Poséidon, premières impressions

Stéphane Argentin | 28 avril 2006
Stéphane Argentin | 28 avril 2006

Hier, jeudi 27 avril 2006, avait lieu une « projection exceptionnelle des premières images de Poséidon » (dixit le carton adressé à l'ensemble de la presse), soit en réalité un aperçu d'une vingtaine de minutes, correspondant peu ou proue au début du film. Une bonne manière de se faire une idée un peu plus précise par-delà les nombreuses bandes-annonces même si, en l'état, certains effets spéciaux n'étaient pas encore totalement peaufinés comme le précisait le réalisateur Wolfgang Petersen dans une petite introduction vidéo.

Cette « preview » (comme les appellent les américains) confirme tout d'abord et sans surprise la réappropriation à la lettre du cheminement narratif du long-métrage original de 1972, L'Aventure du Poséidon, classique parmi les classiques du film catastrophe. Mais après tout, comment aurait-il pu en être autrement puisque la trame de ce type de production demeure uniformément inchangée : présentation des personnages, drame, puis survie au milieu du chaos. Ces 20 premières minutes de Poséidon suivent donc les traces de son prédécesseur tout en confirmant une certitude déjà acquise depuis fort longtemps : Wolfgang Petersen est assurément l'un des deux meilleurs cinéastes en matière de drames aquatiques à grand spectacle (le second étant bien entendu James Cameron).


Ainsi le Poséidon de Pertersen s'ouvre-t-il sur un long et majestueux plan-séquence débutée en immersion avant de faire le tour complet du navire alors que les crédits du film apparaissent à l'écran. Simple (encore que le coût en effets spéciaux pour un tel plan doit être fort sympathique), efficace (un peu too much diront certains), cette entrée en matière a le mérite de présenter d'entrée de jeu le lieu du futur drame et de replacer ledit paquebot de luxe dans son contexte : une petite mouche au milieu de l'immensité de l'océan. On se dit alors immédiatement que pareil plan a déjà été fait dans le Titanic de James Cameron et que la suite va souffrir la comparaison mais il n'en est rien, ou presque.


Le tour du propriétaire étant fait, la présentation de ses occupants peut alors débuter, entre les talents confirmés (Kurt Russell, Richard Dreyfuss) et les jeunes nouveaux (Jacinda Barrett, Emmy Rossum), sans oublier bien sûr le gamin (comme dans le film de 72), tous avec leurs casseroles et leurs caractères (on se remémorera ici le Ernest Borgnine flic – râleur invétéré de L'Aventure du Poséidon) mais sans pour autant rentrer dans le stéréotype, soit des psychés qui prédétermineront leurs réactions à venir face au drame. Le drame justement qui fait basculer non seulement le paquebot mais aussi le récit dans le cœur du sujet marquait également la fin de cette preview et nous rassurait donc pleinement sur l'épée de Damoclès qui planait au dessus de ce remake : Titanic, nouvelle référence du genre en matière de drame catastrophique et aquatique.


Ledit retournement par une gigantesque lame de fond est en effet proprement sidérant, aussi bien sur un plan purement visuel avec une impression de masse et de gigantisme à couper le souffle (comme quoi une utilisation judicieuse du numérique peut démultiplier la force dramatique d'une scène déjà particulièrement marquante 35 ans plus tôt), mais aussi et surtout sur un plan humain avec la présence de nombreux cadavres projetés tels des fétus de paille de part et d'autres, à l'extérieur du navire aussi bien qu'à l'intérieur, à mesure que le paquebot chavire. Les lumières du jadis luxueux édifice s'éteignent alors que celle de la salle se rallume au terme des 20 minutes, juste avant que ne débute le véritable enjeu du film : une course pour la survie.


Reste désormais à savoir si, avec une durée annoncée de 1h38 sur le dossier de presse (contre 1h57 pour la version de 1972), quelques personnages ne risquent pas d'être sacrifier un peu trop vite sur l'hôtel du montage, comme c'était notamment le cas dans cette première partie où la présentation d'Elena par exemple, passagère clandestine interprétée par la toujours aussi radieuse Mia Maestro (la demi-sœur de Jennifer Garner dans Alias), était un peu vite expédiée. Mais peut-être manquait-il là quelques scènes dans cette preview où le grand spectacle le dispute au drame humain sous les meilleurs hospices qui pourraient bien nous faire retrouver le Wolfgang Petersen de la belle et grande époque de son chef d'œuvre absolue : Das Boot. Affaire à suivre donc le 12 juin dans les salles (et quelques jours avant pour la presse).


Au terme de cette preview, un press kit électronique contenant près de 60 clichés du film était remis aux personnes présentes. Pour découvrir l'ensemble de ces photos, direction notre galerie dédiée.

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