Cannes 2017 : Netflix et réalité virtuelle ce qu'il faut retenir de la sélection officielle

Jacques-Henry Poucave | 13 avril 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Jacques-Henry Poucave | 13 avril 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

La sélection Cannoise est tombée, alors que les esprits, les pronostics et les commentaires s’affutent, que penser de ce cru 2017 ?

 

NETFLIX EN FORCE

Le géant américain du streaming légal n’avait pas fait mystère de ses ambitions concernant ses achats de films : s’imposer, au-delà de son succès commercial, comme un acteur « respectable » au cœur de l’industrie. C’est chose faite. On se souvient que l’an dernier, c’était Amazon qui était parvenu à jouer des coudes sur la Croisette, cette année, son concurrent peut se vanter d’amener pas moins de deux films en compétition officielle.

Il s’agit d’Okja de Bong Joon-Ho, film fantastique coréen où l’on causera enfance, monstre et corporation internationale ainsi que The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach. Cinéaste à al frontière entre un comique post-allenien et la mouvance mumblecore, il réunira ici Adam Sandler et Dustin Hoffman autour des tribulations d’une famille désunie. Deux films très différents, qui témoignent assez bien de la puissance de feu de Netflix, et qui devraient occasionner pas mal de débats, la firme n’ayant à priori pas l’intention de les exploiter en salles.

 

Photo Palme d'Or

 

DECHIRER L’ECRAN

Cette édition 2017 devrait en effet occasionner pas mal de discussion sur le statut de l’œuvre cinématographique. En plus de deux films Netflix, deux séries seront également à l’honneur. Top of the Lake d’une part, dont Jane Campion viendra présenter la saison 2 en intégralité mais surtout Twin Peaks, dont deux épisodes, présentés par David Lynch, seront projetés. Quand on se souvient des difficultés et hésitations de Cannes à présenter le Carlos d’Olivier Assayas du temps de Gilles Jacob, on mesure combien la manifestation évolue en la matière.

Mais le sens de l’œuvre sera sans doute questionné par le projet d’Alejandro Gonzalez Inarritu, intitulé Chair et Sable. Il s’agira d’un court-métrage de sept minutes intégralement en réalité virtuelle. La Croisette commence à se décloisonner, et c’est une excellente chose.

 

Affiche

 

UNITED FAIL

Une nouvelle fois, le cinéma américain sera peu présent du côté de la compétition officielle. Il faut dire que le Festival a beau être un enjeu, il représente un énorme risque pour tout film qui s’y risque, en termes de réception critique, sans compter que le tapis rouge cannois est déroulé bien trop en amont des Oscars pour pouvoir être utilisé promotionnellement en cas de récompense.

De même, le Festival est logiquement perçu comme très (trop) Européen, et pas forcément générateur du type de buzz que veut rencontrer une production prestigieuse américaine. Sans compter que des œuvres tout à fait éligibles à une programmation hors compétition (Dunkirk, Detroit, etc) souffrent de dates de sorties trop éloignées de celles du Festival.

Conséquence, hormis Todd Haynes, qui compte parmi les poids lourds de la compétition, on a comme l’impression que Sofia Coppola et Noah Baumbach sont un peu là pour faire du remplissage.

 

Photo Elle Fanning

 

DE BELLES PROMESSES

Au-delà du lourdingue procès fait au Festival qui n’accueillerait pas assez de nouvelles têtes, on trouve au sein de la sélection officielle une quantité de projets très excitants. On pense bien sûr au Loveless d’Andrey Zvygintsev (dont le Leviathan nous avait durablement marqués), ou encore au Redoutable de Michel Hazanavicius, qui ambitionne rien moins que de nous faire rire avec Godard.

Taylor Sheridan, le scénariste de Sicario, débarquera sur la Croisette du côté d’Un Certain Regard à l’occasion de son premier film, Wind River, sera-t-il le Comancheria de 2017 ? Takashi Miike sera un saut hors-compétition à l’occasion d’un film de sabre fantastique intitulé Blade of the Immortal. Autre possible pépite, le retour de l’impayable John Cameron Mitchell, réalisateur du sidéral Shortbus, qui présentera How to Talk to Girl at Parties, dans lequel une Elle Fanning extra-terrestre découvrira la banlieue de Londres.

 

Photo Louis Garrel

 

Enfin, s’il y en a bien un que l’on attend avec une immense impatience, c’est la Mise à Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos, dont on espère qu’il fera encore mieux qu’avec The Lobster. Et la liste pourrait s’allonger de nombreux auteurs dont les travaux nous tapent régulièrement dans l’œil, de Kawase, à Fatih Akin en passant par l’étonnant film de braquage avec Robert Pattinson, réalisé par les frangins Safdie, titré Good Time.

Alors que nous attendons encore de découvrir les sélections de la Quinzaine des Réalisateurs et de La Semaine de la Critique, cette 70ème édition mérite plus que jamais la curiosité, et affiche sur le papier une belle diversité.

 

trailer netflix

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commentaires
Simon Riaux - Rédaction
13/04/2017 à 14:19

@Mysterek
Sans doute, mais c'est aussi précisément ce à quoi servent les sélections parallèles, Un Certain Regard, La Quinzaine des Réalisateurs et La Semaine de la Critique. Cela fait très longtemps que la compétition officielle fait office de galerie pour les auteurs "maisons" et confirmés.

MystereK
13/04/2017 à 14:15

Prometteur en effet, mais bon, c'est toujours une peu les mêmes têtes. Il y a certainement d'autres réalisateurs Autrichien que Hanneke ou mexicain que Inaritu

Lui
13/04/2017 à 13:57

Prometteur !

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