Cannes 2015 : Critique Mon Roi de Maïwenn, un téléfilm hystérique sur la Croisette

Simon Riaux | 17 mai 2015
Simon Riaux | 17 mai 2015

Nous avions quitté Maïwenn sur Polisse, Prix du Jury à Cannes, qui avait réuni 2,4 millions de spectateurs. Elle est de retour en compétition avec Mon Roi, récit intimiste d’un amour fiévreux et maladif, dont tente de se défaire une femme broyée par son compagnon.

Son précédent film avait surpris la critique comme les spectateurs, galvanisés par un sujet puissant, en prise avec le quotidien du public. Un dispositif qui masquait partiellement les énormes carences techniques et artistiques de l’entreprise. Privé de l’étiquette « sujet de société pour news magazine », Mon Roi ne peut faire illusion longtemps.

Si la réalisatrice bénéficie ici d’un montage nettement moins lâche que dans ses précédents films, et d’une maîtrise du cadre sensiblement supérieur, on demeure écrasé par l’absence flagrante de découpage, par l’improvisation manifeste de certaines séquences, où le talent des comédiens ne suffit pas à maquiller la structure artificielle de ce drame domestique.

Difficile d’évaluer si la dimension factice de la chose provient de la progression hiératique de l’intrigue, des personnalités et parcours peu crédibles des personnages, ou des failles esthétiques évoquées plus haut, à moins qu’il ne s’agisse d’un savant mélange des trois. Reste que Maïwenn n’a plus alors pour provoquer une réaction du spectateur qu’un seul levier, celui de la turbine hystérique. Toutes les séquences se transforment alors en petit théâtre braillard supposé bouleverser le public, au détriment de toute cohérence ou harmonie du film dans son ensemble.

Et malgré ce déluge de médiocrité où barbotent gaiement Norman, Jean-Marie Banier, ou encore Louis Garrel, Vincent Cassel délivre une performance saisissante. Il est d’ailleurs la seule raison de s’infliger Mon Roi, dont il parvient à sauver des scènes entières. Magnétique, tour à tour brutal et félin, l’acteur semble parfois vampiriser littéralement le métrage et le plier à sa volonté, l’entraîner sur un terrain autrement plus ambigu que le vulgaire docu-fiction M6 pour ménagère. Et l’espace de quelques instants, se dessine la romance dévorante qu’aurait dû être Mon Roi.

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commentaires
Clara
25/05/2015 à 12:27

La demoiselle Maiwenn a prouvé maintes fois ses soucis d' hystérie lors de ses apparitions a la télé, son égocentrisme exacerbé et son manque de talent évident par ses créations barbantes et forcément hystérique, on produit ce que l on est…
Il s ' agit d un pur produit bobo qui fait des trucs bobo pour les bobos tout cela est très cohérent et on ne va pas le lui reprocher.
Par contre voir dans sa critique de la misogynie c est faire preuve soi même de misogynie, car définir une femme par son statut de femme c est ça la misogynie, il se serait agis d' un homme personne n aurait évoqué son sexe pour remettre en question l' intelligence de la critique alors par pitié avant de pousser des cris d' orfraie et de faire des gestes dans tout les sens faites preuve d' intelligence et de subtilité, ça nous changera.

Théo
18/05/2015 à 19:17

Un acteur de cinéma ne peut être bon qu'à la condition qu'il soit filmé par une personne de talent.

George abidbole
18/05/2015 à 19:00

Ayant vue le film hier je confirme le film est bel et bien médiocre ! Aucune prise de risque de la part d une réalisatrice qui ne cherche qu a se mettre en valeur ... Aucune profondeur dans les personnages simple et aux répliques peu travaillé ...

Un misogyne, probablement.
18/05/2015 à 13:19

Julia, j'aime trop ton style, si t'as un blog, vas-y balance.

Sophia
18/05/2015 à 12:32

Non, mais par contre niveau répartie et argument vous êtes assez unique :)

Julia
18/05/2015 à 01:15

D'accord. Je ne poste pas mes commentaires en double.

Sophia
17/05/2015 à 23:55

Ben j'ai pu voir le film, et non, malheureusement c'était pas bon. J'avais beaucoup aimé son Polisse, même s'il était imparfait.
Mais là ça manque beaucoup de subtilité, ce qui est dommage quand on voit la qualité des interpètes (Cassel et Bercot sont géniaux). Ça manque même d'empathie je dirai.
Le film n'est pas mauvais mais pas exceptionnel non plus.

Ah, et stune femme qui vous dit ça. Au cas où. Après on me traitera peut être de traître et d'esclave à la bottes des phallocrates. Mais bon, rien à vous prouver non plus. Montrez vous plus intelligente que ceux que vous houspillez ;)

Sophia
17/05/2015 à 23:55

Ben j'ai pu voir le film, et non, malheureusement c'était pas bon. J'avais beaucoup aimé son Polisse, même s'il était imparfait.
Mais là ça manque beaucoup de subtilité, ce qui est dommage quand on voit la qualité des interpètes (Cassel et Bercot sont géniaux). Ça manque même d'empathie je dirai.
Le film n'est pas mauvais mais pas exceptionnel non plus.

Ah, et stune femme qui vous dit ça. Au cas où. Après on me traitera peut être de traître et d'esclave à la bottes des phallocrates. Mais bon, rien à vous prouver non plus. Montrez vous plus intelligente que ceux que vous houspillez ;)

Julia
17/05/2015 à 18:43

@Ponchorello : la grogniasse, elle te proposerait une pipe tu changerais tout de suite de ton. Tous les les mecs sont pareils. Des grandes gueules derrière leur ordi, des petites bites dès que tu les vois nus. Je ne vais pas perdre mon temps à t'éduquer, tu dois être un mec qui s'est paluché sur les culottes de sa mère, tu devrais voir un psy. Bref, pour en revenir au film et ne pas m'abaisser à te casser, Michel Ciment c'est pas le monsieur qui disait que Amistad était le meilleur Spielberg ? Alors après, son avis, je m'en fiche un peu pour être honnête. J'irai voir le film en salle, comme des millions de français, et ça fera les pieds aux critiques qui ne servent à rien si ce n'est alimenter la revue de presse d'allo-ciné.

Maï Weng Weng
17/05/2015 à 18:37

En effet, au-delà de la personnalité (disons, discutable) de l'intéressée, on peut tout simplement juger ses films pour ce qu'ils sont : hystériques, mal foutus, mal écrits, interprétés à la truelle, nombrilistes et d'une profondeur psychologique digne d'un épisode de Confessions Intimes.
Il n'y a rien de machiste dans ce constat.
Juste du bon sens.

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