Isabelle Huppert avoue que Michael Cimino ne s'est jamais remis de La Porte du Paradis

Christophe Foltzer | 28 novembre 2016
Christophe Foltzer | 28 novembre 2016

2016 a été une année terrible pour le cinéma dans le sens où beaucoup de ses artisans ont passé l'arme à gauche. Si on croise les doigts pour que le mois restant nous laisse tranquille de ce côté-là, cela a au moins le mérite de nous en apprendre un peu plus sur certains chefs-d'oeuvre.

Michael Cimino nous a quitté en juillet dernier après une vie et une carrière tumultueuses. Il a laissé derrière lui des chefs-d'oeuvre tels que Voyage au bout de l'enfer ou encore L'Année du Dragon. Et évidemment La Porte du Paradis, son Graal qui, à l'époque, avait tué net sa carrière en coulant la société de production United Artist. Réhabilité depuis et bénéficiant d'une édition remastérisée de toute beauté, ce chef-d'oeuvre est à redécouvrir d'urgence.

 

Photo La porte du paradis

 

Une expérience qui aura marqué son réalisateur au fer rouge, comme vient encore de le préciser Isabelle Huppert, premier rôle féminin du film, lors d'une récente intervention l'université Loyola Marymount, comme nous le révèle le Hollywood Reporter :

"J'aimais Michael, bien entendu. C'était  un homme extraordinaire, probablement l'un des plus grands réalisateurs américains. Mais, au fond de lui, il n'a jamais pu digérer La Porte du Paradis. Il était totalement investi dans le film. J'y suis allé pour deux mois et je me suis retrouvée dans le Montana pendant 7 mois."

Une intervention qui lui permet aussi de parler de la remasterisation du film et d'un autre grand homme disparu récemment, Vilmos Zsigmond, et de la collaboration avec le metteur en scène, qui n'était pas des plus heureuses :

 

Photo la porte du paradis

 

"Je dois avouer que c'était un peu étrange pour moi, parce que les couleurs étaient très différentes. Vous savez, les couleurs originales étaient plus ternes. C'était dû à Vilmos Zsigmond, qui a disparu récemment. Lui et Michael ne s'entendaient pas très bien. Michael pensait toujours que ce n'était pas la couleur qu'il voulait, elle était un peu sepia. Et donc, il était très content de la nouvelle version."

"La première fois que je l'ai vue, j'ai été surprise par les verts tellement vert et les rouges si rouge. C'était réellement très différent du film que j'avais vu au départ. Michaek s'était de nouveau totalement immergé dans le film à cette époque parce que cela lui avait demandé beaucoup de semaines de travail pour faire cette version."

S'il vous fallait une raison supplémentaire pour voir ou revoir ce film essentiel du cinéma moderne, Isabelle Huppert vient donc de vous la fournir. A vos platines les amis.

 

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commentaires

corleone
05/12/2016 à 23:03

Ded, t'es un type bien.

adoy
28/11/2016 à 17:23

Réalisateur : Métier en voie de disparition...à Hollywood.

Ded
28/11/2016 à 15:18

Fort de son Oscar de meilleur réalisateur en 1978 pour Voyage au bout de l'enfer qui avait mis à genoux la critique et le public, les portes de la United Artists (fondée en 1919 par Fairbanks sr, Pickford, D.W. Griffith et Chaplin) lui sont largement ouvertes. Michael Cimino entreprend alors de réaliser en 1980 La porte du paradis (Heaven's gate) qui va se révéler être un bide monumental et un gouffre financier qui coulera la célèbre firme et attribuera à son réalisateur le statut de cinéaste maudit... à vie. Il est vrai que le métrage de 3h39 nécessita sept interminables mois de tournage dans le Montana et quadrupla son budget initial !
Cette œuvre au destin chaotique se résume en un western épique et mélancolique, à des années lumière de la force et de la vigueur dont les américains s'enorgueillissent dans ce genre. Bien loin également est la connotation patriotique si chère à ce "grand et beau pays démocratique qui sait donner sa chance à chacun !" autant qu'elle en est indissociable. Cela, le public américain ne l'a pas apprécié, car le film fut rejeté dès le début par des spectateurs sortant de la salle au fil de la projection lors de sa première à New-York, et ne l'a jamais pardonné au point qu'il n'a toujours pas été réhabilité dans son statut de chef-d’œuvre indiscutable chez nos cousins d'outre-atlantique. Le but avoué du réalisateur est simplement de dénoncer la déshumanisation par le pouvoir financier sur la base que "l'argent est plus important que les vies humaines", comme il le fait souligner par James Averill (Kris Kristofferson). Assertion immédiatement entérinée par John L. Bridges (Jeff Bridges) déduisant implicitement que de nos jours ce constat cynique est le même. Chaque plan confine au merveilleux : en ouverture, la scène de valse étourdissante, magnifiée par des centaines de figurants, tous danseurs professionnels, celle sur la piste de patins à roulettes (la patinoire donne son nom au film Heaven's gate), la bataille finale, d'un réalisme et d'un lyrisme incomparables ; sans oublier, pour la partie romantique et son triangle amoureux, la valse à deux et les scènes intimistes sans guimauve, ni larmoiements superflus.
A l'affirmation du journaliste Michael Henry Wilson : "Vous vous intéressez depuis longtemps à la condition humaine", il répondait : " Comment ne pas s'y intéresser ? C'est complètement tordu ! C'est une histoire sans âge ! Les vieux trahissent les jeunes, les jeunes meurent pour les idées des vieux, les vieux théorisent, les jeunes en paient le prix... Depuis la nuit des temps !"...
No comment !...

LaTeub
28/11/2016 à 12:33

Honte à moi, je n'ai jamais vu ce film...

Le Grand Blond Pleure
28/11/2016 à 11:35

Sniff Sniff Snifff

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