Nos films de rêves préférés

Vincent Julé | 20 juillet 2010
Vincent Julé | 20 juillet 2010

Ah ouais, donc en fait, ce n'était qu'un rêve ? Il s'agit d'un des twists les plus éculés de l'histoire du cinéma, mais aussi de l'un des plus efficaces et des jouissifs. A l'occasion de la sortie d'Inception de Christopher Nolan, qui retourne et révolutionne le concept, les membres de la rédaction d'Ecran Large ont choisi leur film de rêve(s) préféré. La liste ultime ? La liste perso ultime !

 

Julien Foussereau

Mulholland Drive

Le film de David Lynch est certes l'antithèse d'Inception. Mais sa représentation hallucinée du cauchemar éveillé qu'est la Mecque du cinéma n'en finit décidément pas de m'impressionner.

 

Stéphane Argentin

Total Recall

Avec ce voyage dans les méandres du ciboulot, à mi-chemin entre schizophrénie (Philip K. Dick oblige) et faux-semblants (De Palma n'aurait pas fait mieux), Paul Verhoeven nous livre un nouveau bijou de SF, extension martienne de son prodigieux Robocop, où la chair et le sang ne sont là que pour mieux servir un thriller palpitant en forme de dénonciation de la mainmise des multinationales devenues pour l'occasion multi planétaires.



Didier Verdurand

Le charme discret de la bourgeoisie

Un des chefs d'oeuvres de Buñuel, le maître absolu de l'absurde et de l'onirisme au cinéma. Comme dans Le Fantôme de la liberté, Belle de jour et tant d'autres, le rêve tient une place primordiale qui permet avant tout à Buñuel de casser les structures classiques d'un film pour lâcher des réflexions artistiques sur la vie et ses fantasmes. Sans tomber dans le n'importe quoi comme un David Lynch en pleine méditation (ou overdose) transcendantale, Buñuel reste toujours fascinant et passionnant et c'est peut-être son plus grand tour de force. Pas besoin non plus d'artifices bêtement compliqués ou d'un budget de 200 millions de dollars pour faire rêver : la simplicité chez Buñuel, c'est l'essence même du rêve. Qu'est-ce qu'il nous manque !



Sandy Gillet

Brazil

Le film de Terry Gilliam repose essentiellement sur la dualité entre le monde réel, cauchemardesque, et celui du rêve. Celui que s'imagine Sam Lowry dès qu'il le peut pour s'échapper d'un quotidien dépressif et kafkaïen. Et Brazil d'osciller sans cesse entre ces deux mondes pour finalement faire un choix et basculer dans celui de l'épique, du romantisme et de l'héroïsme... Une sorte de vie par procuration et une certaine idée du cinéma en quelque sorte !

 

Patrick Antona

Phantasm

Film fascinant ayant inspiré toute une vague de l'horreur moderne, Phantasm regorge d'un nombre de séquences-chocs hallucinantes qui jouent allègrement sur le clivage entre réalité et imagination, et qui sonnent comme un déjà-vu pour peu que l'on se souvienne de ces propres cauchemars. Vécue à travers les yeux d'un adolescent en plein deuil, cette aventure semble être un remède à sa souffrance ainsi qu'un moyen d'exorciser ses propres peurs. Mais quand celles-ci prennent la forme du Tall-Man (le meilleur des boogeyman avec Freddy Kruger) alors il se peut que le réveil se révèle être plus effrayant encore !

 

Louisa Amara

Donnie Darko

Un film générationnel autour de la schizophrénie et du mal-être adolescent. Révélant Jake Gyllenhaal, dans un rôle troublant, Donnie Darko nous berce entre mélancolie, science-fiction sur fond d'Amérique reaganienne. Sans oublier la bande originale entêtante avec la reprise de « Mad world ». Les hallucinations de Donnie sont autant d'indices pour comprendre ses angoisses. Les pièces du puzzle s'emboîtent à la fin comme un voyage à travers le temps. Un retour vers le futur sous psychotropes. A voir et à revoir.

 

Laurent Pécha

Dreamscape

Ok, le film est estampillé années 80 et a terriblement vieilli au niveau des effets spéciaux en premier lieu mais le pitch de fou, soit une bataille entre le bien et le mal dans le cerveau du président des Etats-Unis, reste incroyablement excitant. C'est bourré de bons acteurs (Dennis Quaid, Max von Sydow, Christopher Plummer) et il y a Madame Spielberg (Kate Capshaw) qui montre sa poitrine (dans la version non censurée et extrêmement rare sur le marché) dans une scène de "viol" particulièrement sensuelle. De la graine de petit film culte !

 

Vincent Julé

Ouvre les yeux

Tout au long du film, les postes de télévision nous préviennent. Il est possible de se faire cryogéniser le temps que la science trouve un remède à telle ou telle maladie incurable. La mort par exemple. Et attendant, on vit, ou plutôt on rêve que l'on vit. Ainsi, certains diront que le métrage d'Alejandro Amenabar n'est pas très subtil, mais les réponses importent moins que les questions soulevées. Le tour de force est d'ailleurs qu'une de ces questions ne soit pas pourquoi, comment, mais bien quand ? Quand commence le rêve et se termine la réalité. Surtout que le spectateur ne pense pas forcément à se la poser. Il a alors tout loisir de se perdre dans cette réalité dysfonctionnelle, dont la fameuse scène du bar où le temps comme les gens se figent. Un fantasme de cinéma. Et puis, se suicider pour se réveiller, y a-t-il plus immoral ?

 

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