Cannes 2015 : on a vu le surprenant Tale of Tales

Chris Huby | 15 mai 2015
Chris Huby | 15 mai 2015

Voilà un genre que l’on n’attendait pas de la part du metteur en scène de Gomorra et Reality. Alors que ces derniers longs métrages proposaient une version hyper réaliste de la société italienne, le réalisateur italien revient à Cannes avec un objet filmique assez rare, gothique et mégalo, proche du cinéma d’Alejandro Jodorowsky, et qui tente le pari de proposer une relecture de l’univers original des contes.

Trois histoires médiévales se mélangent ainsi, naviguant entre un fantastique signifiant et une cruauté lorgnant vers une narration noire et ancestrale, très européenne, que l’on voit de moins en en moins sur les écrans. Les plans et la photo extrêmement travaillés soutiennent de sombres contes amoraux au premier abord. Ils ont pour point commun la manipulation à l’intérieur des familles et l’utilisation égocentrique du pouvoir des seigneurs sur leurs peuples.

 

 

Plusieurs thématiques chères au réalisateur reviennent toutefois s’installer tout au long de son dispositif. Le mensonge, la trahison, l’apparence, ou encore le cannibalisme, symbole d’un pouvoir archaïque. On y décèle aussi une réflexion sur le féminin et le masculin qui s’entrechoquent au cours des existences parcourues par les divers protagonistes.

Magnifique allégorie du présent, Tale of Tales reste dans les esprits longtemps après la vision. Le symbolisme présent à chaque image est un régal pour l’œil du connaisseur. C’est une parfaite illustration de ce que peut faire un auteur de la trempe de Matteo Garrone pour peu qu’on lui donne les moyens. Servi par un prestigieux casting international, de Salma Hayek à John C. Reilly en passant par Vincent Cassel, il en ressort une œuvre complexe et ambitieuse qui devrait toucher les plus curieux des spectateurs. A découvrir absolument.

 

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