Bryan Cranston descend Godzilla, qui a un très gros problème selon lui

Geoffrey Crété | 14 août 2015
Geoffrey Crété | 14 août 2015

Preuve que Bryan Cranston est définitivement arrivé dans les hautes sphères hollywoodiennes : il critique ouvertement un blockbuster dans lequel il a joué, quelques années après sa sortie.

Lors d'un podcast avec Nerdist, Bryan Cranston a ainsi expliqué pourquoi Godzilla de Gareth Edwards ne fonctionne pas d'un point de vue dramatique. Une raison simple : la mort de son personnage, Joe Brody.

"Ce personnage qui meurt à ce moment-là c'était une erreur. Je l'ai su dès la lecture du scénario. Quand je l'ai lu, je me suis dit 'Oh, page 50, ce personnage qui était le coeur émotionnel de l'histoire, qui guidait le public dans l'action jusque là... Il meurt ?' Quel gâchis."

"Ils n'ont pas vraiment bien géré ça, c'est ma seule critique parce que je pense que le film est fun, et ça a été un succès. Je leur ai dit que même si je ne faisais pas le film, le personnage ne devrait pas mourir à ce moment-là. C'est juste un mauvais récit, mais c'était trop tard pour changer. J'ai été le dernier à être engagé parce que je tournais encore Breaking Bad et ils ont repoussé plusieurs fois le tournage parce que Breaking Bad repoussait sans cesse."

 

  

Cranston propose même sa version de l'arc narratif du père du héros, incarné par Aaron Taylor-Johnson :

"Ce personnage aurait du être avec son père. Ils auraient commencé à se reconnecter et seraient partis dans ce voyage ensemble pour rentrer chez eux, pour qu'il retrouve son petit fils. Et juste quand ils se lient et qu'on commence à croire qu'ils pourraient avoir une relation, le père se sacrifie pour sauver son fils. Et c'est comme ça qu'il aurait du mourir"

Une version typiquement hollywoodienne qui prouve que même s'il a senti des faiblesses évidentes dans le scénario du blockbuster, Bryan Cranston ne devrait pas s'essayer à l'écriture. D'autant que deux petites années avant, il était à l'affiche de Total Recall, Rock Forever et John Carter.

Mais puisque la vie continue, l'acteur incarnera le scénariste Dalton Trumbo, victime de la Chasse au sorcière de McCarthy dans le Hollywood des années 40, dans Trumbo, tandis que Godzilla devrait prendre un chemin bien plus spectaculaire dans sa deuxième aventure.

 

Tout savoir sur Godzilla

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Robert "bob" Paulsen
28/06/2016 à 11:50

Yami54, tout a fait d'accord avec toi !
Enorme escroquerie de la part des studios sur la bande annonce. Encore une fois c'est plus "bankable" de mettre en avant la super star de breaking bad que AAron Taylor...qui ??

Mais pour moi le plus gros gachis, c'est d'avoir pris un talent comme Gareth Edwards et de l'avoir propulsé sur un blockbuster a 100 millions de dollars après avoir réalisé l'extraordinaire Monsters avec 500 000 dollars....

On pouvait légitimement se douter du résultat: Toutes velléités artistique écrasées par une logique comptable...comme d'hab quoi !

Schtroumpf à lunettes
16/08/2015 à 14:30

"Bryan Cranston ne devrait pas s'essayer à l'écriture".
C'est bien, faites comme si Bryan Cranston n'avait jamais rien écrit de sa vie, c'est pas comme s'il avait scénarisé un film qu'il a lui-même mis en scène non plus...

Ceci dit c'est vrai que sa proposition n'est pas très originale.

Nicolas Sarkozy sauveur de la nation
14/08/2015 à 14:07

Toi t'as dû bien les regarder les films originaux hein...
Dans les version japonaises, Godzilla apparaît en moyenne 10 minutes, donc MOINS que dans cette version.

Et c'est sûr, faire des bébètes qui se nourrissent de la course à l'armement nucléaire c'est toooooooootalement dénué de sens hein. Heureusement que t'as lu 3 articles de magazine pour savoir que le Kign of Monster était une allégorie de la menace nucléaire. Dommage t'en a pas lu assez pour comprendre en quoi la version 2014 était un hommage très cohérent.

Bobby Kennedy
14/08/2015 à 14:05

D'accord avec Zanta : le réel problème vient moins du père que du fils, qui aurait très bien pu prendre le relais s'il avait été bien écrit, tout simplement. Acteur ou personnage, ce "héros" est largement moins intéressant et touchant que Binoche même

yami54
14/08/2015 à 13:37

Je pense surtout que la plus grosse erreur aura été de nous faire croire dans la b-a que Cranston était le personnage central du film et puis de le faire mourir en 30 minutes. S'il y avait eu un personnage charismatique pour reprendre le flambeau ça aurait pu être une bonne idée. De plus le film s'appelle Godzilla et je sais pas vous mais j'ai eu plus de M.U.T.O que de Godzilla.
Ne parlons pas du personnage du fils qui était inintéressant au possible. J'ai été profondément déçu par ce film. La version de 54 avait un fond politique et social des plus intéressant au sortir de la guerre et après les 2 bombes nucléaires. Cette version n'était qu'un blockbuster vide de sens.

Zanta
14/08/2015 à 13:30

Edwards a reconnu qu'il comprend - rétrospectivement - pourquoi tuer le perso de Cranston a agacé une partie du public.
En réalité, le père Brody survivait dans les premières versions du script, mais, d'après lui, le film se mettait alors à ressembler à "Indiana Jones 3", avec une dynamique trop fun, alors qu'il voulait que ça devienne plus sombre.

Le souci, c'est que dans ce cas, on met en valeur le trauma du fiston.
Ce qu'Edwards n'a pas fait. Taylor-Johnson a été une coquille vide tout le reste du film.

Bobby Kennedy
14/08/2015 à 13:25

Mais ces belles ambitions n'empêchent pas d'avoir un script solide d'un point de vue émotionnel, et auraient été bien mieux servies avec un héros plus intéressant (et je parle même pas de sa femme, vieille ficelle usée de blockbuster, à peine traitée franchement)

Cyprine2015
14/08/2015 à 12:52

Mouais enfin l'idée de Cranston est tellement naze. Sa mort c'est la plus belle idée du film.

C'est à dire rappeler que les humains ne sont rien, que des ombres qui s'agitent en bordure du cadre et ne peuvent rien faire face à une puissance qui les dépasse de loin. Tout le film se consacre aux monstres, avec une intelligence et un respect vraiment beaux.

Et c'est là que c'est génial de ne pas sur montrer Godzilla. On n'est pas dans un nanar genre Pacific Rim ou Transformers, y a de la mise en scène tout simplement. Il hante le film et la pression monte par palier, jusqu'à la dernière demie heure, ahurissante.

rigolax
14/08/2015 à 12:43

Complètement d'accord !
J'ai décroché après la mort de son personnage. J'avais aussi trouvé dommage d'employer une comédienne de la trempe de Juliette Binoche pour la faire disparaitre au bout de 4 minutes de film.....

Trashyboy
14/08/2015 à 12:42

Même si c'éait une erreur, ils auront au moins essayé de surprendre, et ne pas servir la soupe habituelle et larmoyante. Cela dit, sur le coup là, c'était sans doute préférable...

Plus
votre commentaire