à l’occasion de The Mandalorian, loin s’en faut. À bien y regarder, on en trouve même un certain nombre. De V pour Vendetta à Judge Dredd, ils ont parsemé la cinéphilie contemporaine. Et bien avant, des Yeux sans visage en passant par L’Homme invisible, le protagoniste masqué a peuplé notre imaginaire. 

Pour autant, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un geste de cinéma récurrent, et pour cause : malgré sa dimension iconique, immédiatement identifiable, il contrevient potentiellement à une des règles d’or de la fiction audiovisuelle, à savoir l’identification à un héros ou une héroïne, via l’incarnation qu’en propose un comédien ou une comédienne. Un concept d’autant plus risqué dans un système hollywoodien qui favorise les franchises et donc la mise en lumière de stars. 

Par conséquent, il est extrêmement plaisant de voir la série assumer la dimension mutique et quasi-anonyme de son héros. Certes, on sent encore dans cette première saison que la mise en scène est régulièrement trop timide pour pleinement tirer parti du formidable design du personnage. Mais l’intention est là, et bien là, avec des résultats souvent impressionnants. 

Enfin, il y a quelque chose d’assez excitant, dans la mesure où au sein de Star Wars, le masque est encore symboliquement l’apanage de Dark Vador. Une manière de repenser ce symbole et la manière de le confronter à la narration, dont on espère que la saison 2 tirera pleinement parti. 

 

photo, Pedro PascalOn va casquer

 

C’EST DUR QUAND ÇA DURE

Pour les chaînes comme les plateformes, la durée des épisodes de série est un enjeu de taille. En effet, qu’il s’agisse de truffer un produit de publicités ou de s’assurer que les abonnés passent le plus de temps possible sur une plateforme donnée (étant ainsi sensibilisés à son écosystème et à son matériel promotionnel), la tentation est grande de dilater la narration, de prendre son temps et d’étirer la longueur de chaque segment parfois au-delà de ce que nécessite l’intrigue et ses développements. 

Mais The Mandalorian tranche radicalement avec cette tendance souvent lourdingue et opte non seulement pour des chapitres plus brefs que la moyenne (le plus long dure 38 minutes), mais n’hésite pas à en resserrer le format si nécessaire (le plus court dure seulement 29 minutes). La conséquence se fait bien évidemment sentir sur le rythme de l’ensemble, qui ne perd jamais son temps et ne s’égare pas en redite, mais permet surtout à la série de renouer avec une tradition plus ancienne. 

En effet, on retrouve ici l’âme du serial, des aventures d’antan, entre fiction radiophonique et productions qui firent la gloire de la télévision américaine dans les années 60. On pense souvent à la série Rawhide, qui fit connaître Clint Eastwood, tant le scénario aime à feuilletonner avec aisance et fluidité. Ce goût pour la simplicité et l’efficacité offre ainsi à l’ensemble une forme d’innocence, de fraîcheur, à laquelle on ne s’attendait pas. 

 

photo, Pedro PascalPas l’temps d’niaiser !

 

EFFETS SPATIAUX 

Le choix de Jon Favreau en qualité de showrunner est tout sauf anodin. Technicien accompli, chef de chantier brillant avant d’être un auteur (quand bien même ce dernier a rappelé encore récemment avec #Chef, qu’il avait bien un univers propre), il est rompu depuis belle lurette avec le fonctionnement du vaisseau amiral Disney. Il connaît les particularités de production d’énormes blockbusters technologiques, pour avoir dirigé entre autres Iron Man et Le Livre de la Jungle. Il semblait donc tout indiqué pour respecter un cahier des charges complexe, synonyme de contraintes, et très lourd en effet spéciaux.

Et justement, ces derniers constituent d’un point de vue industirel le véritable atout de The Mandalorian, tant ils ont projeté une technologie, pas nouvelle mais balbutiante, au premier rang des innovations techniques hollywoodiennes. Plutôt que de construire des décors massifs, de tourner sur fond vert ou de déplacer une équipe nombreuse dans des décors naturels, la production a employé de gigantesques écrans, sur lesquels est projetée la quasi-intégralité du décor, avec un niveau de définition inédit.

Révolution pour les acteurs d’un point de vue immersif, potentiel créatif illimité et surtout, rendu proche de la perfection : cette technique a permis à la série de multiplier les décors à moindre coût et de se payer un rendu de space opéra franchement inespéré.

 

 

Il reste encore à voir comment cette pratique pourra ou non révolutionner les usages, techniques et artistiques, à Hollywood ; mais elle constitue, pour les passionnés d’effets spéciaux, une des raisons de suivre les évolutions de la série.

Attention toutefois, on peut également se demander si cette expérimentation n’est pas responsable de la mise en scène, souvent timorée, voire un peu mollassone, de l’ensemble. Certes, Favreau n’a jamais été un filmeur d’une grande vélocité, mais les épisodes ont notamment été réalisés par Rick Famuyiwa, Deborah Chow, Dave Filoni et Taika Waititi, qui se sont déjà montrés plus inventifs et généreux.

On imagine que le déploiement technique rendant possible la projection de décors virtuels complexes en studio, directement filmables, n’est pas compatible avec une caméra extrêmement libre ou une quelconque forme d’improvisation. Reste donc à savoir quels pourront en être les usages les plus pertinents dans les années à venir, et notamment dans la saison 2 qui se profile.

 

photoUne illusion révolutionnaire ?

 

THE SOUND OF MUSIC

Oubliez les orchestres hollywoodiens de John Williams, les envolées instrumentales, les mélodies de blockbuster en soutien pur à l’action et à l’émotion. Oubliez aussi le recyclage intempestif des thèmes cultes de la saga, ressortis à chaque épisode au cinéma pour toucher la corde sensible des fans. The Mandalorian a pris une autre direction, et elle s’apelle Ludwig Göransson.

Connu pour la musique de Black Panther (Oscar à la clé), Creed, Venom ou encore Tenet, le compositeur a certes repris certains codes inhérents pour une telle superproduction. Mais il a aussi et surtout amené des sonorités inattendues, étranges et bienvenues. Puisque Jon Favreau citait  les films de samouraï et les westerns comme inspirations, Göransson a été piocher de ce côté,

Il expliquait sa démarche à Insider, à l’époque de la saison 1 : « Je voulais retrouver le sentiment que j’ai eu, enfant, quand j’ai vu Star Wars pour la première fois. Et je pense que le seul moyen de revenir à ça était de m’éloigner des ordinateurs, et juste remplir mon studio de vrais instruments comme des guitares, un piano, des tambours, des synthé des années 70, et des intruments que je pouvais toucher ».

Ce qui a donné quelque chose de formidable, car inespéré : le sentiment d’entendre quelque chose de beau et nouveau dans la galaxie Star Wars. Le thème du Mandalorian, a priori simple avec sa flûte et ses tambours, est difficile à oublier, tant il résonne comme une mélodie d’aventure d’un nouveau genre dans les étoiles de George Lucas.

 

 

COSMIC CASTING 

Une des belles réussites de la série restera son casting, mélange improbable de vieilles trognes adorées des cinéphiles, de calculs malins et de choix pertinents. À commencer par celui du fameux mandalorien. Un personnage masqué, dont le faciès n’apparaîtra que brièvement lors du dernier épisode de la première saison, offrait une grande latitude au studio en matière de choix. Celui de Pedro Pascal, vu dans Game of Thrones, Triple frontière et prochainement Wonder Woman 1984, n’était a priori pas évident pour porter une franchise comme Star Wars

C’est donc bien précisément pour sa présence, ombrageuse mais toujours suave, tour à tour douce et menaçante, qu’il a revêtu la défroque du chasseur de primes mandalorien. Et c’est un pari gagnant, tant le spectateur s’accroche à la moindre de ses répliques. 

Du côté des trognes, on assiste à une brochette d’artistes plutôt rares à l’écran mais dont la présence impressionne toujours. Le Carl Weathers de Rocky est toujours un second couteau appréciable, ici impeccable en vieux matou chef de mercenaires, à la rouerie de vieux matou aux griffes encore tranchantes. Et que dire de Werner Herzog, qu’on aurait rêvé plus présent, mais qui sait instantanément conférer profondeur et ambiguité à la plus petite de ses apparitions ? Là aussi, il s’agit d’un bonbon cinéphile qui témoigne du flair de Disney et Favreau. 

Enfin, les personnages féminins ne seront pas en reste, essentiellement grâce à Gina Carano, dont on oublie trop souvent qu’elle est bien plus qu’une artiste martiale accomplie (et si vous l’ignoriez, le formidable Piégée n’attend que vous). Avec l’arrivée de Rosario Dawson et Katee Sackhoff dans la saison 2, gageons que cette tendance n’ira qu’en s’amplifiant. 

 

photo, Pedro Pascal, Carl Weathers, Gina CaranoLa guerre des gueules

 

MYTHO-LOGIQUE 

Indiscutablement, la série de Jon Favreau s’impose comme un geste écologique de premier plan, tant elle fait du recyclage son mantra absolu. En l’état, difficile de voir que ce le récit pourrait bien apporter de neuf à la saga Star Wars, tant l’ensemble préfère multiplier les clins d’œil, jouer avec notre nostalgie et recréer de phases iconiques de la trilogie originelle, plutôt que de travailler le cœur du canon. 

Mais il n’est pas interdit de considérer cela comme un choix éminemment raisonnable, voire plaisant. En effet, beaucoup de spectateurs ont déchanté ces dernières années en découvrant les épisodes 7, 8 et 9. À ce titre, le rejet dont a été victime Les Derniers Jedi de Rian Johnson renseigne sur le refus d’une fraction des fans de voir la mythologie évoluer, et explorer de nouveaux territoires (on en parle en détail dans ce dossier de défense des Derniers Jedi). L’Ascension de Skywalker, quant à lui, a montré que la logique industrielle du studio pouvait également contrevenir à la dimension créative de l’épopée, jusqu’à l’égarer dans d’infinis méandres particulièrement frustrants. 

 

photoVoyage en terrain connu

 

Par conséquent, retrouver un univers ultra-référencé et référentiel de la première trilogie, respecté à la lettre, est peut-être l’orientation narrative et stylistique la plus prudente. Et devant la réussite de l’entreprise, qui parvient plus d’une fois à émuler l’atmosphère des Star Wars de George Lucas, on se surprend à rêver que Disney les choisisse comme terrain de jeu, plutôt que de chercher à renouveler la galaxie à tout prix. 

Les mondes imaginés à partir d’Un nouvel espoir sont si riches, immenses et puissamment évocateurs, qu’ils pourraient constituer un bac à sable suffisamment dense pour nous offrir la seule chose que Disney est peut-être capable de fabriquer : une récration anodine, mais profondément plaisante, du côté de chez Star Wars. Soit une entreprise de modestie bienvenue.

Cette orientation se retrouve aussi dans le choix de privilégier plus que la concurrence les maquillages prosthétiques, mais aussi les animatroniques à l’ancienne. Baby Yoda en demeure l’exemple le plus frappant, mêlant technique, nostalgie et esthétique. De quoi donner un sens au personnage, qui ne passe pas uniquement par son héritage mythologique, lequel a alors la possibilité de s’incarner à travers une méthode de production.

 

photoDu neuf avec du vieux

 

À MORT LE MANDALORIEN !

 

LE POSTULAT HYPER BASIQUE

The Mandalorian, c’est l’histoire d’un dur à cuire et son bébé Yoda trop mignon. Mais ça aurait pu être un simple bébé, une femme, un chiot, une princesse ou une pute (chez Besson) : le moteur aurait été le même. C’est l’histoire vieille comme le monde d’un guerrier solitaire au coeur de pierre, qui s’humanise au contact d’un autre personnage, lequel va peu à peu révéler sa sensibilité, sa détermination, son courage, et sa gentillesse. Derrière l’armure, il y a un homme, bien évidemment.

Certes, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures, et cette formule a déjà été rongée jusqu’à l’os depuis des décennies, jusqu’au récent The Last of Us. Mais les ficelles sont tellement familières que la mécanique de The Mandalorian semble vite s’essouffler, et forcément tourner en rond trop souvent. Le héros va t-il abandonner le bébé ? Va t-il réussir à le sauver ? Va t-il arriver à temps face au prochain danger ? Va t-il se résoudre à le laisser en sécurité derrière lui ? Va t-il lui laisser jouer avec cette petite boule dans le cockpit ? Va t-il lui acheter de nouveaux vêtements pour dormir ?

Revenir à moins de personnages, et des enjeux plus simples et modestes, était sûrement une bonne idée qui tranche avec la surenchère vaine des récents films – la trilogie Disney Star Wars, Solo : A Star Wars Story, Rogue One : A Star Wars Story… tous débordent de personnages sous-exploités. Mais revenir à une recette si simple peut vite donner des envies de bailler.

 

photo, Pedro PascalPapa Yoda

 

C’EST ANECDOTIQUE

C’est l’épisode où le Mandalorien va chercher un gros oeuf pour récupérer des pièces, pour son vaisseau. C’est l’épisode où le Mandalorien affronte des méchants dans une rue. C’est l’épisode où le Mandalorien protège un petit village. C’est l’épisode où le Mandalorien a besoin d’argent pour réparer son vaisseau, et accepte une mission de chasseur de prime. C’est l’épisode où le Mandalorien accepte une mission dans une prison spatiale. C’est l’épisode où…

Le sympathique côté serial de la série a ses avantages, mais cette approche semble parfois condamner la série à rester dans les petites péripéties à la chaîne – surtout dans sa première moitié. Certes, c’est une formule classique de série, avec une narration divisée entre la mythologie globale et la petite aventure par épisode, mais l’approche étonnamment simple, directe et rapide de The Mandalorian annihile régulièrement toute notion d’épique, et dimension spectaculaire.

 

photoMachine de guerre

 

Le héros se retrouvera irrémédiablement confronté à une menace plus ou moins évidente, une mission à accomplir, une babiole à trouver ou acheter, un lieu à quitter, et rebelote dans le prochain épisode. En huit épisodes, The Mandalorian a déjà réussi à répéter la recette, ce qui n’est pas forcément rassurant.

Si le divertissement est globalement assuré, c’est avec une sensation de petite routine, de petites parenthèses qui défilent gentiment, jusqu’à la fin de saison où les enjeux se dessinent plus clairement. Comme dans trop de série, pas mal de choses semblent rallongées sans réelle raison, et l’histoire de ces huit épisodes aurait finalement pu tenir en un bon film, solide et spectaculaire. Et ce n’est certainement pas anodin : le projet Star Wars prévu en 2014 avec Josh Trank était de toute évidence un film sur le Mandalorien Boba Fett, que James Mangold a récupéré en 2018… avant que tout ne soit vite annulé. La série The Mandalorian est né au milieu de ce tumulte.

 

photo, The Mandalorian Saison 1Prêt à te tomber dessus pour te ramener à Disney

 

HOMMAGES OU PARESSE ?

Dans la continuité logique de la formule du guerrier solitaire et ses petites mésaventures, il y a le risque, ou du moins la limite des hommages potentiellement vains. Jon Favreau aborde Star Wars comme une histoire de samouraïs et de western, ce qui est parfaitement naturel vu que George Lucas s’était inspiré de La Forteresse noire pour Un nouvel espoir. Et à un certain niveau, c’est même malin, pour raccrocher la mythologie au sable, aux roches et au sol, après trop d’errances dans les étoiles et explosions.

Mais où aller à partir de ça ? L’épisode 4 réalisé par Bryce Dallas Howard, en hommage évident aux Sept samouraïs (et donc, Les Sept mercenaires), pose la question. Ailleurs, des images, des décors, des statures de personnages, des ambiances rappellent forcément Clint Eastwood ou John Ford, notamment La Prisonnière du Désert. Et sachant que le compositeur Ludwig Goransson fait écho à Ennio Morricone, The Mandalorian se présente vite comme un super-hommage de plusieurs décennies de cinéma et narration, compilées dans une galaxie à la fois très, très lointaine… et très, très proche dans ses motifs.

 

photo L’épisode Sanctuary

 

Au-delà du petit plaisir cinéphile et son efficacité, c’est une mécanique qui finalement, stimule moins l’imaginaire que la familiarité et les habitudes. Au pire, c’est comme flatter simplement et gentiment l’ego cinéphile. The Mandalorian se retrouve alors toute petite, sous des décennies de monuments venus des quatre coins du globe, du Japon à Hollywood, en passant bien sûr par l’héritage Star Wars qui est le premier poids dans l’histoire.

Sur cette première saison, c’est encore léger, et variable. A voir donc comment la série avancera, si elle pourra (et voudra) sortir de l’ombre de ses modèles, et si cette prudence n’est pas un horizon d’ores et déjà fermé.

 

photoLes hommes de la plaine

 

BABY YODA ONE MORE TIME

C’était la grande idée de génie (marketing) de The Mandalorian : un bébé de l’espèce étrange de Yoda, naturellement surnommé bébé Yoda par le public. Gardé secret jusqu’à la diffusion, c’était le grand joker de la série, qui a touché les fans et le grand public, les enfants et les parents, les spécialistes en effets visuels et les comptables de Disney. Difficile de résister à cette petite bestiole mignonne, qui semble avoir été créée par le dieu du marketing pour vendre des peluches, des pulls, des mugs, des figurines, des pantoufles, des assiettes, des slips, bref tout ce qui peut avoir un visage dessus.

C’est d’autant plus remarquable que la production n’a pas succombé aux CGI, puisque la créature est une marionnette, physiquement utilisée avec les acteurs, et maniée par deux techniciens (l’un pour les yeux et la bouche, l’autre pour les expressions faciales). L’option images de synthèse a pourtant été envisagée, et Werner Herzog raconte que lors de ses premières scènes, l’équipe hésitait encore beaucoup, si bien qu’une scène sans la marionnette était tournée, pour l’option CGI en post-production.

 

photoDon’t put baby in a corner

 

Mais ce Baby Yoda est-il une super idée, ou une super diversion ? Certes, il provoque inévitablement des sourires, voire des rires lorsqu’il boit sa petite soupe tranquillement pendant que les héros se tapent. Certes, c’est le Gizmo du nouveau monde, que personne ne refuserait en peluche pour les dimanches pluvieux sous un plaid. Mais difficile de ne pas imaginer la satisfaction cynique de l’équipe face à cette trouvaille, qui allie super-recyclage de la mythologie, et super-marketing. Si Disney est accusé à tout va d’être l’entreprise mercentantile par excellence, qui pense pour et par l’argent, Baby Yoda en est peut-être le visage le plus doux – et donc, le plus machiévalique.

Le petit bout de chou vert impose en plus un parfait tempo sur le long terme, vu sa croissance, son âge, et l’évolution de ses pouvoirs. Révélant l’étendue de ses pouvoirs en début puis en fin de saison (avec un point de connexion avec Star Wars : L’Ascension de Skywalker, sur la guérison avec la Force ?), mini-Yoda est un moteur idéal pour que The Mandalorian traîne longtemps. Un petit gag, un regard tendre, un bruit de rongeur, et c’est la quasi assurance d’un public charmé, qui peut en oublier le reste. Nul doute que la bête grandira, changera de tenue, et prononcera ses premiers mots un jour, pour répondre à la grande question (que personne ne se pose) sur les origines de la syntaxe de Yoda l’original. Autant dire qu’on en a pour longtemps.

Retrouvez notre classement de la saga Star Wars par ici.

Et pourquoi Star Wars chez Disney est une catastrophe en 5 raisons : c’est dans ce dossier-bilan.

Rédacteurs :
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Ed9Felson

Excellent article, bonne analyse sur le fond et la forme.
Concernant cette jolie phrase – de saison ;)! – ayant trait à baby Yoda
«que personne ne refuserait pour les dimanches pluvieux sous un plaid »
elle aurait tout tout aussi bien pu, au-delà de Gizmo bis, s’appliquer à la série dans son ensemble!
Pressé de voir cette S2.

Tuk

La série n’est pas mal, mais star wars n’est plus un produit rare qui le rendait précieux. C’est devenue un monde de surencheres ratées. Disney avait dis qu’ils allaient le jeu, mais quand on voit la liste de projets qu’il y a, l’on comprend vite qu’ils en sont juste incapables !
Star wars n’est plus rare et précieux, c’est devenue un produits banal, un peu comme les super-heros…

DjFab

@Tuk : si Disney n’avait pas racheter Lucas Film, on n’aurait rien eu depuis SWIII… Perso je suis content que ce ne soit plus un produit rare ! (je viens de revoir le magnifique Rogue One en 4K…)

Sergio

Mouais, c.est bien jolie, mais trop basé sur le fan service, et ça ne raconte strictement rien.
Dommage, ça aurait put être vraiment bien .

Tuk

@的时候水电费水电费水电费水电费是的 djfab

Effectivement, Rogue One est trés bien , un film tout les 3 ans aurait pu fairt l’affaire tout aussi bien, mais bon apres, ce sont les gouts et les couleurs….