Ecran Large est de retour sur la Croisette pour l’édition 2024 du Festival de Cannes, en partenariat avec Métal Hurlant. Et c’est l’heure de revenir sur Furiosa : Une saga Mad Max, le prequel tant attendu de Fury Road par George Miller, présenté hors-compétition.
Métal Hurlant nous accompagne à Cannes cette année, dans notre exploration des sélections hétéroclites du festival. Au travers de récits de bande dessinée et d’articles sur l’actualité culturelle, Métal Hurlant développe avec éclectisme, dans quatre numéros par an, un imaginaire sans aucune limite. Une ligne éditoriale totalement en accord avec la soif d’expérimentations et de découvertes du Festival de Cannes.
Neuf ans après le monument Mad Max : Fury Road, déjà présenté à Cannes hors-compétition, George Miller est de retour avec Furiosa, prequel sur le personnage de Charlize Theron, cette fois incarné par Anya Taylor-Joy, accompagnée de Chris Hemsworth. On espérait que le cinéaste australien continue sur sa lancée de chefs-d’œuvre après 3000 ans à t’attendre. On a eu raison d’espérer.
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On entame notre série de critiques-shorts en partenariat avec @_MetalHurlant par le plus métal des films de Cannes : #Furiosa ! pic.twitter.com/kYfWrX9roQ— Ecran Large (@EcranLarge) May 16, 2024
Furiosa n’est pas Fury Road, et c’est tant mieux
De quoi ça parle ? Durant sa jeunesse, Furiosa est arrachée de la Terre Verte par les fidèles du redoutable Dementus, bien décidé à prendre le contrôle de la Désolation. Tandis qu’il affronte Immortan Joe, Furiosa essaie de survivre pour mieux se venger.
C’était comment ? Pour l’auteur de ces lignes, Mad Max : Fury Road n’est pas seulement un grand film. C’est une œuvre fondatrice, de celles qui marquent leur époque, et la cinéphilie de ceux qui ont pu croiser son chemin. Si ce projet de prequel avait tout pour exciter depuis son annonce, la moindre baisse de régime par rapport à son modèle aurait pu se transformer en retour de bâton cinglant et disproportionné.
Sans doute conscient de ce défi, George Miller a approché cet appendice de la meilleure des manières. D’un côté, Furiosa s’inscrit visuellement et thématiquement dans la continuité démente de Fury Road, au point où quelques secondes suffisent pour accepter Anya Taylor-Joy (géniale d’intensité) dans le rôle de la future Imperator. Dans l’un de ses principaux morceaux de bravoure (une course-poursuite autour d’un fourgon blindé), le film convoque le meilleur du quatrième opus et du climax de Mad Max 2, avec une inventivité qui décroche la mâchoire.
De l’autre, le cinéaste ne cesse de prendre le contrepied de son précédent épisode. Là où Fury Road tenait à sa temporalité réduite et à la frénésie de son aller-retour ininterrompu, Furiosa est une véritable épopée, s’étalant sur plusieurs décennies au travers d’un chapitrage hérité des contes de 3000 ans à t’attendre.
George Miller avait déjà fait de son héroïne une Walkyrie de l’Apocalypse. Il est logique qu’il l’inscrive dans une saga, au sens originel du terme (récit fictionnel et mythologique nordique). Cette fois, c’est d’ailleurs un History Man, un vieux sage à la connaissance encyclopédique, qui se charge de nous raconter l’histoire de la guerrière, et sa quête de vengeance mûrement façonnée au fil des ans.
Etre à la hauteur
Ce temps long, en apparence moins galvanisant que l’hyperactivité de Fury Road, s’avère pourtant essentiel pour saisir toute la tragédie du parcours de Furiosa, et sa manière de synthétiser celle de la Désolation tout entière (ou Wasteland en VO). De ce côté-là, Miller retourne vers l’exubérance cosmique d’Happy Feet 2, à lier l’infiniment grand et l’infiniment petit dans un travelling partant de l’espace jusqu’au désert australien.
C’est l’autre donnée esthétique fondamentale du long-métrage. Fury Road était une œuvre de l’horizontalité, où la ligne entre ciel et terre marquait le tracé des mythes et des destins au cœur d’une page blanche (enfin, jaune et bleue). Furiosa est, pour sa part, beaucoup plus vertical, rempli de dunes que les véhicules essaient tant bien que mal de gravir.
On connaît George Miller pour ses relectures savantes de symboles mythologiques. Si une pomme de la Terre Verte déclenche l’élément perturbateur de la narration, cette scénographie de l’ascension rappelle avant tout Sisyphe et son rocher, voué à toujours retomber en bas de sa montagne. Dans cet environnement désolé, privé de biosphère, les transferts d’énergie n’ont plus rien de naturel. Tout est violence et rétribution, cycles de vie et de mort insatisfaisants dont les justifications finissent par s’oublier, au point où Miller fait le choix, volontairement décevant, de résumer en un court montage un élément majeur de sa chronologie.
Là réside le véritable combustible (sans mauvais jeu de mots) de ce geste cinématographique. Si le Wasteland reflète un néant spatial, c’est peut-être pour mieux y projeter l’importance du temps qui le traverse. Voilà le vrai cycle, la vraie biosphère de ce territoire : sa capacité à engendrer des histoires et des mythes, à faire tourner à plein régime un imaginaire qui scotche par son sens du détail.
Bien sûr, Furiosa s’amuse à amplifier de nombreux éléments de Fury Road (dont la Ferme à Balles et Pétroville, uniquement cités dans le précédent film), mais ce n’est pas juste pour mettre un coup de projecteur sur le hors-champ du passé. Ces images créent à leur tour d’autres angles morts, dans un assemblage de poupées gigogne vertigineux. Immortan Joe, Rictus ou encore le Mangeur d’hommes sont de la partie, et marquent d’ailleurs à quel point les rapports de pouvoir – autre élément vertical – ne sont pas si différents de ceux de Fury Road. Ce qui se déploie, en revanche, c’est la désillusion progressive de son héroïne envers l’espèce humaine.
Immortan George
Moins œuvre féministe que nihiliste, le long-métrage fascine par sa manière d’embrasser sa nature de prequel désenchanté, surtout lorsqu’on sait que l’objectif de Furiosa (retourner à la Terre Verte) est voué à l’échec. Par une idée visuelle brillante qui raccroche les wagons avec le film suivant, une carte d’étoiles, boussole spatiale et morale du personnage, finit par être abandonnée.
C’est peut-être aussi pour cette raison que la mise en scène de Miller évolue, tout en continuant de mettre à l’amende la concurrence dans le domaine du grand spectacle (seule micro-ombre au tableau, Junkie XL ne s’est pas foulé pour renouveler la musique du précédent film). Le sens du découpage et du montage du réalisateur se révèle toujours aussi précis et nerveux, mais les outils du numérique lui permettent également quelques prises plus longues, où la caméra tournoie autour des protagonistes pour en faire le centre de gravité de l’action.
En les inscrivant plus que jamais dans l’immensité du désert qui les entoure, de nombreuses questions émergent : comment trouver sa place dans un espace qui n’a plus rien à offrir ? Comment écrit-on sa légende dans le néant ? Est-ce que, finalement, ces âmes qui se battent pour un sens à leur existence ne sont pas tous des “Déjà-Morts” ? Cette merveilleuse expression, prononcée par le méchant Dementus, inscrit Furiosa dans un désespoir bouleversant. Pas étonnant que Chris Hemsworth tire son épingle du jeu avec son rôle de biker sanguinaire et cabotin. Alors qu’il trépigne tout du long d’un bord à l’autre du cadre, il est contraint, comme tout le monde, à l’introspection.
De retour à l’infiniment petit après avoir développé son univers, George Miller compose un final d’une intimité renversante. Sisyphe est de nouveau en bas de la montagne, et pour détourner les termes d’Albert Camus, il est difficile d’imaginer Furiosa heureuse. Mais que reste-t-il, si ce n’est d’essayer encore et encore de gravir le sommet, ou de s’échapper en War Rig ? Une chose est sûre, il faudra encore de nombreux visionnages pour ne serait-ce que caresser la richesse du nouveau chef-d’œuvre de George Miller.
Et ça sort quand ? En France, le film sort le 22 mai au cinéma.
Beaucoup de film jouissent d’une certaine ora, car ils sont des prouesses technique ex Avatar 2, Mad Max Fury Road. Mais ce n’est pas le cinéma que j’ai envie de voir où l’intérêt réside à une succession de vignettes aussi belles soit elle. Pour moi c’est avant tout un récit captivant, et quand on regarde les derniers blockbusters on a l’impression que les scénaristes sont encores en grève.
Je réserve en IMAX ! , d’office avec mes amis ! Puis resto , soirée réussie garantie !
@Riddick : Prudence sur la route !
@dentscie
Oui c’est une origin story
Est-ce qu’on peut comprendre le film si on a vu aucun Mad Max ?
Coppola s’est apparemment loupé, mais on aura un grand film quand même à se prendre dans la tronche alors. Pas fâché que ça soit Miller qui calme tout le monde. Ce réal est l’un des plus sous coté de l’histoire, pourtant quand on voit son savoir faire, c’est un monstre du niveau de Carpenter (à son top) selon moi.
Arghhhh j’en peu + d’attendre et trop contente que ce soit réussi, Miller a 80ans c’est un visionnaire
Bon, même si je boycotte les films d’action avec persos féminins je penser aller voir celui-ci histoire de voir si on a vraiment un perso féminin crédible genre trinity, ripley, sarah connor ou une énième chienne de garde dans un film de propagande féminazi dans l’air du temps avec tout le tralala nanani nanana fake et particulièrement hypocrite genre metoo et les idéaux de modernité qui vont avec. Le féminisme bourgeois ne tient pas compte des souffrances ailleurs dans le monde. Les stars d’hollywood ou du cinéma français ne se privent pas d’extensions capillaires qui proviennent de femmes dans la misère, Bangladesh, inde, pakistan etc. et qui vendent leurs cheveux pour manger. Le progressisme de beaucoup est téléguidé et totalement artificiel. Ah là là, les planmarshallisés et leurs obsession pour la pilule bleue.
De toute façon, quel fou a osé douter de George Miller ?
Bon, maintenant, j’attends la même nouvelle en début de semaine concernant le Costner !
FURIOSA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!