Vahina Giocante (La Blonde aux seins nus)

Laurent Pécha | 21 juillet 2010
Laurent Pécha | 21 juillet 2010

La Blonde aux seins nus, c'est Vahina Giocante. L'actrice rend d'ailleurs un bel hommage au titre du film de Manule Pradal. Mais elle est aussi là pour rappeler à ceux qui s'égarent que le film est avant tout une histoire romantique singulière. Rencontre trop furtive avec l'une des plus belles actrices que la France peut nous offrir de nos jours. 

 

Comment se fait le choix du film : pour l'histoire ou pour les retrouvailles avec Manuel Pradal qui vous avait lancé dans Marie Baie des Anges ?

Les deux : ça faisait un moment que j'avais envie de retrouver Manuel. Donc ça a beaucoup aidé. Après je trouve que le scénario et le personnage sont magnifiques. Le film s'inscrit dans la continuité de notre travail... C'est deux facteurs déterminants.

 



Qu'avez-vous aimé dans le personnage ?

C'est un personnage qui a une quête de liberté profonde, absolue, entière. Elle a une fraîcheur, elle a quelque chose qui fait qu'avec elle on a l'impression que tout est possible. Le fait d'interpréter des personnages ça nourrit car on a effectivement l'impression que tout est possible. C'est comme si c'était un petit oiseau, un petit chat qui peut retomber sur ses pattes tout le temps... Et puis elle est très solaire, et c'est toujours agréable de jouer ce genre de personnage. Même si c'est un film initiatique où il y a une évolution, elle va aller vers la gravité, la profondeur mais toujours en gardant cette lumière.

Sur le papier, il est très dur de croire aux choix que fait ce personnage...

Le choix des deux autres acteurs est fondamental : ils sont extrêmement attachants. Elle aussi, il y a un contexte à la base : elle n'est pas forcément heureuse dans sa vie, elle dit qu'elle est accrochée devant des tableaux depuis sa plus tendre enfance, elle a un rapport avec son père qui est quand même pas des plus faciles. Il y a une faille, un manque qu'il faut combler... Elle veut trouver autre chose. Et puis il y a ces deux frères qui représentent un monde tellement éloigné du sien que ça la fascine. On est généralement attiré ou on rejette ce qui est très éloigné de nous. En l'occurrence, c'est de la fascination et de l'attraction. Et puis il y a une histoire d'amour qui doit se vivre ; c'est un trio amoureux improbable.


 

Le film se déroule sur l'eau, avec des enfants et des animaux... Tout ce qu'il faut a priori éviter pour qu'un tournage se déroule bien !

On a cumulé : il y a un enfant, des chats, et ça se passe sur l'eau. Je ne suis spas tout à fait d'accord avec ça. L'eau est un élément qui donne un angle de vue très différent et très onirique. Ca donne un rythme, une lenteur. Pour moi, quand on voit un film ça doit être un voyage : il faut qu'on en ressorte avec la sensation d'avoir vécu une aventure aux côtés des personnages, même si ça reste dans une pièce close. Là c'est marrant, c'est une sorte de huis clos mais toujours en mouvement. Il y a plein d'ambivalences et de paradoxes dans ce film : le fait de faire une cavale en péniche, avec un rythme très lent, c'est une idée très cinématographique que je trouve vraiment géniale.

Concernant les enfants, on ne peut pas mentir ou tricher avec eux. Etre acteur demande parfois d'être assez égocentré. En étant avec des enfants, on sort de cet égocentrisme qui ne sert à rien et qui est puéril pour aller vers le partage, vers l'écoute, vers un don total de soi pour essayer de tirer le meilleur en essayant de faire naître une réalité dans quelque chose qui ne l'est pas. C'est ça qui est magique avec les enfants.

Et puis les animaux ce n'était pas une partie de plaisir parce que les chats griffent... C'est des chatons donc bon...

 

 

Le tournage sur une péniche rappelle quelque peu l'Atalante...

La référence que Manuel m'avait donné sur ce film c'était plus Nos Années sauvages de Wong Kar-Wai. Il voulait une atmosphère à la fois confinée, lourde, pesante et en même temps sauvage, sensuelle, solaire. Il y a vraiment ce paradoxe là dans le film. Et puis Manuel est quelqu'un qui aime magnifier la réalité, les visages, les lieux...

 

 

Retranscription par Pierre-Loup Docteur

Autoportrait de Vahina Giocante

 

 
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