Wonder Woman : le film DC a donné une bouffée d’oxygène au cinéma féministe selon Céline Sciamma

Marion Barlet | 4 mars 2020 - MAJ : 04/03/2020 18:19
Marion Barlet | 4 mars 2020 - MAJ : 04/03/2020 18:19

Alors que le male gaze est décrié dans le contexte houleux du féminisme, réactualisé par les César, Céline Sciamma encense le Wonder Woman de DC.

Révolue l'époque où les filles devaient rêver sagement enfermée dans leur chambre et dans un tricotage ennuyeux, maintenant la baston c'est pour tout le monde, et la gent féminine compte bien rattraper son retard !

Nos imaginaires sont structurés en partie par les films que nous avons vus enfants et qui nous ont construits, et par ceux qu'on continue de côtoyer dans nos vies d'adulte, et ceux-ci ne font pas la part belle aux femmes dans l'ensemble. La diversité des thèmes et de leur traitement est frappante au cinéma tant elle est rare, et la réalisatrice de Portrait de la jeune fille en feu pointe l'inégalité d'un système d'où émergent quelques rares exceptions.

 

photo, Adèle HaenelActrice dans PortraitAdèle Haenel se casse des César qui récompensent un "pédophile" (sic)

 

Alors que la lutte féministe a pris un coup au flanc suite à la victoire de Roman Polanski pour la meilleure réalisationCéline Sciamma continue sa croisade pour défendre la parité dans l'industrie cinématographique et l'émancipation féminine à travers les films. Membre du Collectif 50/50, qui promeut l'exact équilibre hommes-femmes, la réalisatrice dénonce par ses mots et par ses métrages le problème de la représentation féminine à l'écran.

Si les femmes n'ont pas été exclues des narrations audiovisuelles, leurs rôles et leur complexité sont largement passés à la trappe dans l'histoire du cinéma. Qu'il s'agisse de grands réalisateurs indépendants ou de magnats hollywoodiens, les hommes ont pris en charge une version 2.0 de leurs homologues féminins si l'on en croit ce que draine la notion de male gaze (regard masculin). Des réalisateurs comme Jean-Luc GodardAbdellatif Kechiche ou l'industrie Marvel en général tombent sous la houlette exaspérée des visons uniformes de la femme.

 

photoLa Vie d'Adèle pas Haenel

 

Le but n'est pas de stigmatiser des réalisateurs ni de juger la qualité artistique d'un film, mais de mesurer par l'analyse et les chiffres la sous-représentation objective des femmes et de leur potentiel dans des œuvres de fiction. Le test de Bechdel est un bon indicateur du niveau féministe ou féminicide d'une œuvre, et prend le pouls politique inconscient d'un film. 

Avec son casting et son équipe quasi 100% féminins, Céline Sciamma fait (joliment) tache dans l'univers ultra-masculin du cinéma. Cinéphile et soutien de ses compatriotes de métier, la réalisatrice a tenu des propos enchantés sur Wonder Woman, le blockbuster DC de l'Américaine Patty Jenkins, dans un entretien pour The Independent :

 

Gal gadotyQuand ton personnage féminin a le droit à plus de trois lignes de dialogue

 

« J'ai eu la sensation d'être traitée comme une spectatrice. Wonder Woman pense à moi. Le film pense à mon plaisir, à mes sœurs, à l'histoire du cinéma et à la représentation des femmes. Il nous donne de la joie, mais aussi de la rage. Après on s'interroge : "pourquoi je n'obtiens pas ça plus souvent ?" Maintenant, nous obtenons de plus en plus de choses, car il y a de nouveaux écrits pour les femmes, mais cela provoque un sentiment de dépendance. Une fois que vous le savez, vous le voulez. »

Le film sorti en 2017 représente une drogue qui fait glisser la réalisatrice du film à la réalité, de la joie à la rage, dans une dialectique très despentienne. Le message est clair et se revendique universel (parler à un journal étranger plutôt que français n'est pas anodin) : les femmes ont un besoin dévorant d'arriver à l'indépendance et la complexité dans la fiction, et non plus d'être des fantasmes de vieux réalisateurs d'un autre temps. 

On imagine que Céline Sciamma se rendra au cinéma le 3 juin 2020 pour voir Wonder Woman 1984.

 

photo Wonder Woman 1984

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commentaires

Dudikoff
07/03/2020 à 13:29

Chère Céline
Pour mémoire les héroïnes voir super héros féminines existent depuis longtemps, Wonder woman existait déjà avec Linda Carter, les drôles de dames damaient le pion aux hommes, Super Jaimie également,super girl également, je crois qu'on se perd véritablement plus que l'on ne le devrait

Rose King
05/03/2020 à 16:35

Tiens EL fait un clone des articles sur le sujet, au moins MB a eu la présence d'esprit d'écrire "male gaze (regard masculin)", et de ne pas mettre female gaze, parce que bon en franglais ça fait un peu vulgos de maternelle ou d'humour caca américain, oui seth rogen c'est de toi que je parle ...
Y'a des anglicismes ou des trads forcées d'anglicismes courants on se pose des questions, tellement ri de la navrance des médias qui traduisaient des mots pourtant dans le dico comme "ok boomer" haha mdr

T-Rex
05/03/2020 à 15:26

Et moi qui croyais que le "male gaze" était juste un prout masculin... Merci EL de m'attendre autant de choses sur la société contemporaine...

Rocco l'asticot
05/03/2020 à 12:37

"Pourquoi on obtient pas ça plus souvent?"
Paracerque vous ne vous rendez pas dans les salles de cinéma en masse pour représenter une vrai opportunité financière pour les studios.

Flo
05/03/2020 à 10:59

Elle a toujours été l'arbre qui cache la forêt... mais c'est un comic book movie basique, juste très bien fichu et fidèle à l'identité du personnage. Trop le prendre du point de vue du Symbolisme reste naïf.

Madolic
05/03/2020 à 10:41

Bcp de fragile dans les coms aujourd'hui ^^

Nyl
05/03/2020 à 07:11

Le film qui n'est pas du tout féministe, mais qu'on vend comme tel.
La blague ! J'ai bien ri

White Mâle Cis genre
04/03/2020 à 22:21

une reference ridicule, Wonder je ne sais quoi, c'est juste le moins pire des films " féministes",
et kitschissisme avec les Amazones,
faudrait preciser à ces feministes que les armées d'infographistes au cinoche sont des Mäles blancs et aussi une petite proportion de la communauté Asiatique, tres peu de femmes dans ce milieu,assurment, pointéz vous dans ces start up notamment dans les studios francais et vous allez voir de quoi il retourne
et pour troller ces feministes, les bonnes realisatrices ne reclament pas de quota, vous ne les entendez pas,ex; Kathryn Bigelow, elle s'est faite toute seule, La fille Coppola aussi, meme si elle est aidée par Papa Coppola, elle a son talent propre
Leni Riefenstahl çà c'est une pionniere du cinoche et des documentaire de First level mais probleme pour ces Feministes de 2020: elle est plutôt sympathisant Facho, certainement pas une mollasonne sentimentale qui pleurniche et reclame des quotas,blaclisté apres 45 mais recevant encore des prix prestigieux à Paris vers 38/39 lol
des girouettes ces cineastes contemporains,ils bossent pour l'Establishment et cochent toutes les cases du Prêt à penser

Sharko
04/03/2020 à 22:20

On a pas dû voir le même film. Une héroïne qui vis sur une ile où est réuni le savoir et la connaissance du monde et qu'un homme lui explique les choses les plus banales de la vie parce qu'elle est trop co.nne pour comprendre. C'est loin d’être féminisme(sans oublier le méchant final d'une platitude sans nom).

Babar77
04/03/2020 à 22:07

film d'une nullité abyssale.
Ripley dans Aliens.
Trinity dans Matrix.
etc.
çà oui
mais wonder woman???
C'est pas possible des aberrations pareilles

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