L'indéfendable : X-Men L'affrontement final, pire que Dark Phoenix ?

Geoffrey Crété | 13 avril 2020 - MAJ : 16/04/2020 18:40
Geoffrey Crété | 13 avril 2020 - MAJ : 16/04/2020 18:40

Parce que le bon sens a ses limites, certains films restent difficiles voire impossibles à défendre. Ecran Large leur consacre donc une rubrique spéciale : les indéfendables. L'occasion de revenir sur des ratages plus ou moins célèbres et controversés, salués par la presse, le public ou les deux.

Place à X-Men : L'Affrontement final, conclusion (sauf que non) de la trilogie X-Men, qui renaîtra après, et aura même droit à une nouvelle adaptation potentiellement pire avec X-Men : Dark Phoenix.

   

photo

"Un fourre-tout sans inspiration" (Slate)

"Quelle déchance après Bryan Singer..." (New Yorker)

"L'épisode le plus faible et le moins inspiré de la série" (Première)

"Le comic-book movie, pour Brett Ratner, c'est donc ça..." (Mad Movies) 

 

 

 

LE RESUME EXPRESS

Flashback 1 : Jean Grey est une môme flippante qui fait voler des voitures et dérange Stan Lee dans son jardin.

Flashback 2 : enfermé dans la salle de bain, Warren ne se tripote pas mais se charcute les ailes pour plaire à son riche papa.

Le film pour de vrai : grâce à Jimmy, un enfant mutant, les labos Worthington ont trouvé un vaccin pour "guérir" les mutants et en faire de bons humains. Une nouvelle excuse pour Magneto afin de repartir en guerre contre les hommes avec une armée de mutants anonymes. 

En parallèle, Jean Grey, morte à la fin d'X-Men 2, réapparaît comme une déesse aux cheveux rouges et atomise un Cyclope dépressif. Elle a clairement un problème, et elle désintègre Charles pour le prouver, avant de rejoindre Magneto.

Les méchants attaquent les labos sur Alcatraz (parce que ce remède, c'est pas bien), mais les gentils les en empêchent (parce que s'attaquer aux humains, c'est pas bien). Angel repasse vite fait, Magneto perd ses pouvoirs, le Fléau casse des murs. Finalement, Jean s'énerve et atomise presque tout le monde. Wolverine en perd ses fringues, mais il la tue pour la libérer.

FIN

(Sauf que Charles n'est pas vraiment mort et que Magneto n'a pas vraiment perdu ses pouvoirs, et que c'est pas la fin du tout)

 

photoA ce stade, autant tout brûler

  

LES COULISSES

Après les succès de X-Men et X-Men 2, Bryan Singer se sent pousser des ailes : il quitte les mutants pour réaliser son rêve Superman Returns chez la Warner. L'histoire lui dira que ce n'était pas une si brillante idée, mais à l'époque, c'est fantastique.

Il embarque avec lui plusieurs collaborateurs (le compositeur, le directeur de la photo, les scénaristes et l'équipe déco) et ne laisse derrière lui qu'un embryon d'histoire pour un troisième film, co-écrit avec Dan Harris et Michael Dougherty comme le deuxième. Ce X-Men 3 était centré sur la résurrection de Jean Grey, avec l'apparition de Gambit et surtout Emma Frost en grande méchante. Elle sera finalement incarnée par January Jones dans X-Men : Le commencement en 2011 mais à l'époque, l'équipe avait de grands plans : ils veulent Sigourney Weaver dans la peau de la très puissante mutante qui manipule Jean Grey, et Keanu Reeves en Gambit.

 

X-Men : ApocalypseBryan Singer avec ses acteurs sur le plateau de X-Men : Apocalypse

 

La Fox doit renégocier avec les acteurs, engagés pour seulement deux films. Réticente à cause d'un personnage peu développé et de quelques disputes avec Singer, Halle Berry se laisse convaincre : Tornade sera ainsi placée au centre de l'intrigue, avec une augmentation et un nom sur l'affiche. Hugh Jackman, lui, a contractuellement un droit de regard sur le choix du réalisateur. Commence alors une valse de plus en plus désespérée pour trouver le remplaçant de Bryan Singer : Darren Aronofsky, Joss Whedon, Rob Bowman, Alex Proyas, Peter Berg ou encore Zack Snyder sont approchés, et plusieurs d'entre eux refusent pour une raison ou une autre.

L'écriture est elle aussi compliquée. Simon Kinberg et Zak Penn travaillent en parallèle sur deux versions : la première est centrée sur le Phenix Noir, et le deuxième, sur le remède. Le studio n'apprécie pas la noirceur de l'arc Jean Grey, mais l'équipe tente de tout mixer. Le lancement d'un spin-off consacré à Wolverine pose également des limites, la Fox préférant par exemple garder Gambit pour cette aventure solo. Censé revenir, Nightcrawler est finalement retiré, le film ayant trop de personnages pour justifier sa présence - coûteuse, vu le maquillages.

 

Photo Hugh Jackman, Halle BerryRester debout dans la tempête des personnages et versions

 

En février 2005, avec une date de sortie programmée et un tournage prévu cinq mois plus tard, le studio engage Matthew Vaughn. La sortie est décalée de trois semaines pour permettre une prépa digne de ce nom. Le réalisateur de Layer Cake commence son casting (Kelsey Grammer, Dania Ramirez, Vinnie Jones) avant de quitter le navire : officiellement pour des raisons familiales, officieusement parce qu'il n'est pas satisfait par le scénario, et comprend que les délais imposés par le studio ne lui permettront pas d'être à la hauteur.

Panique à bord : en une semaine, la Fox engage Brett Ratner pour prendre le relais, alors que le tournage approche. Un temps attaché au premier X-Men, le réalisateur de Rush Hour est comblé. Comble de l'ironie : il a failli réaliser un Superman pour la Warner.

Brett Ratner ne rassure personne, et le tournage le confirme. Engagé à l'origine par Vaughn, le directeur de la photographie Philippe Rousselot quitte très vite le tournage. Il est remplacé par Dante Spinotti, un collaborateur de Ratner, qui laissera la place à un troisième à la toute fin du tournage pour d'autres engagements. Ratner modifie également quelques éléments du scénario, notamment la scène du Golden Gate : elle devait arriver au milieu du film, et le climax était prévu à Washington.

Parce que la production a dès le départ été lancée à la hâte, les personnages de Mystique, Malicia et Cyclope sont réduits, Rebecca Romijn, Anna Paquin et James Marsden ayant d'autres engagements (l'acteur ayant été récupéré par Singer pour Superman Returns).

 

Photo Famke Janssen, Patrick StewartThe Force is strong with this one

 

LE BOX-OFFICE

Succès. L'affrontement final a officiellement coûté 210 millions, bien plus que le premier (75 millions) et le deuxième film (110 millions). Il a aussi rapporté plus : près de 460 millions dont 234,3 aux USA. C'est supérieur au premier film (296 millions) et au deuxième (407 millions). C'est encore l'un des plus gros succès de la saga.

Un succès toutefois un peu en deça des attentes du studio vu que le budget a été doublé. Le film a souffert de la compétition avec Da Vinci Code, mais surtout d'un bouche-à-oreille négatif qui a provoqué une chute de fréquentation significative en deuxième semaine aux Etats-Unis.

Aussi noble que ses films, Brett Ratner ne digèrera pas les critiques négatives et sa place peu enviée dans la saga. Lorsque Le Commencement est accueilli par un enthousiasme mérité en 2011, il rappelle sur Twitter sur le box-office supérieur de son film pour prouver qu'il est meilleur. Ailleurs, il justifie le mépris éprouvé par les fans à son égard en disant qu'il n'a pas lu les comics, et s'en fiche un peu.

Il ira même jusqu'à taper sur les films très respectés de Bryan Singer : "Mon film est celui qui a le plus de sens d'un point de vue narratif. Et je ne critique par les films de Bryan, mais il fait ça d'une certaine manière. Il utilise son cerveau et j'utilise plus mon oeil et mon instinct. C'est une toute autre approche. Je ne dis pas que mon film n'était pas intelligent : je dis juste que je ne l'ai pas intellectualisé".

Singer, lui, admettra en 2009 que quitter X-Men 3 pour Superman Returns était une erreur, et qu'il se sentait responsable de terminer la trilogie. Ce que le visionnage du film lui a confirmé.

 

Photo Patrick Stewart"Brett, tais-toi, pour ton propre bien"

  

LE PIRE 

X-Men : L'affrontement final n'a pas besoin d'être comparé aux films raffinés de Bryan Singer : sa médiocrité se suffit à elle-même. Trop plein et trop vide, trop ambitieux et trop grossier, ce troisième opus est un capharnaüm indigeste.

La première cause est évidente : entremêler les arcs du Phénix noir et du vaccin est un choix discutable, la métamorphose de Jean Grey étant un moment grandiose et adoré par les fans (qui a donné un arc majeur et passionnant dans les comics). Sans surprise, le film n'arrive pas à trouver un équilibre entre les deux intrigues, et n'hésite pas à simplifier pour rafistoler le scénario. Scénario qui prend en plus la peine de mener des intrigues parallèles encombrantes, comme le triangle amoureux avec Malicia, Kitty et Bobby. 

Cet appétit ridicule se retrouve dans la quantité de personnages à l'écran, avec un nombre insensé de mutants réunis ou présentés, entre les nouveaux arrivants aux côtés de Magneto et l'armée de méchants mutants sacrifiés dans la bataille finale (la plupart ayant comme pouvoir la capacité de bondir dans les airs pour un plan large). Angel illustre parfaitement la bêtise du film : présenté dès l'intro, il est si peu présent et utile dans l'histoire que le retirer complètement du film n'aurait quasiment aucune conséquence.

 

Photo James Marsden, Famke Janssen"Tue-moi vite, j'ai Superman à tourner"

 

Au-delà de ces problèmes de fond, X-Men : L'affrontement final ressemble à un produit mal dégrossi. Non seulement il répète les thématiques des précédents films, avec moins de finesse, mais l'exécution est nettement moins raffinée. Au-delà du cahier des charges et d'une direction artistique pré-établie, Brett Ratner n'a pas de vrai style. Dès qu'il n'y a plus d'effets spéciaux à l'écran, le film ne peut camoufler son visage très ordinaire. Il n'y a qu'à voir cette nuit qui tombe subitement sur Alcatraz, entre deux plans et sans même avoir pris soin de poser une réelle ellipse, pour constater que l'entreprise a eu de sérieux problèmes.

Le film manque globalement d'une vraie identité. Loin de la gravitas ostentatoire des films de Bryan Singer, Brett Ratner tente pourtant d'aborder un chapitre tragique. Mais comme un môme dans un magasin de porcelaine, il semble persuadé que tout casser dans un brouhaha spectaculaire lui permettra d'exister. Que Bryan Singer reprenne la main sur Days of Future Past où il balaye lui aussi des personnages iconiques, ne mettra que mieux en valeur l'incapacité de Ratner à aimer et rendre justice au matériau.

Sans parler de l'humour mal placé, illustré à merveille par le tristement inoubliable "I'm Juggernaut, bitch !" - un choix lourd de sens puisque la phrase était devenue virale après une parodie sur internet.

 

Photo Halle BerryHalle Berry, sa perruque et ses camarades

 

LE PIRE (pour l'expert comics)

X-Men 3 ne se contente pas d'être un mauvais film : c'est aussi une mauvaise adaptation. L'histoire condense deux intrigues importantes des comics (la saga du Phénix noir et Surdoués) : pourquoi pas, ce ne serait pas la première fois qu'un film adapté de comics mélange plusieurs arcs. Sauf qu'au passage, les histoires d'origines sont complètement dénaturées.

La saga du Phénix noir, c'est avant tout l'histoire d'une mutante devenue l'égale d'un dieu et qui sombre vers le mal car manipulée par un ennemi. C'est aussi l'occasion de voir que l'espèce humaine n'est pas prête à maitriser ce genre de pouvoirs à cause de son immaturité. Il y a tout un aspect cosmique qui passe joyeusement à la trappe dans le film, avec un combat épique contre des extra-terrestres qui veulent tuer Phénix à cause de ses actes : elle a détruit une étoile et donc causé la mort de milliards d'êtres vivants. A l'issue du combat, Phénix met fin à ses jours pour ne pas risquer de commettre d'autres atrocités, sous les yeux de Cyclope. On est donc loin de la version du film, qui se contente d'une mutante souffrant de troubles de l'identité. Surtout : l'intensité de sa relation avec Cyclope est totalement passée sous silence au profit de l'omniprésent Wolverine.

 

Comic Dark Phoenix

 

L'autre partie de l'histoire, Surdoués, n'est pas épargnée par cette adatation à la tronçonneuse. On retrouve une partie de l'histoire imaginée par Joss Whedon, à savoir un remède à la mutation. Pour le reste, c'est une version ultra simplifiée, avec certes toujours un mutant comme source du produit miracle (quoique pas du tout le même, avec même un certain suspense autour de son identité), mais l'absence de contexte, notamment l'aspect "diplomatique" puisque le véritable commanditaire du remède ne vient pas de la Terre. Comme pour la Saga du Phénix, on a l'impression qu'on se base vaguement sur trois lignes de résumé de l'intrigue pour délivrer un contenu insipide.

Les personnages ont aussi souffert dans ce film, à l'exception d'un Wolverine si présent qu'on croirait être dans un film solo avec les autres X-Men en figurants. Cyclope est évacué bien vite, le Fléau est ridicule, et Angel totalement anecdotique. La Confrérie des mutants, constituée à l'écran de mutants interchangeables à la limite du cameo, est très loin de valoir son modèle de papier.

On sait très bien que des ajustements sont nécessaires pour adapter des comics sur petit ou grand écran, mais X-Men : L'Affrontement final est au delà de ça : on est dans la trahison, pure et simple.

 

Comic Joss Whedon Les X-Men version Joss Whedon

 

LE MOINS PIRE

Il y a bien un beau thème musical repris plusieurs fois.

Il y a aussi des effets spéciaux amusants, qui ont au moins le désir d'aller plus moins que les précédents épisodes dans la destruction et le chaos. 

Dark Phoenix, même raté, reste un arc fabuleux, très intense, qui donne plus de choses à faire à l'excellente Famke Janssen

Il y a également un plan amusant où le Fléau lance Wolverine à travers le plafond, et il retombe plus loin en arrière-plan, sans coupure.

Enfin, il y a au moins une scène à sauver : celle où le Fléau poursuit Kitty dans les laboratoires d'Alcatraz. Elle passe à travers les murs grâce à ses pouvoirs, tandis qu'il les détruit un par un derrière elle. Une magnifique idée de mise en scène, et une utilisation intelligente et visuellement très belle des pouvoirs des mutants.

Et X-Men : Dark Phoenix a probablement fait pire depuis : retrouvez notre critique par ici.

 

Photo Vinnie JonesUne idée, un film

 

RETROUVEZ L'INTEGRALITE DES INDÉFENDABLES AU RAYON NOSTALGIE

 En partenariat avec Watchtower Comics

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commentaires

PepsiMan
14/04/2020 à 19:39

M1pats, entre tes commentaires ici sur le cul de Kidman, ou ceux sur Daryl Hannah dans Splash, il est évident que le fessier est un sujet qui t'obsède plus que tu ne veux l'admettre.
Une thérapie est recommandée.

M1pats
14/04/2020 à 12:48

@Jean-Baptiste

puritain oui, mais je préfère être un puritain pervers que d elever au rang des légendes des réalisateurs vrais pervers comme ça peut l etre Stanley Kubrick par exemple qui te prend une actrice comme Nicole Kidman la déshabille puis la rhabille la film allant aux wc la filme nue dans tout les sens sans aucune raison pour le déroulé de film et son intrigue

Mais bon paraît que c est de l art d un grand cinéaste, moi j y vois surtout un putain de vicelard qui se rince l œil sur ses actrices à l instar d un Von Trier un Noe ou un Kechiche

M1pats
14/04/2020 à 12:35

Comment ça se fait que Doctor Strange soit devenu la nouvelle cibles des rageux ici en faite ?

Ken
14/04/2020 à 11:54

Absolument pas il est 100 fois mieux.

Free Spirit
14/04/2020 à 10:48

Bryan Singer pas terrible comme réalisateur ; j aimerai voir les Mutants avec leurs costumes d Origines !!!

sang
14/04/2020 à 10:41

C'est clairement le pire film x men. X men dark phoenix est beaucoup plus réussit et plus fidèle à l'arc du phoenix que l'affrontement final.

jean-baptiste
14/04/2020 à 10:00

@M1pats

Oui on lit ça souvent, c'est normal, depuis la tragédie grecque, le sexe et la violence constituent le coeur de l'art, et deux des sujets les plus importants pour l'humanité.

Moi ce ce que je vois c'est qu'on trouve ici de plus de puritains très pervers comme toi, qui parlent en terme de"propre" ou "pas propre", et comparent des trucs qui n'ont rien à voir les uns avec les autres.

M1pats
14/04/2020 à 09:56

@Je suis le docteur et vous êtes les daleks

Car le sexe et le sang c est tout ce que demande le peuple mon gars, souvent lu cette phrase ici, tu n a qu a voir comment des œuvres comme donc Deadpool the Boys the Watchmen sont appréciés ici, car c est adulte car y a du sang et du sexe, c est tout ce que demande le peuple donc

Tom’s
14/04/2020 à 09:55

Bon déjà avec ces films on le sait les studios régurgitent tout ce qui n’est pas important et qui as fait le succès de la BD. C’est vrai que Ratner est incompétent sur toute la ligne donc le comparé à Dark Phoenix qui as énormément de Défauts mais pas si nul que ça, son Climax dans le train écrit par des story border à l’issu des reeshoots fourmille d’idées et inclus 2/3 plans iconiques, les Effets spéciaux sont finalisé si on enlèvent les enjeux juste en terme de mise en scene c’est
Qd mme un Cran au dessus Ratner ce que les critiques on mentionnés, un produit frustrant mais qui comporte des plans abouties comparé à d’autres films du mme genre .

KastorSuper
14/04/2020 à 09:54

La sage du Phénix noir n'a jamais été correctement adaptée. Elle mériterait probablement un film de 3 heures ou 2 films qui feraient suite à une série de films rigoureusement menés et structurés amenant progressivement la problématique de la déchéance de Jean Grey. C'est hors de porté de la vision court termisme de nombreux studios et seuls des réalisateurs chevronnés avec une vraie influence sur les studios seraient en mesure d'adapter correctement cette histoire en imposant des moyens, une vision etc.
Les réussites dans ce domaine sont rares : Le Seigneur des anneaux, Star wars etc.

Ce n'est pas demain la veille

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