True Detective Saison 3 Episode 5 : Stephen Dort et Mahershala au lit

Simon Riaux | 5 février 2019 - MAJ : 05/02/2019 10:52
7
photo, Mahershala Ali

Retour inespéré que cette saison 3, qui doit laver l’affront commis par la précédente, presque unanimement conspuée. Mais cette nouvelle édition de True Detective est-elle à la hauteur ?

ATTENTION SPOILERS.

 

photoFlics au bord de la crise de nerfs

 

LE PURCELL DE LA TERRE

Arrivée à mi-parcours, cette saison 3 de True Detective a semblé être touchée de mort cérébrale, empêtrée dans un récit à tiroir faisant l’impossible pour gagner du temps, à l’aune d’une saison dont le seul mystère demeure sa raison d’être. Au moins les fans inquiets pourront-ils – un peu – se rassurer avec ce chapitre 5, puisque le show retrouve quelques timides couleurs.

Il nous aura fallu attendre bien longtemps, mais enfin, le scénario s’autorise des rebondissements inattendus et véritablement surprenants, capables de renverser durablement la vapeur dans le déroulé de l’investigation aussi bien qu’entre les personnages. En effet, plusieurs éléments viennent rompre avec le ronron qui a présidé aux deux précédents épisodes.

 

photoUne enquête en forme d'énorme frustration

 

Tout d’abord, Wayne parvient à entrer en contact avec Julie Purcell en 1990. Mais celle qui fut au cœur d’une mortelle affaire de meurtre et disparition, jamais élucidée, livre un témoignage détonnant à travers un message laissé aux autorités. La jeune femme (s’il s’agit bien d’elle) demande à ce que des mesures soient prises contre « celui qui se fait passer pour son père à la télévision ».

Purcell (l'excellent Scoot McNairy) aurait-il menti et commis des atrocités qui auraient poussé ses enfants à le fuir ? Appartient-il au même groupe pédo-diabolico-sectaire qui a commis les meurtres de la saison 1 ? Julie est-elle sous l’emprise de personnes lui ayant retourné le cerveau ? Quelle que soit la réponse, elle risque d’avoir d’énormes conséquences.

 

FROUSSE WAYNE

Conséquences dont nous pouvons déjà dessiner les contours. Ainsi que le révèle la productrice de documentaires (Sarah Gadon), les meurtres se sont multipliés autour de l’affaire. Et pas n’importe lesquels. Le cousin un peu louche interrogé lors des obsèques du fils Purcell a été retrouvé mort dans une carrière. Cela ne pourrait être qu’un détail mais il semble très clair à présent que nos deux compères en savent un peu trop sur cette disparition.

 

photo Sarah Gadon et Mahershala Ali

 

Ajoutons à cela le fait qu’un des rares survivants de la fusillade qui ouvre l’épisode a lui aussi perdu la vie, dans des circonstances étranges. C’est peut-être là la piste la plus intéressante. En effet, cet épisode établit que la scène du carnage introductif a probablement été polluée par un quidam désireux de faire accuser Woodard.

Dès lors, toutes les suppositions sont possibles, et chaque hypothèse s’avère plus terrible que la précédente. La réunion finale entre Roland (Stephen Dorff) et Wayne vient nous rappeler qu’ils ont commis quelque chose d’abominable en 1990, qui a coûté sa vocation à l’un, et son équilibre psychologique à l’autre. Et si le policier disparu était à l’origine du caviardage de l’enquête ? Et si nos deux (anti)héros avaient quelque chose à voir avec sa disparition ?

De plus en plus, on s’interroge : qu’a véritablement oublié Wayne, et que garde-t-il pour lui ? Est-il seulement possible qu’il se lance dans cette enquête à rebours seulement pour effacer les dernières traces d’un péché qui le hante ?

 

photoAvant la dispute...

 

LA DIAGONALE DE L'ENNUI

Malheureusement, les interrogations qui émaillent l’épisode sont accompagnés d’interminables répétitions. Une énième dispute entre Amelia (Carmen Ejogo) et Wayne (Mahershala Ali) ne nous apprend rien de notable. Pire encore, les formidables prestations de deux artistes ne suffisent plus à garantir notre intérêt, de plus en plus vacillant.

 

photoAprès la dispute

 

Après les rebondissements épais de la première moitié de saison et les sorties de l’enquêteur Harris sur les viols pénitentiaires, nos camarades policiers se doivent de présenter (avec quelques années de retard) leurs excuses à Freddy, l’adolescent qui faillit être inculpé en 1980. Si on appréciera l’occasion donnée au personnage d’évoluer, tout comme la référence à plusieurs affaires américaines récentes, tout cela ressemble encore une fois à du surplace. Encore une fois, la référence au célèbre "West Memphis Three", célèbre erreur judiciaire américaine, est aussi évidente... que dispensable.

 

photoJoies du maquillage

 

Et pour finir, la longue introduction de l’épisode pose problème. Non seulement elle arrive une semaine après un cliffhanger sans ambiguité, mais elle vient revisiter une séquence emblématique de la saison 1, comme l’avait fait la saison 2, sans la moindre inspiration. Pire, la scène fait cruellement écho à Aucun homme ni dieu, suggérant que Jeremy Saulnier a tout de même travaillé sur ce chapitre, ou que True Detective a définitivement des airs de redite.

Ses trous d’air empêchent le chapitre de transformer l’essai, comme il ne peut nous rassurer totalement. Au moins son mystère retrouve un peu d’ampleur, et, à en croire les dernières minutes de ce chapitre, une capacité à nous émouvoir.

La saison 3 est diffusée sur OCS chaque lundi à 21h sur OCS City.

Notre critique des cinq premiers épisodes est à retrouver ici.

 

Affiche

commentaires lecteurs votre commentaire !

Marc
08/02/2019 à 19:55

j'ai découvert cette série et c'est génial !!! une ambiance sombre sous tension , des flashback au file de l'enquête . je recommande cette série.

Alfred
06/02/2019 à 15:50

Ok, j'avais un peu oublié "Hippocrate" et les autres.

Merci pour la réponse.

Geoffrey Crété - Rédaction
06/02/2019 à 14:59

@Alfred

Comme on l'explique souvent : nous faisons de notre mieux, avec notre petite équipe et les ressources disponibles. Et en prenant en partie en compte l'enthousiasme des lecteurs.

Avec ces contraintes et limites en tête, les séries françaises sont régulièrement traitées. On a défendu avec enthousiasme Hippocrate, on avait parlé de Vingt-cinq, Transferts, Ad Vitam, Plan coeur, Dix pour cent. On vient aussi de parler d'Osmosis et Vernon Subutex pour leur arrivée prochaine.

On peut toujours faire plus, et d'ailleurs c'est un reproche qu'on a même sur les séries anglo-saxonnes. Et on fait en sorte de toujours faire plus... tout en sachant qu'il est impossible de satisfaire tout le monde, tout le temps.

Alfred
06/02/2019 à 14:42

C'est peut-être pas lieu, mais pourquoi pas le même traitement pour les séries française.
Engrenages 7 vient de commencer et rien....
Philarmonia méritait une bonne critique de votre part.
Etc.

Alors oui vous avez traité Harry Quebert, mais vous pourriez faire plus sur la fiction française.

prometheus
05/02/2019 à 19:48

C'est moi on s'ennuie a mourir... On a bien compris que le black a des pertes de mémoire c'était inévitable que ça justifie des scènes genre "mais tu te rappelles vraiment pas ce qu'on a fait ?" qui ne disent rien sue le fond...
A moins d un miracle c'est une saison du pauvre qui ne vaut même pas son nom...

Olivier637
05/02/2019 à 11:54

La bonne surprise du casting c'est stephen dorff.

Et un gros big up à l'équipe make up, persos jamais ridicules sur 35 ans, bon boulot.

Pour le reste, c'est peu dire que le scénario ménage ses effets voire fait du surplace. Ca sent la série qui aurait pu être ramenée à 5/6 épisodes pour beaucoup plus d'efficacité.

Han Hulé
05/02/2019 à 11:00

En net progrès cet épisode ! Hormis les scènes conjugales répétitives entre Ali et sa jolie femme, ça avance enfin. Et la scène finale des retrouvailles entre les deux vieux (top maquillages !) est très réussie !

votre commentaire