Epidémie dans les salles : Top des films de virus

Jean-Noël Nicolau | 8 juin 2010
Jean-Noël Nicolau | 8 juin 2010

Ouf, la pandémie de grippe A est derrière nous. Et quoi de mieux qu'un cinoche pour se changer les esprits ? Alors, qu'y a-t-il à l'affiche ? Le film de vampires Daybreakers, le surprenant mais désespérant Infectés et maintenant The Crazies, remake de La nuit des fous vivants de George Romero... et si la folie du virus était contagieuse jusque dans les salles de cinéma ? Petite revue de 10 films de virus incontournables, avec des zombies, des mutants, des singes, et donc des fous vivants !

 

Le plus bourrin

 

 

[Rec] (2007) de Paco Plaza

Le concept n'est pas original : le méchant virus qui zombifie les braves gens, c'est du déjà-vu. Même la violence enragée des contaminés ne fait que rappeler 28 jours plus tard. Pourtant il y a dans Rec une volonté de concevoir le roller-coaster horrifique parfait. Avec ses prémisses documentaires, le film plonge directement dans l'action, jouant avec la mise en scène avec une efficacité qui scotche au fauteuil. Le crescendo claustrophobe en devient cauchemardesque. Même si l'origine du virus peut prêter à de longues interrogations...

 

Le plus joueur

  

Le Mystère Andromède (1970) de Robert Wise 

L'un des meilleurs films de virus de l'histoire du cinéma, cette adaptation d'un roman de Michael Crichton est inoubliable. Grâce au talent classique de Robert Wise, le suspens déployé ne trahit presque en rien le livre. Le virus extra-terrestre, spécialisé dans la mutation, se joue des scientifiques et les fait tourner en bourrique. Bien sûr, on tremble plus qu'on ne se moque, surtout que l'univers présenté est crédible et bien documenté. Une œuvre d'une grande intelligence, à redécouvrir.

 

Le plus techno


Resident Evil (2002) de Paul W.S. Anderson

Les scénarios des jeux vidéo ne volaient pourtant pas bien haut, mais Paul W.S. Anderson réussit à faire encore plus simplet. Les scientifiques avides créent un virus qui zombifie tout le monde (même les clebs). Le virus s'échappe. Les militaires débarquent. Ils se font massacrer. On met une bimbo en mini robe au milieu (Milla Jovovich) et c'est le bonheur des geeks. Du moins si on accepte le côté technoïde de cette version bien propre du virus dégueu.

 

Le plus vicieux

28 Jours plus tard (2002) de Danny Boyle
28 Semaines plus tard (2007) de Juan Carlos Fresnadillo  

Caméra DV, minimalisme dans le spectaculaire, zombies revivifiés et une bonne réflexion sur la violence animale de l'humanité. Tout ce qu'il fallait pour révolutionner le film de morts-vivants se trouve dans 28 jours plus tard de Danny Boyle. Ce film, ainsi que sa suite toute aussi énervée, joue énormément sur la transmission du virus, par une simple goutte de sang. La contamination devient aussi terrifiante que le résultat. Et l'absurdité et la cruauté de l'épidémie s'avère le ressort dramatique le plus intense. Voir pour cela la destruction de la famille de 28 semaines plus tard, quand les plus proches deviennent la première des menaces. Terrifiant.

 

Le plus voyageur

  Le Pont de Cassandra (1977) de George P. Cosmatos

Issu de la grande vague des films catastrophes des années 70, Le Pont de Cassandra fait partie du haut du panier du genre. Avec son excellent casting international (Burt Lancaster, Richard Harris, Sophia Loren, Ava Gardner, Ingrid Thulin...) et un suspens à couper au couteau, le film tient bien sur ses rails malgré les inévitables longueurs. Le virus n'est ici qu'un prétexte pour conduire les protagonistes sur le fameux pont qui menace de s'effondrer au passage du train. Malgré tout, une bonne petite critique envers les expérimentations du gouvernement américain prend le temps d'être formulée. Mais il s'agit néanmoins de l'un des plus gentils microbes du genre.

 

Le plus politique


Virus (1980) de Kinji Fukasaku 

Plus qu'un film sur la pandémie ayant détruit presque toute l'humanité, il s'agit avant tout d'une œuvre politique traitant de la Guerre Froide sur un mode pompier et souvent caricatural. Dans sa version intégrale, le film de Fukasaku (dépassé par l'ampleur de sa production) s'offre une errance finale étonnante qui vaut à elle seule le visionnage. Pour le reste, entre les acteurs en roue libre et la caractérisation minimale, il y a de quoi s'ennuyer ferme. Dommage.

 

Le plus crédible


Alerte (1995) de Wolfgang Petersen

Peut-être le film le plus proche de ce qu'une pandémie pourrait vraiment être, au moins dans ses prémisses. Le cinéma s'est beaucoup intéressé au monde d'après les virus, mais rarement au commencement de la fin, du moins avec un minimum de réalisme. Alerte remplit correctement cet office, sans pour autant atteindre des sommets cinématographiques. Il faut dire que Dustin Hoffmann prête plutôt à sourire en militaire courageux. Sur le même thème, on n'ose vous recommander l'impayable Ebola Syndrome...

 

Le plus chaotique


Les Fils de l'homme (2006) d'Alfonso Cuaron

Encore une œuvre sur les conséquences d'une mutation et non sur son action même. Ici il s'agit d'entrevoir le monde d'après le chaos. Et pour cela quoi de mieux que d'y plonger tête baissée grâce à la mise en scène géniale de Cuaron ? En tant que film d'anticipation, qui fait froid dans le dos, Les Fils de l'homme est l'une des plus grandes réussites de ces dernières années. En tant que film de virus, c'est quasiment hors sujet... Pourquoi le mentionner alors ? Parce qu'on ne parlera jamais assez de cette perle, sans doute.

 

Le plus punk


Doomsday (2008) de Neill Marshall 

Dérivé complètement timbré de toute une culture bis plus ou moins fréquentable, Doomsday se sert dans la gamelle des 28 jours/semaines plus tard pour ramasser ses prétextes. Mais bon, Mad Max ou New York 1997 sont tout autant convoqués à ce joyeux carnaval. Le vilain virus joueur s'attaque à l'Ecosse (pourquoi pas ?), se laisse enfermer, avant de revenir titiller la population londonienne. Seule solution ? Envoyer la bombasse Rhona Mitra et son œil bionique chercher un vaccin de l'autre côté du mur. Au début, on se dit que cela va être sérieux, hardcore, prenant au tripes. Mais dès que l'on débarque chez les punks qui dansent le french cancan, un autre plaisir surgit. Plus coupable, mais encore meilleur.

 

Le plus écolo


L'Armée des 12 singes (1995) de Terry Gilliam

Ah ces sacrés écolos ! Seraient-ils, comme dans 28 jours plus tard, à l'origine de l'évasion d'un virus prêt à décimer 95% de l'humanité ? C'est en tout cas ce que croit Bruce Willis dans ce thriller fataliste et halluciné signé Terry Gilliam. Tous les héros courrent après l'échantillon de l'affreux virus, mais au final c'est lui qui rattrapera tout le monde. La Terre est rendue à la nature et les hommes sont réduits à se cacher dans l'ombre. Un triomphe vert ?

 

Le plus humain

 

Infectés (2010) de Alex et David Pastor

D'habitude, les infectés tournent au zombie, vampire, mutant, monstre, alors qu'ici, bah, ils meurent. En effet, comme le dit l'affiche : « Plus dangereux que le virus : ses porteurs ». Dans une ambiance de fin du monde, nos quatre jeunes héros prennent toutes les précautions pour ne pas être contaminé, mais il ne fait aucun doute qu'ils le seront tous. Et ce qui intéresse alors les réalisateurs est cette rupture sourde, anti-spectaculaire, où le porteur devient infecté et où tous ses principes sociaux s'effondrent pour laisser place à la simple nature humaine. Le regard et l'abandon des autres font alors plus froid dans le dos que n'importe quelle horde de zombies.

 

Bonus

Le plus ridicule


Virus cannibale (1980) de Bruno Mattéi

Le degré zéro du film de zombies, du film de virus, et probablement du cinéma. Virus cannibale est évidemment culte auprès des plus irrécupérables amateurs de nanars improbables. Chiant comme la pluie, filmé par un tâcheron cynique, interprété par des bûches, complaisant jusqu'à la bêtise, Virus cannibale est une aberration. Dans les bonnes conditions (éthyliques ou enfumées), ce classique de la nullité pourra provoquer stupeur et hilarité. Mais attention, c'est dangereux (mais pas forcément contagieux).

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