Moonrise Kingdom : conférence de presse

Simon Riaux | 16 mai 2012
Simon Riaux | 16 mai 2012
La première conférence de presse du 65ème Festival de Cannes valait au moins autant pour le film qui y était défendu, Moonrise Kingdom, que la brochette d'artistes venus répondre aux questions de journalistes du monde entier. Le réalisateur Wes Anderson, Bruce Willis, Bill Murray, Tilda Swinton, Edward Norton et Bob Balaban avaient fait le déplacement, encadrant les jeune stars du film, Kara Hayward et Jared Gilman.

Du beau monde donc, pour nous révéler quelques secrets de fabrication d'une œuvre qui aura su toucher la Team EL au cœur. L'assistance était aussi excitée qu'émue par les comédiens présents, mais sans doute moins que les stars adolescentes du métrage, visiblement impressionnées. L'occasion pour Jared Gilman de revenir sur l'aide que lui apportèrent Bill Murray et Willis durant le tournage.

« Bill m'a appris à nouer une cravate. Il se trouvait toujours à proximité, avait toujours un œil sur nous, était toujours là pour nous conseiller. Et donc, il m'a appris à faire mes nœuds de cravate avec beaucoup de précision. »

Une perche que l'artiste, visiblement en grande forme, ne manqua pas de saisir au vol : « Mais c'était du temps perdu, puisque tu n'en a pas mis aujourd'hui. Je me demande bien à quoi tout cela a servi. »

Amusé, le jeune homme lui répond avec malice : « Tu m'as aussi beaucoup aidé à travailler ma voix. » Avant de poursuivre : « J'ai rencontré Bruce avant le tournage, et il m'a donné plein de trucs pour favoriser la mémorisation du texte. »

Interrogé sur le sentiment d'une société en pleine mutation, impression prégnante tout au long du film, qui se déroule pendant les années soixante, Wes Anderson apporta quelques pistes de réflexion. « Je n'y ai pas tellement pensé en faisant le film, même si c'est bel et bien là. Par contre, il y a quelque chose qui illustre aujourd'hui les métamorphoses alors sur le point de se produire. À l'époque où se passe le film, on ne pouvait quitter l'île ou la rejoindre qu'en bateau, éventuellement en avion. Durant les années 70, on a entamé la construction d'un pont. Aujourd'hui, l'endroit est devenu une banlieue de Newport. Rien n'avait changé pendant plus d'un siècle, et soudain, des magasins, des néons, des routes et des maisons de vacances sont arrivées. »

Enfin, il fut demandé au réalisateur de nous dire quelques mots au sujet de sa volonté de tourner en Super 16mm, pellicule de plus en plus rarement utilisée, et dont l'artiste tire toute al quintessence, notamment grâce à un étalonnage qui en sublime le grain et les teintes. « C'est la première que j'utilise cette pellicule, du Super 16mm, et cette caméra. Je pense que cela doit rester une option, et qu'il faut s'en servir, même si on a le sentiment que ça devient compliqué. Technicolor ne veut plus utiliser ce genre de support, il y a des problèmes de stabilité, réussir à obtenir l'image qu'on veut est un processus délicat et complexe, qui peut être vu comme un problème ou une source de dépense supplémentaires. Mais à mon avis, on ne doit pas s'arrêter sur ce problème, et réfléchir à comment utiliser le support, simplement continuer à tirer parti de la multitude d'options qui s'offrent à nous. »

 

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