Rowan Atkinson (Johnny English)

Didier Verdurand | 25 janvier 2005
Didier Verdurand | 25 janvier 2005

Immense star en Grande-Bretagne, Rowan Atkinson est plus connu dans le reste du monde grâce à Mr Bean, personnage créé en 1989 qui donna naissance à une série du même nom diffusée dans près de 80 pays. Le long-métrage qui lui a été consacré en 1997 a rapporté plus de 237 millions de dollars rien que pour son exploitation mondiale en salle. Il est de retour cette année avec Johnny English, qui n'est autre qu'un agent secret britannique qui sauvera son pays d'un terrible ennemi qui veut s'emparer de la couronne anglaise. Cet ennemi, français, est interprété par un John Malkovich hilarant. C'est au Plazza Athénée à Paris que Rowan Atkinson s'est prêté avec gentillesse, sérieux et humour au jeu des questions / réponses. Mais rapidement, pour ne pas rater son Eurostar à cause des grèves !

Etes-vous toujours attiré par Hollywood, où vous avez tourné Bean (le film) et qui a produit le très réussi Rat Race (inédit en France) dans lequel vous aviez l'un des rôles principaux, aux côtés de John Cleese, Whoopi Goldberg, et Cuba Gooding Jr. entre autres ?
J'aime beaucoup Los Angeles, plus que l'univers d'Hollywood. Parce que j'aime surtout l'idée qu'on peut produire de gros films ailleurs que là-bas. Johnny English est une grosse production, et c'est un privilège de l'avoir tourné à Londres.


Quel est le budget ?
Je ne suis pas supposé le dire, mais il a coûté plus du double de Bean, dont le budget avoisinait les 15 millions de dollars. Cela fait partie du plaisir que procure une collaboration avec Working Title, qui peut accéder à de gros budgets (Working Title, plus importante société de production britannique a produit 4 mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et Le journal de Bridget Jones pour ne citer qu'eux, Ndlr.).

Votre James Bond préféré ?
Je les aime tous pour différentes raisons. La majorité répondrait Sean Connery, mais j'aime aussi Roger Moore pour de mauvaises raisons ! Quand je travaillais sur Johnny English, je me demandais comment 007 réagirait à la place de Johnny, et je pensais toujours à Roger Moore ! Il avait un humour qui me touchait. Mais je respecte énormément Pierce Brosnan, car c'est tellement difficile d'être Bond après tant d'aventures ! 007 a été inventé dans les années 50 et Pierce était un gamin en ce temps. Les premiers Bond étaient ancrés dans leur époque, maintenant c'est plus difficile.

Même si les films ont été fait à peu près dans la même période, à la vision de la poursuite en voiture de Johnny English, on pense irrémédiablement à celle de Matrix Reloaded…
J'ai toujours voulu faire une poursuite en voiture, mais comique ! Bien sûr, nous n'avions pas le budget de Matrix Reloaded, nous n'avons pas construit une autoroute, mais je pense que c'est tout de même une des meilleures scènes du film ! Je ne l'ai pas vu, mais je trouve remarquable tout ce qui se passe autour de ce film, les gens fantasment tellement dessus ! Johnny English est à 1000 lieux de cela, ce qui est aussi une force dans son genre, et la raison sans nul doute de son carton en Grande-Bretagne !


Vous êtes consommateur de DVD ?
J'en ai quelques-uns, mais je ne suis pas collectionneur comme certains J'achète surtout les vieux films, que l'on peut revoir avec une qualité optimale. Je ne suis pas très friand de films contemporains.

A la fin de Johnny English, on peut le dire sans casser le suspense, le méchant français perd. Est-il prévue une fin alternative pour la sortie en France du DVD, qui verrait sa victoire ?
(Rire.) NON ! Et il n'en est pas question ! Mais il y aura un jeu sur le DVD qui permettra d'accéder à des scènes supprimées. Dans ces scènes, je joue un second rôle, un baron aristocrate anglais, que John Malkovich doit tuer pour devenir roi d'Angleterre. C'était un personnage amusant, mais nous l'avons supprimé lors du montage final parce qu'au bout du compte, je n'ai pas aimé l'idée de jouer plus d'un personnage, cela faisait un peu Austin Powers, et nous ne voulions pas nous diriger dans cette direction. Nous voulions en fait que l'esprit du film reste réaliste dans le burlesque.


Un mot sur les grèves ?
Je n'ai pas pu venir aussi longtemps que j'avais prévu mais on fait avec. J'adore la France et les Français, et surtout cette attitude sans compromis, d'une manière générale. Dans un sens, les anglais partagent ce comportement et c'est pourquoi il y a eu dans l'Histoire de tels désaccords entre nos pays. Par rapport à Johnny English, il était tout naturel de trouver un parfait méchant, car le pire cauchemar pour un anglais, c'est d'avoir un Français sur le trône d'Angleterre !

On ne peut se quitter sans parler de… Benny Hill. Il est avec vous la plus grande star issue de la télévision anglaise. Qu'en pensiez-vous ?
J'aimais bien, sans l'adorer. Je mentirais si je disais que je m'en suis inspiré. En fait, à partir de 18 ans, j'ai peu regardé la télévision. Aujourd'hui encore, d'ailleurs. Mais c'est vrai qu'on peut voir des points communs avec Mr Bean au niveau du comique visuel.

Propos recueillis par Didier Verdurand en mai 2003.
Photos de Côme Bardon.

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