Anaconda : quand Jennifer Lopez combattait les dents de l'amer avec un gros serpent

Simon Riaux | 31 juillet 2021 - MAJ : 02/08/2021 18:14
Simon Riaux | 31 juillet 2021 - MAJ : 02/08/2021 18:14

Souvent cité comme prototype de plaisir coupable, sorte de série B qui fleure bon le sous-genre de l'attaque animale en milieu hostile, Anaconda, le prédateur est plus que cela.

Pour de nombreux spectateurs, la saine activité consistant à regarder des éphèbes et des naïades se faire dévorer par des animaux sauvages, dans des conditions d'hygiène douteuses, au son de dialogues moins fins que du gros sel, passe le plus souvent par des productions fauchées, au programme terriblement opportuniste. Le XXIe siècle aura connu la mort progressive de la série B traditionnelle, qui, après avoir dérivé trop loin du mètre étalon des Dents de la mer, perdit progressivement les faveurs du public, tout en s'éloignant des canons de production des studios.

Tant et si bien que les bestioles voraces furent bientôt l'apanage de films ultra-fauchés, profitant de la démocratisation des trucages numériques hasardeux. Jusqu'à ce que la "saga" Sharknado profite cyniquement d'un certain amour du cinéma déviant et grindhouse relancé par Quentin Tarantino et la culture web, en consacrant les prédateurs comme des sources de gags épais à destination de comédiens à la carrière en déshérence.

Quelques années plus tôt, un film généreux, glouton, populaire, à mi-chemin entre artisanat et modernité, s'est retrouvé à la croisée exacte des mondes, entre la généreuse aventure à l'ancienne et le nanar frauduleux débordant de numérique. Un film avec un gros serpent. Le bien nommé Anaconda.

 

affiche françaiseLes yeux sans visage

 

APOCAVENTURE NOW

Quand sort Anaconda, réalisé par Luis Llosa (qui s'est depuis reconverti dans la production, loin d'Hollywood), le box-office a beau ne pas lui être défavorable (il amasse plus de 136 millions de dollars pour un budget de 45), la presse et le public ne font pas de quartier, tant le long-métrage leur paraît daté, raté, hors sujet. Et si l'heure viendra bientôt d'aborder ces (surréalistes) errances, le long-métrage risque fort de se gameller, tant il arrive après quelques tentatives hollywoodiennes foireuses. En effet, le choc Jurassic Park, qui dévora le box-office, révolutionnant au passage l'usage des effets numériques encore balbutiant à Hollywood, a inspiré les studios.

Grande aventure, décor exotique, voire luxuriant, méchantes bébêtes à la paroi stomacale souple, les majors espèrent utiliser ces ingrédients (à défaut des dinosaures de Steven Spielberg, trop coûteux et identifiés). Par conséquent, plusieurs films présentant quelques-uns de ces ingrédients, aux budgets confortables et au casting de premier ordre, vont voir le jour. Parmi eux, les plus notables sont sans doute Congo, adapté du romancier Michael Crichton, déjà créateur d'un certain parc Jurassique, ainsi que L'Ombre et la Proie. Soit un nanar cosmique et une tentative honorable, mais ratée de renouer avec l'aventure à l'ancienne, toutes deux violemment douchées au box-office.

 

photoJen from the Mangrove

 

C'est pourquoi quand débarque Anaconda, il est préalablement reçu comme la queue de comète d'une mouvance de studios qui fleure bon l'opportunisme, la foirade et la ringardise. Une grille de lecture regrettable, d'autant plus que la dimension de divertissement à l'ancienne est probablement un des ingrédients les plus immédiatement réjouissants du long-métrage. En effet, dès l'ouverture du récit, un sentiment familier s'empare du spectateur, et ce malgré l'emphase croquignolesque de l'ensemble, en grande partie du à la musique.

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commentaires
Loony Toony
01/08/2021 à 10:51

Perso j'avais bien aimé anaconda quand je l'ai vu, un film a mi chemin entre l'aventure rétro et le film de monstres moderne, un peu comme le fera la momie deux ans plus tard.
Et j'adore la BO de ce film

Kolby
31/07/2021 à 22:47

Je ne sais vraiment pas pourquoi l'ombre et la proie est si sous-estimer, concernant les films d'attaques animales, il se place parmi les meilleurs même le meilleur, mais bon dès sa sortie, ils l'ont massacré de toute part et pourtant...?
Anaconda sincèrement fait le taf... Le décor, le serpent très réaliste, pas comme ces effet de semblant...

Mx
31/07/2021 à 14:19

Pour revenir au film, j'en garde un assez bon, souvenir, très bon cast, mise en scène carré, anaconda très impressionnant (mélange d'animatroniques et de sfx, si je dis pas de bêtises), jon voigt en fait des caisses en bad guy, le cadre de l'amazonie très bien exploité, une bo aux petits oignons, avec un cri dans l'océan, mes deux madeleines de proust dans le genre!!

et puis ia danny trejo, haha!!!!

Ana Conda
31/07/2021 à 13:58

@Mx Effectivement L'ombre et la proie est un très bon film avec le trop rare Val Kilmer.

Mx
31/07/2021 à 13:29

L’ombre et la proie, raté?

On a pas du voir le même film, parmi tous les films d’attaques animales des années 90, ce dernier enfonce sans problèmes tous les anacondas, lake placid, peur bleue et consorts.

Encore une fois, il mérite clairement de figurer dans la rubrique pas si nul que sa, car trop souvent méprisé.

Et à la différence de ses voisins, le film est tiré d’un fait réel, les lions mangeurs d’hommes de tsavo ont bel et bien existé.

Kolby
31/07/2021 à 12:32

On ne peut pas plaire à tout le monde. Que le film fût divertissant, que demander de plus pour ce genre de film a partir du moment que le tueur soit plus réaliste que possible et ce fût le cas du serpent.

Ray Peterson
31/07/2021 à 11:02

Autant j'adore les films de bébêtes autant cet Anaconda m'avait laissé de marbre. A la rigueur pour Jon Voigt mais mon dieu que ce film est loupé. Les FX était déjà nazes à sa sortie en salle.

Bon et Luis Llosa... Sniper avec Tom Berenger qui plie les genoux pour tirer ou l'Expert avec Stallone et Stone qui font des démos "physical" quand ils échangent au téléphone. Hum.

Allez, merci quand même pour cet article! Par contre, cher rédaction d'Ecran Large, vu que vous êtes dans la foulée des films de bébêtes, si vous faites un article sur Arachnophobie un jour, je suis preneur!

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