George A. Romero, le papa des zombies, est décédé

Mise à jour : 21/11/2017 21:18 - Créé : 17 juillet 2017 - Christophe Foltzer
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Si cela fait partie du cours normal des choses, cela fait toujours aussi bizarre quand ça arrive. Et aujourd'hui, nous venons de perdre un grand, très grand monsieur.

George A. Romero est donc mort. Il n'y a pas d'autre moyen de le dire, alors optons pour celui-là. Le metteur en scène de 77 ans est donc décédé ce week-end des suites d'un cancer des poumons fulgurant si l'on en croit le Hollywood Reporter. Et ce n'est pas que le genre de l'horreur qui est en deuil aujourd'hui, mais bien tout le cinéma entier. 

 

Photo Romero Zombie

 

En effet, lorsque sort La nuit des morts-vivants en 1969, Romero ne pensait probablement pas qu'il laisserait une telle empreinte sur le cinéma, qu'il allait bien malgré lui se faire la voix d'une époque et ouvrir un nouveau chemin dont il ne pourra malheureusement jamais totalement s'écarter sans y revenir fatalement. S'il n'est pas l'inventeur du zombie, il est pourtant celui qui l'aura démocratisé en lui donnant ses attributs les plus célèbres : sa terrible faim, sa démarche raide et surtout son indépendance (jusque là le zombie avait la plupart du temps un maitre-sorcier, reprenant ainsi les cultes vaudous). Un coup de génie comme il en arrive une fois par décennie et qui lança un genre entier, toujours aussi florissant et pas qu'au cinéma (le jeu vidéo lui doit beaucoup aussi). Un imbroglio juridique aussi, du fait de la jeunesse de l'équipe dans le milieu, qui a vu les droits du film tomber dans le domaine public avant d'être récupérés par ses géniteurs bien des décennies plus tard.

 

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La nuit des morts-vivants

 

Si l'on sentait déjà un propos contestataire dans La Nuit, c'est bel et bien dans Zombie qu'il éclate au grand jour. Film séminal, postulat simple mais parfait, le deuxième opus de la saga traumatise une génération entière tout autant qu'il prophétise la société que nous sommes en train de nous construire à l'époque, accrochés à nos télés et férus clients de surconsommation. Un brulôt aussi intelligent que fun et, pour beaucoup, le vrai coup de maitre de Romero. Un coup de maitre pas totalement transformé dans Le Jour des Morts-Vivants en 1985 puisque, suite à de gros problèmes de budget, Romero ne peut faire le film ambitieux qu'il a en tête. En résulte un volet déséquilibré par moments mais toujours aussi efficace, qui allait encore plus loin dans son discours anti-militariste. 

 

Photo ZombieZombie

 

Comme beaucoup d'autres grands réalisateurs d'horreur, George Romero s'est lui aussi retrouvé prisonnier de son bébé même si se rappeler uniquement de ses films de zombies serait une énorme erreur. Romero a bien tenté d'autres choses avec plus ou moins de bonheur, mais il nous aura surtout offert des films durs, engagés, profond et sans concessions, comme The Crazies ou Martin par exemple. Sans oublier évidemment son chef-d'oeuvre méconnu Incidents de parcours, pur joyau de tension et d'horreur discrète que l'on vous conseille obligatoirement. N'oublions pas non plus son inégale Part des Ténèbres, adaptation du roman de Stephen King qui aurait dû le remettre dans la course alors qu'il avait une période de creux mais qui, au final, n'a pas eu le succès escompté.

 

Photo Incidents de parcours

Incidents de parcours

 

Après une décennie qui ressemble plus à la traversée du désert qu'à autre choses, Romero revient aux morts-vivants en 2004 avec Land of the Dead, et c'est le jackpot. A l'époque, les zombies connaissent une nouvelle jeunesse, grâce aux succès de Resident Evil et de L'armée des morts (remake de Zombie) et, au lendemain du 11 septembre et de la deuxième guerre d'Irak, l'occident a soif de morts-vivants, a besoin de remuer cette matière noire qui le travaille et Romero mettra les mains dedans avec une nouvelle trilogie plus que contrastée.

 

Photo Land of the dead

Land of the Dead

 

Ayant refusé très tôt le jeu des studios, Romero a galéré pour monter ses films mais a en contre-partie toujours plus ou moins conservé son indépendance. Alors qu'il y a encore quelques jours il parlait de son prochain Road of the Dead (dont il n'était que le producteur et le scénariste), sa disparition subite nous laisse bouche bée et le coeur en morceaux. C'est un peu comme si on perdait l'un de nos parents aujourd'hui, quelqu'un qui nous aura accompagné durant tout notre parcours cinéphilique et qui l'aura façonné en grande partie. C'est une sale journée et on ne pourrait lui rendre un plus bel hommage qu'en lui disant un gros MERCI !

 

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commentaires

Redmond Barry 17/07/2017 à 12:32

Merci surtout pour la trilogie des morts vivants, Martin et sans doute son chef-d'œuvre Monkey Shines. RIP

REA 17/07/2017 à 11:32

End of The Road of The Dead.

jimmy76 17/07/2017 à 09:12

Merci d'avoir crée le genre zombie. rip

Matt 17/07/2017 à 09:01

Grand grand grand réalisateur que nous venons de perdre. Comme mentionné dans l'article ci-dessus, malgré ses films de zombies, Incident de Parcours et surtout pour ma part, Martin, sont des films surprenants, passionnants et remarquables. Et que dire de leur montage respectif.
Chapeau bas, monsieur.

Karev 17/07/2017 à 08:04

très beau hommage ou l'auteur semble réellement sincère et triste

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