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Les 12 travaux d’Astérix : ce grand classique absolument génial et éternel

Par Geoffrey Crété
27 juillet 2020
MAJ : 21 mai 2024
29 commentaires

Puisque les incontournables 12 Travaux d’Astérix sont sur Netflix, replongeons dedans !

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Qui n’adore pas Les 12 travaux d’Astérix ? En hommage à Uderzo, reparlons-en.

C’est le prototype du film d’enfance vu et revu à la télévision, usé jusqu’à l’extrême en VHS, ressorti à la moindre soirée générationnelle, et entré dans la culture populaire au point d’être un marqueur de reconnaissance quasi tribal : Les 12 travaux d’Astérix, film d’animation de René Goscinny et Albert Uderzo.

 

 

L’IDEFIX DE CONTRÔLE

Astérix est né dans les cases de BD fin 1959, grâce au scénariste René Goscinny et au dessinateur Albert Uderzo. Le succès donne vite des idées, si bien qu’en 1967 sort Astérix le Gaulois, film d’animation réalisé par Ray Goossens, et lancé par les studios belges Belvision sans même avoir demandé l’autorisation aux créateurs du personnage. Goscinny et Uderzo découvrent le film lors d’une projection privée. Ils laissent le film sortir, mais malgré le succès qu’il rencontre, ils ne sont guère satisfaits du rendu.

Conscients que la machine doit être stoppée, ils bloquent les films La Serpe d’or et Le Combat des chefs en pleine préparation. Ils décident à la place de superviser un nouveau film, qui deviendra Astérix et Cléopâtre, toujours pour le studio Belvision. Uderzo s’occupe du storyboard tandis que Goscinny écrit l’adaptation, avec Pierre Tchernia.

Le film est signé de leurs noms, mais là encore, déception : à la sortie du film en 1968, le duo n’est pas satisfait du résultat. Réalisant qu’ils devraient être constamment présents lors de la production pour maîtriser le rendu, ils décident de prendre définitivement les choses en main : avec leur éditeur Georges Dargaud, ils crééent les studios Idéfix en avril 1974.

 

photoL’image d’une imperfection inacceptable pour Uderzo et Goscinny

 

Pour eux qui se rêvent en Walt Disney français, c’est un fantasme qui se réalise. Pour la France, où un tel studio est quasi inédit, c’est une curiosité, les studios Gémaix de Paul Grimault ayant fermés en 1952. Peu importe : Goscinny et Uderzo veulent à tout prix maîtriser toute la chaîne de production, suivre les animateurs jour après jour, contrôler chaque image et couleur.

Les studios Idéfix ont un impact direct sur le paysage de l’animation française. Constatant que le pays manque cruellement d’artistes spécialisés et compétents dans ce domaine, Henri Gruel, chargé de composer les équipes pour le film, demande à la Chambre du commerce et d’industrie de Paris de créer une formation digne de ce nom. Ainsi, un département animation est créé au Centre de formation des Gobelins. 

Et pour marquer le coup de leur ambition, Goscinny décide que le premier film des studios Idéfix sera tiré d’une idée originale, et non d’une bande-dessinée.

 

photo En route vers l’indépendance

 

HERCULÉEN 

La légende veut que l’idée du film ait germé dans l’esprit d’Uderzo et Goscinny alors qu’ils étaient dans une salle d’attente de l’hôpital de Neuilly. Le duo fouille dans la mythologie classique de l’Antiquité et se fixe sur les douze travaux d’Hercule, voyant là l’occasion d’assembler des sketches autour d’une trame principale. Pierre Tchernia rejoint à nouveau l’équipe pour le scénario et les dialogues.

Les 12 travaux d’Astérix demandera deux années de travail. Deux années et 500 000 dessins, 400 décors, et un travail qualifié de fourmi par Goscinny. Une douzaine de dessins serait ainsi nécessaire, au minimum, pour produire une seconde d’animation.

Les dialogues des acteurs sont enregistrés très tôt afin d’inspirer les animateurs, et leur permettre d’être le plus précis possible. Une partie sera ré-enregistrée en post-production, pour la touche finale.

Roger Carel et Jacques Morel sont de retour pour doubler Astérix et Obélix, après Astérix le Gaulois et Astérix et Cléopâtre. Carel prête aussi sa voix à Caius Pupus, entre autres.

 

photo Une course de fond

 

Gérard Calvi compose les thèmes dès le début de la production pour lancer la dynamique, même s’il n’y a pas de scène chantée comme dans Astérix et Cléopâtre. Il y a en revanche de la danse, avec une samba sur l’île du plaisir. L’équipe a réuni des danseurs brésiliens pour les filmer, et reproduire leurs mouvements en animation.

Calvi parlera d’un moment parfaitement absurde quand cette vingtaine de danseurs s’est retrouvée dans un petit bureau de la boîte, à remuer et se cogner contre les tables.

 

photoL’occasion de prendre de la hauteur

 

L’OLYMPE DE L’ART

Avec plus de 2,2 millions d’entrées en FranceLes 12 travaux d’Astérix fait un peu moins bien qu’Astérix le Gaulois (2,4 millions), mais mieux qu’Astérix et Cléopâtre (1,9 million). Mais il rencontre un succès énorme de l’autre côté des frontières, notamment en Allemagne où il attire plus de 7 millions de spectateurs.

Entré dans la culture populaire et devenu un classique parmi les classiques, il avait été diffusé vingt-cinq fois à la télévision française entre 1976 et 2016, devenant le huitième film le plus diffusé selon le CNC.

Bref, ces 12 travaux font partie de l’héritage culturel de bien des générations. Apothéose de la drôlerie d’Astérix en dessin animé, le film est pour beaucoup la grande réussite de tout cet univers, et un parfait équilibre. Des clins d’œil anachroniques (la station de métro Alésia) aux références historiques (« Brutus, cesse de jouer avec ce couteau« ), le métrage est d’une richesse folle. 

 

photo« Tu es un sanglier, tu es un sanglier… »

 

Rappeler les raisons qui font des 12 travaux d’Astérix un monument indétrônable, c’est quasiment en faire un résumé. La course contre Mérinos, le lancer de javelot, Cylindric le Germain, l’ïle du plaisir, le regard d’Iris, le repas de Mannekenpix le Belge, l’antre de la Bête, le laissez-passer A-38, le ravin des crocodiles, le Vénérable du sommet et enfin les jeux du cirque ; ou une certaine idée de la perfection du timing comique, du bruitage, des dialogues. Même une ellipse, comme celle qui mène le duo à Rome, est fabuleuse.

La seule question reste alors celle de la préférence de chacun, entre « Mais je vous dis que le port est au bord de la mer ! », « Et le petit toast qui va avec !« , « Du nectaaare et de l’ammmbroiiisiiie« , « La nuit ça doit être pratique pour lire au lit« , et les nombreux moments de pur génie. Même sans dialogue, le film est brillant, comme lorsque qu’il part en vrille dans l’Antre de la bête, ou quand Panoramix et son pote utilisent une simple malle dans l’arène pour se débarrasser d’un Romain trop curieux. 

 

photoUn hanteur

 

Personne ne sera vraiment surpris de se souvenir que Les 12 travaux d’Astérix est un chef d’œuvre du genre. De ces films qui sont vus par les yeux de tout âge, des plus naïfs aux plus avertis, sans jamais perdre mais constamment gagner – en profondeur, en drôlerie, en esprit. Et entre Netflix et la 78e rediffusion TV, aucune excuse pour ne pas y succomber à la moindre occasion. 

Pour notre article sur Astérix et Cléopâtrec’est par ici.

 

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Rédacteurs :
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Pseudo81

Un film qui passait chaque année sur M6 mais Ecran Large s’en foutait… Par contre une acquisition du très riche Netflix, là ça mérite un article, quite a gagner un peux d’argent pour un article sponsorisé tranquille.
Vous remarquerez le nombre d’article très grandissant et totalement positifs sur netflix c dernières, certains vont avoir de jolie cadeaux de noel chez Ecran Large ^^

Pseudo1

Je disais il y a justement quelques jours à des potes que malgré ses qualités et le talent indéniable d’Astier, le Secret de la Potion Magique, comme le Domaine des Dieux, reste quand même moins mémorable que les Douze Travaux, autant en termes de rythme que de répliques ou de gags.

Quand des décennies après, on se bidonne encore comme au premier jour devant les plats du cuistot belge (« t’as pas vu le cuisinier? Il est parti juste après les hors-d’oeuvres »), la Maison qui rend Fou (« le laisser-passer A38 ! ») ou l’Antre de la Bête (« Elle était comment ? Oh elle était bonne ! « ), c’est quand même la marque d’un film culte.

Les versions d’Astier bénéficient heureusement de l’esprit Kaamelott, mais ça reste moins culte que ce film ou même que Mission Cléopatre.
Je me surprends d’ailleurs à rêver d’un 3e volet mené par Astier ET Chabat.

Geoffrey Crété

@Pseudo81

Vous aurez peut-être noté qu’entre le moment où « ça passait chaque année sur M6 », et 2018, Ecran Large a évolué. L’équipe a changé, s’est s’agrandie, et on parle de plus en plus de choses. Donc l’arrivée sur Netflix est juste une occasion de revenir sur ces super films – et d’ailleurs, croyez-nous ou non, les articles étaient prévus depuis des semaines, avec la sortie du Secret de la potion magique.

Netflix étant devenu un énorme centre d’intérêt pour les lecteurs, on le prend en compte, car oui, le lecteur a un impact et guide en partie les sujets. On profite donc de cet ajout à leur catalogue pour revenir sur ces super films. Et pour les diffusions TV : on reparle de films dans ce cadre à peu près tous les soirs, donc ces articles auront une longue vie de ce côté.

Mais la meilleure réponse à cette théorie de sponsor Netflix, reste certainement notre travail. On vous invite à lire nos critiques de Bird Box, Extinction, Cloverfield Paradox, Dark ou encore Mute, sans oublier des séries comme House of Cards S6, Sabrina, La Casa de Papel, Iron Fist, Altered Carbon, 13 Reasons Why, 3%. Vous devriez voir à quel point on est toujours positifs avec Netflix, au point d’être régulièrement accusés… d’être anti-Netflix. Ce qui est certainement la meilleure preuve qu’on se fout de savoir d’où ça vient : on aime juste les trucs bien.
Faudra jeter un oeil à nos tops et flops de fin d’année d’ailleurs, parce que si on était sponsorisés par Netflix, on serait bien mauvais.

Et chacun peut s’amuser à faire ses théories pour expliquer tout ce qu’il veut : les partenariats chez EL sont clairs, signalés dans l’article, et on a même une page dédiée à cette question, afin que le lecteur sache comment on fonctionne.

https://www.ecranlarge.com/partenariats

Copeau

C’est vraiment ce qui me fait gerber dans notre monde moderne… la capacité des réseaux et du web en général à condenser et diffuser de manière hallucinante toutes les théories débiles, les fake news et la moindre conclusion/idée/connerie qui sort de n’importe quel cerveau ramolli du bulbe sans aucun filtre. La preuve avec nos pauvres gars d’Ecranlarge qui sont traités de tout et de son contraire au moindre article par des lecteurs (souvent les mêmes pseudos) qui critiquent, critiquent mais continuent de venir lire les articles (où est la logique ? ). Le pire c’est qu’un jour, épuisé par tant de conneries et d’acharnement, le site supprimera cet espace d’échange libre qui subit de plein fouet cette tendance que je viens de décrire : celle de croire que l’on peut tout dire sans filtre, sans source, sans réflexion, sans faire attention à la forme…. C’est dommage car il faut bien avouer que c’est sympa d’avoir cette possibilité d’écrire des articles aussi facilement sans avoir à s’inscrire nulle part…bref je m’éloigne du sujet, hein ? désolé… @+

Geoffrey Crété

@Copeau

Merci pour votre message, la rédaction apprécie !
Et on aurait tendance à dire que le meilleur moyen de « lutter », par rapport à ce que vous exprimez, est encore de continuer à participer à ce lieu d’échange. Non pas pour nous dire qu’on a raison, que les autres sont méchants, mais simplement pour faire de cet espace celui de tout le monde, où plein d’avis, d’énergies, de passions, et manières de voir les choses, coexistent. C’est encore la meilleure raison de s’accrocher à ce lieu d’échange auquel on tient ! Donc merci à vous, et à très bientôt 😉