Films

Mon roi : critique

Par Simon Riaux
20 octobre 2015
MAJ : 27 octobre 2022

Nous avions quitté Maïwenn sur Polisse, Prix du Jury à Cannes, qui avait réuni 2,4 millions de spectateurs. Elle est de retour en compétition avec Mon Roi, récit intimiste d’un amour fiévreux et maladif, dont tente de se défaire une femme broyée par son compagnon.

Mon roi : photo, Vincent Cassel

Son précédent film avait surpris la critique comme les spectateurs, galvanisés par un sujet puissant, en prise avec le quotidien du public. Un dispositif qui masquait partiellement les énormes carences techniques et artistiques de l’entreprise. Privé de l’étiquette « sujet de société pour news magazine », Mon Roi ne peut faire illusion longtemps.

Si la réalisatrice bénéficie ici d’un montage nettement moins lâche que dans ses précédents films, et d’une maîtrise du cadre sensiblement supérieure, on demeure écrasé par l’absence flagrante de découpage, par l’improvisation manifeste de certaines séquences, où le talent indiscutable des comédiens et de celle qui les dirige ne suffit pas à maquiller la structure artificielle de ce drame domestique.

 

photo

 

Difficile d’évaluer si la dimension factice de la chose est le fruit de la progression hiératique de l’intrigue, des personnalités et parcours pas toujours crédibles des personnages, ou des failles esthétiques évoquées plus haut, à moins qu’il ne s’agisse d’un savant mélange des trois. Reste que Maïwenn n’a plus alors pour provoquer une réaction du spectateur via un unique levier, celui de la turbine hystérique. Toutes les séquences se transforment alors en petit théâtre braillard visant à bouleverser le public, au détriment de toute cohérence ou harmonie de l’ensemble.

Et malgré ce déluge de médiocrité où barbotent gaiement Norman, François-Marie Banier, ou encore Louis Garrel, Vincent Cassel délivre une performance saisissante, tout comme Emmanuelle Bercot. Il sont d’ailleurs la seule raison de s’infliger Mon Roi, dont ils parviennent à sauver des scènes entières. Magnétique, tour à tour brutaux, félins, les acteurs semblent parfois vampiriser littéralement le métrage et le plier à leur volonté, l’entraînant sur un terrain autrement plus ambigu que le vulgaire docu-fiction M6 dépressif. Et l’espace de quelques instants, se dessine la romance dévorante qu’aurait dû être Mon Roi.

 

Affiche

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Encore une fois, la réalisatrice tente le coup du grand huit émotionnel mais transforme son récit en petit théâtre hystérique et artificiel.

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diez

Le genre que je deteste par dessus tout au cinéma, la vie d’un couple avec les hauts et les bas. Pourtant, Maiwenn est une directrice d’acteur hors pair. Ainsi, elle pousse le talent de Cassel et Bercot dans ce qu’il a de plus spontané et sauvage. La reussite du film tient sur cette folle romance au montage brillant et a la realisation bien plus maitrisée que Polisse. Remarquable et intense moment de cinéma.