"Baise-la !" ou la drôle d'avant-première de Wonder Woman

Jacques-Henry Poucave | 5 juin 2017
Jacques-Henry Poucave | 5 juin 2017

C’est un vendredi soir, et c’est le soir de Wonder Woman. La foule se presse au Grand Rex, impatiente de découvrir la première aventure de L’Amazone. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

Blogueurs et journalistes en causent souvent entre eux ou sur les réseaux sociaux, les avant-premières au Grand Rex, cinéma emblématique de la capitale française, sont redoutées.

 

Photo Gal Gadot

Un film qui fouette

 

Public nombreux, donc bruyant, placement parfois compliqué, présence de fans parfois très enthousiastes, dispositif lourd, spectateurs souvent plus désireux de manifester leur enthousiasme en criant qu’en suivant ce qui se déroule à l’écran… Pour tous ceux qui souhaitent ou doivent se concentrer sur l’œuvre présentée, la séance peut se transformer en épreuve.

Ce fut le cas à l’occasion de la projection de Wonder Woman, mais pas forcément pour les raisons attendues. On se souvient qu’il y a quelques jours, l’annonce aux Etats-Unis de la mise en place de projections réservées aux femmes du film de Patty Jenkins avait fait réagir vertement certains, estimant le projet discriminant. Le public du Grand Rex a rapidement donné raison à tous ceux et celles qui virent l’initiative d’un bon œil.

 

Photo Danny Huston, Gal Gadot

Grosse ambiance

 

« BAISE-LA ! »

Que les fans rugissent ou applaudissent, c’est souvent agaçant, pas idéal pour se concentrer, mais une marque d’enthousiasme assez inoffensive. Sauf que ce vendredi-là, les spectateurs réunis sont manifestement – pour partie – loin d’être en empathie avec L’Amazone qui se débat sur grand écran.

Un présentateur chauffe la salle quelques instants avant le début du blockbuster. Lorsqu’il demande aux personnes présentes d’applaudir le premier film consacré à une super-héroïne, une fraction de la salle applaudit à tout rompre… Tandis qu’une autre se met à huer. Lorsque ce même présentateur annoncera en guise d’apéritif la projection d’un teaser de Justice League, l’enthousiasme est en revanche à son comble et on n’entend aucune fausse note… Ambiance.

 

Photo Robin WrightDresser le public. Tout un art.

 

Mais la sortie la plus surréaliste aura lieu durant la projection. Dans une séquence dont on ne dévoilera pas la teneur exacte, les visages de Chris Pine et Gal Gadot se rapprochent, formant une image romanesque telle que le cinéma en recèle des milliers. Et là, un goguenard « BAISE-LA ! » retentit dans la salle.

Le cri porcin est accueilli par des éclats de rire et des applaudissements, avant qu’une spectatrice n’envisage de le contrer d’un « Baise-le », à son tour soutenu par une partie du public. Démarche rafraîchissante, mais qui n’efface pas la grossièreté auto-satisfaite du premier à éructer et de ses suiveurs. Dans la salle, le malaise est palpable.

On l’a dit dans notre CRITIQUE, un des soucis de Wonder Woman (au demeurant très divertissant) demeure son approche du féminisme, qui nous paraît au mieux maladroite, au pire terriblement hypocrite. On en viendrait presque à se demander s’il n’y avait pas finalement une adéquation un peu sinistre entre un blockbuster usant d’un relatif progressisme comme d’un argument marketing à destination d’un public en réalité bien conscient qu’on lui sert une nouvelle fois la même soupe, saturée en testostérone de synthèse.

 

Photo Gal GadotGal Gadot expliquant le cinéma à un "fan"

 

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commentaires

The Jocker
10/10/2020 à 10:41

Peu importe les commentaires,qu ils soit scabreux ou déplacés,..il en fut toujours ainsi dans les salles de cinéma obscures ,s en offusque en 2020 est aussi ridicules que de censurer l histoire au nom d une conscience collective qui s éveillent à la vitesse d un ver se baladant sur une fleure ..L hypocrisie est bien pire que de s amuser au detriment des genres!.....une blague est une blague si on ne peu plus en rire ,ne vous surprenez pas de vivre dans un monde qui devient si triste!

Eowya
08/10/2020 à 08:39

Lol, ou comment un trait d'humour, certes gras, devient dans cet article le symbole de la nuisance masculine quand la même remarque prononcé par le sexe opposé devient le symbole du féminisme, et serait de l'humour "fin"... Les absurdités de notre époque me laissent sans voix...

Nutsy22
02/10/2020 à 00:34

J'ai encore la fameuse BD de la mort du Captain Marvel!!!
Magnifique!

ramona
27/09/2020 à 17:53

baise la c'est porcin mais baise le c'est rafraichissent ?!?
article bien poucave digne de notre merdocratie à la francçise

Dalalidalala
27/09/2020 à 00:51

On à en commentaire un débile dabs sa judéité qui nous traitent de "Goy" Qui pour rappelle signifie de manière péjorative tout ceux qui ne sont pas juifs. C'est une insulte.

Et de l'autre côté un autre débile qui se permet des propos racistes comme "l'odeur des nègres"

Dans les 2 cas c'est gratuit et même carrément Hors sujet ! Bête et mechant.
Sachez vous deux vous êtes des sans couilles de laches derrière votre anonymat ben dis donc quel courage. Bande de porcs dégénérés.
Je soupçonne ces deux commentaires venant de la même personne

Soso01
08/09/2020 à 16:39

Pourquoi Murdock tu as soudain ton petit ego masculin qui se réveille ??

kheyavenoel
05/09/2020 à 21:52

l'odeur des negres on en spricht ou c'est tabouent ? :malade:

Hélène
09/08/2020 à 08:55

Pour moi ce film a été une merveille (allée le voir 3x au ciné !!!)
L'actrice jouait hyper juste son innocence et sa détermination (j'ai passé ma 2ème séance à la regarder elle, j'étais fascinée).
Les combats très beaux avec les ralentis qu'il faut pour savourer...
Seul bémol la fin qui selon moi n'était pas à la mesure du reste du film.
Mais reste un pur bonheur quand même et tellement hâte de voir les opus suivants !!!!!

????
05/08/2020 à 15:09

C'est fou, je ne le savais pas.

Matt Murdock
09/06/2020 à 19:36

C'est tout de même incroyable qu'on puisse faire preuve d'un tel manque de civisme à Paris, dans une salle de cinéma tres cotée). Et non pas dans le 93. Un ado arrièré, qui n'arrive pas à contrôler ses hormones qui crie "baise là" aurait dû être remis à sa place. Et au lieu de ça, une femme adulte lance:"baise-le"?! Alors là,ça me dépasse... où va le monde?

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