Dracula : promis, le film Blumhouse sera différent et plus fidèle au livre

Marion Barlet | 10 juin 2020 - MAJ : 25/06/2020 15:54
Marion Barlet | 10 juin 2020 - MAJ : 25/06/2020 15:54

Dracula a été adapté en long, en large et beaucoup de travers au cinéma, mais cette fois, le film sera fidèle au texte, promet la réalisatrice.

Le personnage est une référence de la culture populaire et a été sacralisé dans le roman de Bram Stoker, à la fin du XIXe siècle. Sur le modèle épistolaire, l'écrivain a narré le parcours sanguinaire du comte, de sa Transylvanie natale à l'Angleterre victorienne et corsetée. L'ouvrage est passé sous la loupe psychanalytique, avec Éros et Thanatos en concepts clefs, et sous l'oeil de cinéastes, qui se sont réapproprié le mythe. 

À la frontière entre le livre, les récits traditionnels et la modernisation du personnage, les films ont présenté une farandole de visages draculiens. En référence directe au livre, le film Le Cauchemar de Dracula, de Terence Fisher avec Christopher Lee dans le rôle titre, proposait une version ultra-gothique du comte de Stoker. L'autre immense film est celui de Francis Ford Coppola, avec Gary Oldman en suceur de sang et amant désespéré ; cette version sublime et rougeoyante est l'une des plus fidèles au roman, tout en s'en distinguant par l'approche psychologique du comte. 

 

Photo Christopher LeeChristopher Lee très crédible 

 

Inégalable, le Dracula de Coppola l'est d'autant que les récentes créations n'ont pas volé très haut. Dracula Untold de Gary Shore avec Luke Evans a laissé sceptique, avec son comte sentimental, ennuyeux et sans poésie vampiresque, guère soutenu par une intrigue neuneu et lénifiante (notre critique est ici). Du côté sériel, le Dracula de la BBC et de Netflix est apparu comme une jolie tentative, hyper référencée... au point de se perdre un peu dans ses hommages et son envie de tout dire. 

Le rapport à la fidélité du texte n'est pas un gage vertueux - chacun adapte comme il veut - mais doit être précis dans la tête du réalisateur avant qu'il ne se lance. Pour Karyn Kusama, qui proposera sa vision filmique de Dracula chez Blumhouse, le célèbre vampire ressemblera à sa version papier. Dans The Kingcast, elle a présenté clairement sa position.

 

photoLuke Evans très crédible... en personnage de Game of Thrones

 

"C'est une adaptation assez fidèle du roman de Bram Stoker. Je pense que quelque chose a été négligé dans les adaptations de Dracula par le passé : c'est l'idée de la multiplicité des voix. Le livre est truffé de points de vue différents. Et le seul point de vue auquel nous n'avons pas accès, c'est celui de Dracula lui-même. D'une certaine manière, ce sera une adaptation qui s'appellera Dracula, mais ce ne sera peut-être pas le genre de héros romantique qu'on a pu voir dans le passé, dans les interprétations passées de Dracula."

Pour la réalisatrice, il s'agit de débarrasser le vampire d'une sentimentalité qui n'est pas propre au roman, puisque le comte est vu à travers le regard des autres protagonistes. Pas de sentimentalisme ni d'humanisation pour Dracula, semble-t-il, dans l'adaptation que veut en faire Karyn Kusama, à la filmographie en dents de scie : le bizarre Aeon Flux, le sympathique Jennifer's Body, l'excellent The Invitation et le flop Destroyer. Du moins, seulement pour les films, la réalisatrice ayant travaillé sur plusieurs séries dont The Man in the High Castle, Halt and Catch Fire et récemment The Outsider.

Matt Manfredi et Phil Hay ont été engagés pour le scénario, mais on ignore quel acteur incarnera le comte. Quoi qu'il en soit, la Blumhouse continue de transmettre l'amour du frisson et d'offrir à des cinéastes les conditions d'un film qui tient la route, comme le dernier Invisible Man de Leigh Whannell, dont la critique est ici

 

photoBon courage Karyn Kusama 

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commentaires

Camille
11/06/2020 à 23:05

Question tout à fait sérieuse. Que penseriez-vous avec cette période sociale très "troublée" d'un Dracula non "blanc" ? Pensez-vous qu'une histoire cohérente pourrait être mise en place ? Après tout avions nous la certitude que Vlad était blanc comme neige ?

Guigui2000
11/06/2020 à 13:20

@darkpopsoundz c'est juste que je trouve ça toujours dommage une analyse qui se veut profonde avec une grosse faute de français dedans. Alors je ne vais pas relancer le débat sur la forme et le fond, mais c'est vrai qu'un peu de relecture ne fait pas de mal, parce que j'ai justement cru à première vue que l'on parlait de conte de fée (ce qui au vu de la puissance formelle et du romantisme du film de Coppola pourrait se défendre, d'ailleurs.)

darkpopsoundz
11/06/2020 à 09:36

@Guigui2000 : à ce compte-là on nous conte le conte du comte, on va pas en faire tout un comté! :P

Guigui2000
11/06/2020 à 08:18

@ecranlarge quand vous parlez de "l'approche psychologique du compte" c'est une référence à son compte en banque ?

Arf
10/06/2020 à 23:29

Et en bd je vous recommande vivement l’adaptation bd de Dracula par Georges Bess. Un bijou.

KastorSuper
10/06/2020 à 16:50

Je viens d'acheter et de lire le livre, le film de Coppola est globalement très fidèle et restitue parfaitement l'ambiance du livre

Adam
10/06/2020 à 15:44

Diantre ! vous n avez pas mis de référence à un univers partagé en titre. Je vous tire mon chapeau.

Pour en revenir à l article, je comptais dire que celle de Coppola était déjà très fidèle au roman a part la romance du comte mais la cinéaste a pensé à la même chose et va la retirer. En ce qui me concerne apres avoir vu la serie Netflix je ne suis pas pressé de voir a nouveau le perso...

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