Le Silence des agneaux : et si c'était le film de serial killer ultime ?

Gaël Delachapelle | 8 août 2021 - MAJ : 26/08/2021 17:43
Gaël Delachapelle | 8 août 2021 - MAJ : 26/08/2021 17:43

Retour sur Le Silence des agneaux, le thriller culte de Jonathan Demme, avec Anthony Hopkins qui déguste un foie aux fèves.

Le public a toujours été fasciné par les tueurs en série au cinéma. On ne compte plus aujourd’hui le nombre de films qui s’inspirent des meurtriers les plus célèbres de notre Histoire contemporaine, devenus depuis des figures phares du thriller psychologique, qui a connu son heure de gloire entre les années 90 et 2000. Quand on pense serial killer au cinéma, on pense évidemment à Seven (1995) et Zodiac (2007), deux oeuvres qui définiront David Fincher comme le maître du genre. Mais aussi à Memories of Murder (2003) du coréen Bong Joon-ho (Parasite), qui n’hésite pas à rappeler, lorsqu'il en a l'occasion, que son film sur la longue traque d’un tueur insaisissable est arrivé bien avant celui de Fincher.

Mais avant les films de David Fincher et Bong Joon-ho, il y a surtout Le Silence des agneaux, adaptation du second tome de la tétralogie de Thomas Harris autour d’Hannibal Lecter. Un personnage devenu indissociable depuis de son second interprète (après Brian Cox dans Le Sixième Sens), à savoir le grand Anthony Hopkins, récompensé d’un Oscar pour sa performance dans la peau du célèbre tueur en série cannibale, face à une Jodie Foster également lauréate d’une statuette pour ce thriller multirécompensé (Cinq Oscars, dont meilleur film et meilleur réalisateur).

Outre son acteur phare, le film de Jonathan Demme aura également défini les lettres de noblesse du genre pour les années à venir, engendrant un grand nombre d’héritiers qui ne parviendront jamais à égaler le modèle. On revient donc sur le chef-d’œuvre du réalisateur de Philadelphia, sur sa mise en scène virtuose et la figure du mal terrifiante qu’incarne son célèbre cannibale, afin de comprendre pourquoi Le Silence des agneaux est peut-être bien le modèle ultime du film de serial killer.

 

photo, Anthony HopkinsLe Dr Lecter est prêt à vous recevoir

 

L’Œil du Mal

Lorsque le scénariste Ted Tally adapte Le Silence des agneaux au cinéma (ce qui lui vaudra un Oscar du meilleur scénario adapté), il s’agit de la deuxième adaptation de l’œuvre de Thomas Harris, après Le Sixième Sens (Manhunter en VO) de Michael Mann, adapté quant à lui du premier roman de la tétralogie, Dragon Rouge, qui sera de nouveau mis sur pellicule par Brett Ratner en 2002. Là où le film de Michael Mann était avant tout une brillante réflexion qui questionnait la violence à travers les images, Jonathan Demme choisit d’interroger la question du mal incarné à travers notre perception première, à savoir le regard.

L’un des gimmicks les plus récurrents et identifiables du cinéma de Jonathan Demme est sans aucun doute son utilisation du plan subjectif, où la caméra se place à travers le regard de ses personnages et leur perception du monde qui les entoure. Avant Andrew Beckett (Tom Hanks), l’avocat homosexuel séropositif de Philadelphia, c'est à travers les yeux de Clarice Starling (Jodie Foster) que l’on perçoit le mal, qu’il soit tapi dans les regards méprisants de ses collègues (dans un monde aussi masculin que celui du FBI), ou dans les yeux du Dr Hannibal Lecter (Anthony Hopkins). 

Envoyée telle une brebis parmi les loups par son supérieur Jack Crawford (Scott Glenn), Clarice se retrouve sortie de son quotidien (le film s’ouvre sur la jeune femme qui fait son jogging dans une forêt brumeuse) pour aller affronter le mal en personne. De la même manière que le père Merrin est interrompu pendant sa promenade pour aller affronter le diable dans L'Exorciste. La référence totalement assumée au film de William Friedkin n’est pas anodine, puisque comme L’Exorciste, Le Silence des agneaux se veut une véritable réflexion sur le mal à l’état pur.

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commentaires
Mx
09/08/2021 à 22:14

tire la chasse sur ton pois-chiche, le bleu!!!!

PamPamPam
09/08/2021 à 17:45

C'est un sous-genre du thriller. Le Silence des Agneaux reste assez médiocre dans le fonds, mais la réalisation centrée sur le suspense est bonne, et puis Jodie Foster brille. Mais j'ai trouvé pire encore la suite avec Ralph Fiennes. Non, moi j'aime plutôt les parodies de ces univers, comme Quand Harriett découpe Charlie et Le Silence des Jambons.

Sofi
09/08/2021 à 14:32

Oui, c’est un must. Le plus grand choc du genre après Psychose et Sixième Sens. Mais je place Seven, Zodiac et J’ ai rencontré le Diable au même niveau. Non loin derrière, The Chaser, Memories of Murder et Prisoners. Finalement le « Serial polar » est un genre porteur de chefs-d’œuvre.

Baretta
08/08/2021 à 17:52

Et cette photo de fujimoto, ce score de score.
Le film que j'ai le plus revu ever.

Gregdevil
08/08/2021 à 17:48

Master piece.
Une leçon de mise en scène, tout dans se film est parfait.
Dans le genre je suis d'accord qu'il y a Seven aussi, je cite également Prisoners, Zodiac, Psycho, Usual Suspect.

Ray Peterson
08/08/2021 à 16:50

Complètement d'accord grand grand film! Pour moi, ceux qui l'égaleraient mais dans un autre style seraient l'excellent Zodiac (affaire de goût mais que je le préfère à Seven même si pas trop comparable), Memories of Murder. Bon y a aussi M le Maudit hein.

Par contre pour en revenir à Demme, c'est un réalisateur vraiment sous estimé car, hormis son Silence des Agneaux, Philadelphia ou à la rigueur le remake d'Un Crime dans la Tête son travail reste assez méconnu surtout en France.
Dangereuse sous tous rapports, veuve mais pas trop, meurtre en cascade c'est vachement bien.

Et quand je vois que le monsieur a fait plein de films que je n'ai jamais vu comme 5 femmes à abattre, Crazy Mama, colère froid, ça me donne encore plus envie de redécouvrir son oeuvre.

Sans parler de son goût pour la musique et ses formidables docus!!!

Eddie Felson
08/08/2021 à 15:53

Le summum du genre avec Seven.

Loh
08/08/2021 à 13:15

Très très en avance sur son temps.
Une réalisation élégante et d’une efficacité rare.
Un casting exceptionnel.
Une tension tout à long du film.

On a rarement fait mieux depuis.

Sanchez
08/08/2021 à 11:36

Rien à redire sur ce mythe si ce n’est pour souligner encore l’intelligence de la mise en scène de demme avec tous ces regards caméra qui mettent mal à l’aise

Flash
08/08/2021 à 10:34

Avec Seven et sixième sens, les trois meilleurs films de ce genre.
Quand je l’ai vu lors de sa sortie, ça été une telle claque que j’y suis retourné quelques jours après.

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