Avant Justice League : Watchmen, le plus grand film de super-héros moderne ?

Geoffrey Crété | 21 mars 2021 - MAJ : 21/03/2021 12:10
Geoffrey Crété | 21 mars 2021 - MAJ : 21/03/2021 12:10

L'adaptation du roman graphique d'Alan Moore, dessiné par Dave Gibbons, a été un bide en salles, et pourtant c'est une réussite éclatante.

Entre la publication en 1986 du roman graphique d'Alan Moore et Dave Gibbons, et la récente série HBO Watchmen, il y a eu des années de tentatives et fantasmes pour adapter ces Gardiens. Et un projet qui a vu le jour au cinéma.

Produit par le studio Warner Bros., réalisé par Zack Snyder, écrit par David Hayter et Alex Tse, Watchmen est sorti en 2009. Patrick Wilson, Jackie Earle Haley, Malin Akerman, Billy Crudup, Jeffrey Dean Morgan ou encore Carla Gugino incarnent ces gloires super-héroïques déchues. Le film a été un échec en salles, mais a depuis gagné un statut culte auprès de bien des gens.

Alors que Zack Snyder a concrétisé un autre fantasme avec le Snyder Cut, officiellement intitulé Zack Snyder's Justice League (notre critique par ici), retour sur ce film de super-héros noir et magnifique. Et pourquoi c'est certainement l'un des plus grands du genre.

 

 

C'EST UN PROJET HORS-NORME

Comment la Warner a-t-elle pu valider ce film à 130 millions (sans compter le marketing), de 2h42, Rated R, avec aucune star bankable au générique, et une telle noirceur ? Même l'équation Joker en 2019 n'est pas aussi folle.

L'idée d'adapter le roman graphique d'Alan Moore et Dave Gibbons traîne depuis des décennies lorsque Zack Snyder y arrive, et plusieurs studios s'y sont cassé les dents. La Fox d'abord, qui a acheté les droits dès sa publication via Lawrence Gordon et Joel Silver, le succès des films Superman ayant donné des idées. Face au refus de Moore d'écrire l'adaptation, le studio engage Sam Hamm, le scénariste du futur Batman de Tim Burton qui sortira en 1989.

La Warner Bros. ensuite, qui récupère les droits au début des années 90. Terry Gilliam s'y consacre alors avec Charles McKeown, son scénariste de Brazil. Il veut un budget de 100 millions, et finit par quitter le projet qu'il estime impossible à adapter.

C'est au tour d'Universal de s'y essayer au début des années 2000. Nouvel échec : David Hayter (futur scénariste de X-Men et co-scénariste du film de Snyder) est censé écrire et réaliser, mais s'en va. Revolutions Studios échoue aussi, avant que Paramount Pictures ne tente sa chance. Darren Aronofsky est annoncé comme réalisateur, puis Paul Greengrass, puis rien. Le studio jette l'éponge.

 

photoÉtat des producteurs après 15 ans de patience

 

Retour inopiné à la case départ : en 2005, Watchmen revient chez la Warner. Tim Burton aurait été évoqué, mais un autre nom attire l'attention : Zack Snyder, qui vient de cartonner avec 300. En adaptant Frank Miller, en imposant une patte visuelle unique, en attirant le public contre toute attente, le cinéaste s'est imposé. Alex Tse est engagé pour réécrire le scénario de Hayter, et replacer le contexte de Guerre froide original.

Tout est bien qui commence bien, puisque le projet est enfin lancé. La Paramount, qui avait dépensé quelques millions pour rien, récupère les droits de distribution internationaux et 25% du gâteau. Et la Fox, qui attaque la Warner à cause des histoires de droits, finit par trouver un accord pour lâcher l'affaire.

Pour son troisième film après L'Armée des morts en 2004 et 300 en 2006, Zack Snyder se retrouve à la tête d'un projet attendu depuis quinze ans, avec un budget de blockbuster, et une mission jugée impossible.

 

photoQuand le projet rencontre enfin son studio et son réalisateur

 

C'EST MAGNIFIQUE

Zack Snyder retrouve son directeur de la photo Larry Fong après 300. Et c'est un des aspects les plus mémorables du film : Watchmen est d'une beauté folle. Chaque décor respire la passion et l'attention, et recèle de détails, d'un appartement obscur à une ruelle. Et ce même soin est apporté aux effets visuels. Du masque de Rorschach à Docteur Manhattan, de Mars à un Vietnam halluciné, le film regorge de visions extraordinaires.

L'harmonie du film est encore éclatante, dix ans après. Malgré plus de 1100 plans à effets, Watchmen ne ressemble pas à un banal blockbuster artificiel, bâti autour de fonds verts et hangars : l'univers a été assemblé avec tant de précision et maîtrise, que c'est un tout cohérent et solide, presque une évidence totale à l'écran. Peut-être parce que les effets sont signés Sony Pictures Imageworks, derrière la trilogie Spider-Man de Sam Raimi, celle de Matrix des Wachowski, et Hollow Man de Paul Verhoeven - ce qui les a bien aidés pour déconstruire et reconstruire un corps comme celui de Manhattan.

 

photo Les effets de Dr Manhattan sont assez magnifiques

 

Au-delà des effets, c'est toute la direction artistique qui est flamboyante. Comme si Zack Snyder avait trouvé et créé, brique après brique, un univers tiré du roman graphique, en lui apportant ses couleurs, son énergie. La force du roman graphique est là, et c'est le ciment du film, mais il fallait quelqu'un pour oser et parvenir à l'adapter, et en tirer un film. Le réalisateur de Batman v Superman : L’Aube de la justice et Man of Steel y est parvenu avec brio, et avec les moyens nécessaires.

Les choix musicaux y sont pour beaucoup. L'émotion du The Times They Are A Changing de Bob Dylan, All Along the Watchtower de Jimmi Hendrix, et celle, incommensurable, du Pruit Igoes and Prophecies de Philip Glass (repris de la BO de Koyaanisqatsi) sur l'histoire de Dr Manhattan, sont des sommets en la matière.

 

photo, Jackie Earle Haley I'm afraid of Americans

 

C'EST PROFOND

Bien sûr, l'intelligence est la matière première du film, adapté d'un roman graphique riche qui questionne autant la figure du super-héros que le sens profond de la politique tout en plongeant dans les tréfonds de l'âme humaine. Mais le scénario de David Hayter et Alex Tse apporte quelques touches modernes.

À la place du calamar géant monstrueux conçu comme le mensonge ultime, pour tomber sur le monde comme un rappel à l'ordre cosmique, et replacer l'humanité dans sa dimension minuscule et modeste, c'est le Docteur Manhattan qui est transformé en arme malgré lui. Le sacrifice de ce dieu fait américain est lourd de sens, notamment parce que l'immense pouvoir que Manhattan pensait contrôler lui a échappé pour être utilisé à des fins terribles - un refrain bien connu.

Encore une fois, l'enjeu d'un film Watchmen était surtout de rendre justice à la complexité noire et terrible du roman graphique. Pari réussi.

 

photo Derrière les costumes, la violence 

 

C'EST EXTRÊME

Dans la première demi-heure, ce Comédien tué dans l'intro, présenté comme un héros, est montré en train de tabasser et essayer de violer une super-héroïne, cramer un Vietnamien sans défense pour le plaisir, tirer à bout portant sur une fille enceinte de lui, et frapper une manifestante et ses copains dans la rue. Le film montrera des chiens jouer avec les restes de la jambe d'une petite fille, des balles déchirer la chair et briser des os, des bras coupés, des visages déformés par les coups, et des héros qui reprennent vie grâce à cette violence.

Watchmen n'a pas peur de la violence (même si la version sortie en salles l'atténue un peu). Mais Watchmen questionne cette violence. Le spectacle a beau réveiller les esprits et hormones des héros, être sublimé et esthétisé par la mise en scène, et provoquer des sensations chez le public, le film interroge la valeur de cette violence, son sens et son utilité. Que les héros arrivent après la bataille, et découvrent qu'Adrian a déjà tué des millions d'innocents sans qu'ils n'aient pu le stopper, enfonce le clou. 

Extrême, le film l'est à tous les niveaux : la lecture superficielle offre des images peu ragoûtantes et dérangeantes, quand la réflexion au-delà pousse le spectateur à remettre en perspective la notion de héros, de justice, de bien et de mal. 

Si The Dark Knight est réputé pour mettre en image la lutte impitoyable entre l'ordre et le chaos, et la puissance inouïe de ce dernier, Watchmen montre à merveille que les deux sont intimement liés, et peuvent rendre fous tout esprit sain.

 

photoL'amour vient en frappant

C'EST UNE VRAIE ADAPTATION

La principale attaque contre le film est la soi-disant paresse de Zack Snyder, qui aurait simplement adapté le roman graphique, case après case. C'est oublier les libertés prises par le film, et tous les choix de pur cinéma. La musique, le montage, le mouvement sont autant d'outils purement cinématographiques, que le réalisateur a mis au service de cet univers. Il n'y a qu'à voir le mémorable générique de début sur Bob Dylan, pour se dire qu'il y a bien quelqu'un avec une vision à la barre du projet.

Il y a de nombreuses différences, mais la plus claire et frappante est la fin. Dans le comics, le plan pour la paix d'Ozymandias repose sur un gigantesque monstre à tentacules, créé par Veidt pour frapper Manhattan, et présenté comme un alien venu d'une autre dimension. Confrontés à cette menace nouvelle, et à la peur de crises bien plus graves que leurs querelles, les États-Unis et la Russie avaient ainsi trouvé une raison de s'unir, et protéger l'humanité.

Dans le film, l'image est moins folle et plus terre-à-terre : Veidt piège Dr Manhattan. Il déclenche plusieurs explosions nucléaires dans de grandes villes, lesquelles laissent la signature énergétique du héros. Un bouc émissaire parfait qui transforme le dieu en démon, et apporte au film une note plus ancrée dans l'Amérique post-11 septembre.

 

photoLe coupable idéal

 

Mais au-delà de ces choix qui peuvent alimenter bien des discussions sur la frontière entre adaptation et trahison, Watchmen est un film qui brille de mille feux, par ses choix. Les acteurs, la musique, le son, le montage, les ralentis et les mouvements...

Au fil des années, des noms aussi lourds que Robin WilliamsSigourney WeaverJamie Lee CurtisKeanu ReevesKevin CostnerSean Penn et Tommy Lee Jones ont été liés au projet. Mais Patrick WilsonMalin AkermanJackie Earle HaleyBilly CrudupMatthew GoodeCarla Gugino et Jeffrey Dean Morgan ont été choisis, sans qu'aucun n'ait un statut bankable. La preuve qu'il y a eu là un vrai beau choix, de talent et non de stature ? Possible.

 

photo, Carla Gugino Jeffrey Dean Morgan et Calra Gugino, parfaits Comédien et Silk Spectre

 

LE PUBLIC L'A REJETÉ

Le film a coûté dans les 130-140 millions, hors promo. Avec les coûts marketing d'un tel film, difficile de ne pas imaginer qu'il a au minimum coûté plus de 200 millions. Il en a encaissé 185 dans le monde, dont 107 au box-office domestique.

Watchmen a donc été un échec à sa sortie. Il a pourtant été lancé en grande pompe, sur un circuit énorme pour un film Rated R (plus de 3600 salles aux États-Unis). La critique a en plus été positive, voire très bonne. Que s'est-il donc passé ?

Le public américain s'est dans un premier temps déplacé, avant ensuite une baisse de fréquentation significative. En France, même déception : environ 754 000 entrées, soit l'un des pires scores pour un film de super-héros, proche d'un Green Lantern (X-Men Origins : Wolverine a attiré plus de 1,9 million de spectateurs la même année).

Trop violent ? Trop long ? Trop noir ? Trop en avance sur son temps, avant un assaut de films de super-héros qui l'aurait rendu plus pertinent ? Trop mal vendu (le marketing, ce joker ultime) ? Dans tous les cas, cet échec donne une couleur encore plus belle au film, qui a pu être redécouvert plus tard par le public, comme un secret presque oublié, un joyau survolé.

 

photo, Malin AkermanL'échec absolu des super-héros 

 

C'EST LE MEILLEUR FILM DE ZACK SNYDER

300 a marqué son époque et nourri pas mal de fantasmes huileux. L'Armée des morts est un très solide film de zombie, et un remake inspiré. Sucker Punch est un film plus personnel pétri de défauts, mais d'une ambition fascinanteMan of Steel reste l'un des films de super-héros récents les plus excitants, d'une ampleur et d'une beauté parfois étourdissants. Batman v Superman : L’Aube de la justice a violemment partagé les fans et le public, mais prolonge clairement les questionnements de Watchmen. Et Justice League... non, pas Justice League, merci.

Watchmen était le troisième film de Zack Snyder, et reste le plus fou, le plus beau, le plus étincelant. C'est aussi le film de l'équilibre, où son énergie visuelle ne prend pas le pas sur les personnages, où le scénario n'est pas simplement un prétexte, et où toutes les pièces s'agencent pour former un tout cohérent.

S'il a clairement été freiné voire étouffé par la Warner dans le cadre de DC, il a de toute évidence joui d'une liberté spéciale ici.

 

Photo Gal Gadot, Zack Snyder, Ben AffleckLà-haut au loin : mon meilleur film, qui date un peu


OUI, MAIS EN QUELLE VERSION ?

Watchmen au cinéma durait 2h42. Puis en version director's cut : 3h06. Et enfin, en Ultimate Cut (avec la partie animée du Black Freighter) : 3h25.

Zack Snyder a sa préférence, comme expliqué à Collider :

"Je pense que si vous êtes un méga fan, ce qui est très bien, la version Ultimate Cut est pour les fans purs et durs du comics. Mais pour moi, la Director's cut sans le Black Freighter est la meilleure. Je voulais faire The Black Freighter, mais on ne l'a pas vraiment créé pour qu'il soit intercalé dans le film, donc on a dû bricoler, et même si ça marche plutôt bien, je n'ai jamais eu le sentiment que c'était vraiment 100% organique. Donc pour moi, la Director's Cut est la mieux, avec la mort de Hollis et d'autres choses comme ça."

 

photoUn magnifique et inoubliable plan

 

Difficile de ne pas lui donner raison. Si la version cinéma est à oublier sans hésiter, la version Ultimate est un levier marketing pas bien utile, qui rallonge le film, casse le rythme, et détourne l'attention. Watchmen en 3h06, c'est un shoot de cinéma parfait.

Pour savoir pourquoi la série Watchmen est une belle réussite, c'est par là.

 

Tout savoir sur Watchmen

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commentaires
Jean Neige
24/03/2021 à 13:03

Wouais Wouais je confirme une PEPITE en SUPER SLIP !!

Murata
23/03/2021 à 20:22

Le meilleur film de super héros - qui est arrivé avant l'essentiel de la vague super héroïque en plus - et un excellent film tout court. Ca me fait marrer de voir les rageux anti-Snyder à l'oeuvre, après tout, Tarantino ou Nolan ont leurs propres rageux. La marque des grands peut-être.

Emynoduesp
23/03/2021 à 14:10

Eh bien tout est dit dans l article...

Pour moi, le meilleur film de supers slips de tous les temps. Mon seul regret est d etre dans la case des gens qui ne l auront decouvert qu apres sa sortie au cinema.

J ai rattrape ma faute en commandant le coffret Ultimate aux USA il y a une dizaine d annees. De la bombe je vous dis!

Matrix r
22/03/2021 à 13:12

Un grand film. Un classique

Trucbidule
22/03/2021 à 10:56

Pour la musique mis à part "Times are changent", j'ai toujours trouvé dommage que le choix ne soit pas aller vers des versions alternatives, vu qu'on est dans un monde alternatif. D'ailleurs il le fait à la fin avec désolation row

Wintermute
21/03/2021 à 22:14

Ca fait vraiment plaisir de voir que ce film acquiert enfin la considération qu'il mérite. Je l'ai vu à sa sortie, et il m'a scotché, provoquant un sentiment bizarre de nostalgie de choses qui n'ont jamais été. Et j'ai vu par la suite la Director's cut, et effectivement c'est vraiment sa meilleure version. Pour moi c'est un film absolument extraordinaire, une pépite.

Micju
21/03/2021 à 16:53

Son œuvre numéro un. Ça plus grande réussite avec MOS et 300 .Le reste beaucoup de défauts.

Arnaud (le vrai)
21/03/2021 à 16:48

@Birdy
Ah mais le style Snyder ne me rebute pas hein, j’ai apprécié 300 et MoS, j’ai adoré BvS et (je viens de regarder) je trouve sa JL juste exceptionnelle (malgré ses défauts évidents comme les blagues de Flash moisies, les FX pas fini (mais je reste indulgent la dessus vu les circonstances), ou encore les trop nombreux ralentis)

Non juste Watchmen j’ai vraiment pas réussi à rentrer dedans et j’ai vraiment détesté

Honnêtement, j’ai pas la motivation ni le temps de lui redonner sa chance, même si j’ai conscience que pour énormément de monde c’est le film de SH ultime

Geoffrey Crété - Rédaction
21/03/2021 à 16:28

@Ankytos

On profite de cette sortie dans un désert de grosse sorties, pour ressortir nos dossiers sur Snyder, qui ont été écrits par le passé. On a fait pareil pour Christopher Nolan avec Tenet, pour Spielberg avec Ready Player One et Pentagons Papers, ou Guillermo Del Toro avec La Forme de l'eau. Rien de spécial, vraiment : tout ça passionne notre public de manière totalement spectaculaire, et on est un site d'actu.

Je vais profiter de ce message pour dire qu'on ne fait pas que ça du coup. Je vais prendre ces dernières semaines comme exemple.
On publie des dossiers sur toute la mythologie Godzilla depuis 15 jours (et ça permet de parler des "vieux" films). Ce week-end, on parle de Tom Tykwer et Sono Sion. On a parlé de la plateforme Shadowz, avec laquelle on est très contents de collaborer en tant que fans de genre.
On a publié des critiques d'American Gods, Petite fille, Vanguard, Cherry, Last Chance U, Synchronic... On continue à parler jeu vidéo, avec un test de Little Nightmares 2 et un gros retour sur toute la saga Tomb Raider... On a fait de gros sujets sur Buffy, en dossier et en vidéo... On a profité de l'arrivée de leurs films sur Netflix pour faire des dossiers sur Claude Chabrol et Bertrand Tavernier...

Je comprends que le Snyder Cut soit trop présent pour certaines personnes, mais je voulais tout de même rappeler qu'on publie plein d'autres choses, chaque mois. Que ces articles marchent 10 ou 100 fois moins que la critique ou le dossier Snyder Cut, c'est une réalité, mais ça ne relève pas vraiment de notre pouvoir.

Kyle Reese
21/03/2021 à 16:21

Sans doute le meilleur film de super héros ou plutôt de héros masqué car très humains puisqu’à part le dr Manhattan aucun d’eux n’ont de pouvoir sur humain.

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