Lovecraft Country Saison 1 épisode 2 : un chapitre qui casse la baraque ?

Simon Riaux | 24 août 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Affiche US

Après un pilote enthousiasmant et prometteur de délicieuses horreurs, Lovecraft Country doit transformer l’essai et installer véritablement son récit, ses enjeux, sa mythologie. Attention spoilers !

 

photo, Abbey LeeUne redoutable maîtresse de maison

 

SOUTHERN COMFORT 

Nous avions laissé Atticus (Jonathan Majors), Leti (Jurnee Smollett-Bell) et Oncle George (Courtney B. Vance) couverts de sang et terrifiés après une confrontation viandarde avec des policiers racistes et des monstres amateurs d’hémoglobineAvec ce deuxième épisode, ils vont se frotter directement à ce qui a motivé leur périple : un héritage mystérieux, et un père porté disparu. 

Avec ce nouveau segment, Lovecraft Country dévoile pour la première fois comment la série entend articuler sa narration et sa dramaturgie. Chaque épisode est tenu par un fil rouge assez clair, qui draine les enjeux et conflits des personnages, tandis que surgit le concept, monstre ou évènement bizarroïde de la semaine, à la manière d’un manège de foire surgissant des entrailles de la Terre. Une architecture complexe pour satisfaire à la fois le spectateur avide de frisson épisodique et celui s’attachant à une intrigue au long cours s’avérant casse-gueule. L’excellente série Fringe s’y est risquée et y a laissé quelques plumes. 

Dans un registre très différent, puisque l’adaptation du roman de Matt Ruff puise son inspiration dans le serial, le pulp et la littérature horrifique, Lovecraft Country nous offre donc un exercice de style extrêmement référentiel, dont les influences multiples deviennent vite évidentes. Aux prises avec le clan Braithwhite, nos héros découvrent un domaine pour le moins étrange. Reçus comme des rois, mais peinant à se remémorer les évènements des dernières heures, ils ne tardent pas à comprendre que l’apparente hospitalité dont ils bénéficient cache d’inavouables secrets. 

 

photo, Jordan Patrick SmithJames Blond

 

Manipulation, illusions, pièges, rites ancestraux et nouveaux personnages d’importance sont au programme de ce chapitre, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’avère une nouvelle fois d’une générosité de chaque instant. Difficile de trouver une scène qui n’apporte pas son lot de monstruosité, de nouveautés ou de rebondissement, tant la narration s’emballe. 

Une abondance qui se traduit visuellement, l’épisode ayant également à cœur de nous en mettre plein les mirettes. Yann Demange n’est plus aux commandes et si on sent que la mise en scène perd un peu en finesse, elle demeure plutôt élégante et jouit d’une direction artistique qui soigne jusqu’au plus infime accessoire, instaurant une profusion visuelle continue. 

 

photo, Courtney B. VanceUne demeure aux apparences trompeuses

 

UN CHAPITRE QUI DÉBORDE 

Malheureusement, ce faste n’est pas toujours bien digéré par le scénario, qui peine à agencer tant d’ingrédients. Dramatiquement, les divers rebondissements, pour ludiques qu’ils soient, sont le plus souvent expédiés, quand ils ne déçoivent pas par leur classicisme (la triple confrontation nocturne est aussi longuette qu’attendu). Plus regrettables, les nouveaux pans de mythologie, notamment ceux tournant autour des Fils d’Adam, nous sont expédiés rapidement en travers du visage qu’ils n’ont le temps ni d’intriguer ni de peser dans cet univers aux facettes déjà nombreuses. 

 

Photo Courtney B. Vance, Jonathan Majors, Jurnee Smollett-BellDes bois où il ne fait pas bon se perdre...

 

Plus surprenant, on note quelques faux pas dramaturgiques évidents, notamment lors de l’introduction du pater familias interprété par Michael Kenneth Williams, qui débarque au beau milieu de l’action quasiment comme un cheveu dans la soupe, au détour d’une scène dont le tempo et le découpage paraissent très en deçà de ce que la série nous a offert jusqu’à présent.

On sent bien que ces faiblesses, si elles sont regrettables, sont intrinsèquement liées à certains choix d'adaptation : en réagençant certains évènements ou plutôt les personnages qui y participent, le scénario peut coaguler plus rapidement ses personnages centraux tout en les confrontant d'entrée de jeu à des épreuves dignes de ce nom, mais cette surcharge pèse beaucoup sur ce chapitre, qui est condamné plus d'une fois à traiter ses ingrédients superficiellement.

Manifestement beaucoup trop dense pour un deuxième épisode, bardé d’idées plaisantes, mais pas toujours très bien exploitées, ce deuxième épisode se suit néanmoins sans déplaisir, grâce au beau savoir-faire dont il déborde, et ses excellents comédiens. Enfin, les dernières secondes de l’épisode affirment avec force que le récit entend bien ne pas faire de cadeaux à ses personnages et que l’aventure dans laquelle ils se lancent ne les laissera pas indemnes.

Un nouvel épisode de Lovecraft Country est disponible chaque lundi sur OCS en France depuis le 17 août.

 

Affiche US

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Nan
26/08/2020 à 23:08

J'ai adoré cet épisode. Hâte de voir la suite !

Mitch
25/08/2020 à 23:30

Franchement, c'est tres mauvais. Mauvais rythme, mauvais rebondissements, histoire occulte sans queue ni tête, c'est de la serie Z. Affligeant.

Alfred
25/08/2020 à 14:44

J'aime beaucoup. La série va à 100 à l'heure. C'est fun. Intelligent. Bien joué. Certains effets sont un peu cra-cra, mais ça passe. Bref que de bonheur.

alulu
24/08/2020 à 15:06

https://www.youtube.com/watch?v=JDuCUNWs7wA

Mad
24/08/2020 à 12:55

J'ai adoré ce second épisode !

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