Les 12 travaux d'Astérix sur Netflix : ce grand classique absolument génial et éternel

Mise à jour : 17/12/2018 09:54 - Créé : 16 décembre 2018 - Geoffrey Crété
photo
322 réactions

Qui n'adore pas Les 12 travaux d'Astérix ?

C'est le prototype du film d'enfance vu et revu à la télévision, usé jusqu'à l'extrême en VHS, ressorti à la moindre soirée générationnelle, et entré dans la culture populaire au point d'être un marqueur de reconnaissance quasi tribal : Les 12 travaux d'Astérix, film d'animation de René Goscinny et Albert Uderzo.

Alors qu'il débarque sur Netflix le 15 décembre et que le Astérix - Le secret de la potion magique de Louis Clichy et Alexandre Astier est en salles, Ecran Large a eu envie de revenir sur ce film culte, parmi les plus cultes de toutes les adaptations. Pour redire à quel point il l'est.

Pour notre article sur Astérix et Cléopâtre, c'est par ici.

 

 

L'IDEFIX DE CONTRÔLE

Astérix est né dans les cases de BD fin 1959, grâce au scénariste René Goscinny et au dessinateur Albert Uderzo. Le succès donne vite des idées, si bien qu'en 1967 sort Astérix le Gaulois, film d'animation réalisé par Ray Goossens, et lancé par les studios belges Belvision sans même avoir demandé l'autorisation aux créateurs du personnage. Goscinny et Uderzo découvrent le film lors d'une projection privée. Ils laissent le film sortir, mais malgré le succès qu'il rencontre, ils ne sont guère satisfaits du rendu.

Conscients que la machine doit être stoppée, ils bloquent les films La Serpe d'or et Le Combat des chefs en pleine préparation. Ils décident à la place de superviser un nouveau film, qui deviendra Astérix et Cléopâtre, toujours pour le studio Belvision. Uderzo s'occupe du storyboard tandis que Goscinny écrit l'adaptation, avec Pierre Tchernia.

Le film est signé de leurs noms, mais là encore, déception : à la sortie du film en 1968, le duo n'est pas satisfait du résultat. Réalisant qu'ils devraient être constamment présents lors de la production pour maîtriser le rendu, ils décident de prendre définitivement les choses en main : avec leur éditeur Georges Dargaud, ils crééent les studios Idéfix en avril 1974.

 

photoL'image d'une imperfection inacceptable pour Uderzo et Goscinny

 

Pour eux qui se rêvent en Walt Disney français, c'est un fantasme qui se réalise. Pour la France, où un tel studio est quasi inédit, c'est une curiosité, les studios Gémaix de Paul Grimault ayant fermés en 1952. Peu importe : Goscinny et Uderzo veulent à tout prix maîtriser toute la chaîne de production, suivre les animateurs jour après jour, contrôler chaque image et couleur.

Les studios Idéfix ont un impact direct sur le paysage de l'animation française. Constatant que le pays manque cruellement d'artistes spécialisés et compétents dans ce domaine, Henri Gruel, chargé de composer les équipes pour le film, demande à la Chambre du commerce et d'industrie de Paris de créer une formation digne de ce nom. Ainsi, un département animation est créé au Centre de formation des Gobelins. 

Et pour marquer le coup de leur ambition, Goscinny décide que le premier film des studios Idéfix sera tiré d'une idée originale, et non d'une bande-dessinée.

 

photo En route vers l'indépendance

 

HERCULÉEN 

La légende veut que l'idée du film ait germé dans l'esprit d'Uderzo et Goscinny alors qu'ils étaient dans une salle d'attente de l'hôpital de Neuilly. Le duo fouille dans la mythologie classique de l'Antiquité et se fixe sur les douze travaux d'Hercule, voyant là l'occasion d'assembler des sketches autour d'une trame principale. Pierre Tchernia rejoint à nouveau l'équipe pour le scénario et les dialogues.

Les 12 travaux d'Astérix demandera deux années de travail. Deux années et 500 000 dessins, 400 décors, et un travail qualifié de fourmi par Goscinny. Une douzaine de dessins serait ainsi nécessaire, au minimum, pour produire une seconde d'animation.

Les dialogues des acteurs sont enregistrés très tôt afin d'inspirer les animateurs, et leur permettre d'être le plus précis possible. Une partie sera ré-enregistrée en post-production, pour la touche finale.

Roger Carel et Jacques Morel sont de retour pour doubler Astérix et Obélix, après Astérix le Gaulois et Astérix et Cléopâtre. Carel prête aussi sa voix à Caius Pupus, entre autres.

 

photo Une course de fond

 

Gérard Calvi compose les thèmes dès le début de la production pour lancer la dynamique, même s'il n'y a pas de scène chantée comme dans Astérix et Cléopâtre. Il y a en revanche de la danse, avec une samba sur l'île du plaisir. L'équipe a réuni des danseurs brésiliens pour les filmer, et reproduire leurs mouvements en animation.

Calvi parlera d'un moment parfaitement absurde quand cette vingtaine de danseurs s'est retrouvée dans un petit bureau de la boîte, à remuer et se cogner contre les tables.

 

photo

 

L'OLYMPE DE L'ART

Avec plus de 2,2 millions d'entrées en FranceLes 12 travaux d'Astérix fait un peu moins bien qu'Astérix le Gaulois (2,4 millions), mais mieux qu'Astérix et Cléopâtre (1,9 million). Mais il rencontre un succès énorme de l'autre côté des frontières, notamment en Allemagne où il attire plus de 7 millions de spectateurs.

Entré dans la culture populaire et devenu un classique parmi les classiques, il avait été diffusé vingt-cinq fois à la télévision française entre 1976 et 2016, devenant le huitième film le plus diffusé selon le CNC.

Bref, ces 12 travaux font partie de l'héritage culturel de bien des générations. Apothéose de la drôlerie d'Astérix en dessin animé, le film est pour beaucoup la grande réussite de tout cet univers, et un parfait équilibre. Des clins d'œil anachroniques (la station de métro Alésia) aux références historiques ("Brutus, cesse de jouer avec ce couteau"), le métrage est d'une richesse folle. 

 

photo"Tu es un sanglier, tu es un sanglier..."

 

Rappeler les raisons qui font des 12 travaux d'Astérix un monument indétrônable, c'est quasiment en faire un résumé. La course contre Mérinos, le lancer de javelot, Cylindric le Germain, l'ïle du plaisir, le regard d'Iris, le repas de Mannekenpix le Belge, l'antre de la Bête, le laissez-passer A-38, le ravin des crocodiles, le Vénérable du sommet et enfin les jeux du cirque ; ou une certaine idée de la perfection du timing comique, du bruitage, des dialogues. Même une ellipse, comme celle qui mène le duo à Rome, est fabuleuse.

La seule question reste alors celle de la préférence de chacun, entre "Mais je vous dis que le port est au bord de la mer !", "Et le petit toast qui va avec !", "Du nectaaare et de l'ammmbroiiisiiie", "La nuit ça doit être pratique pour lire au lit", et les nombreux moments de pur génie. Même sans dialogue, le film est brillant, comme lorsque qu'il part en vrille dans l'Antre de la bête, ou quand Panoramix et son pote utilisent une simple malle dans l'arène pour se débarrasser d'un Romain trop curieux. 

 

photoUn hanteur

 

Personne ne sera vraiment surpris de se souvenir que Les 12 travaux d'Astérix est un chef d'œuvre du genre. De ces films qui sont vus par les yeux de tout âge, des plus naïfs aux plus avertis, sans jamais perdre mais constamment gagner - en profondeur, en drôlerie, en esprit. Et entre Netflix et la 78e rediffusion TV, aucune excuse pour ne pas y succomber à la moindre occasion. 

Pour notre article sur Astérix et Cléopâtrec'est par ici.

 

Affiche

commentaires

Number6 16/12/2018 à 22:20

@la rédaction

Oui, un petit dossier Asterix, réussite échec, aussi bien en animé qu'en live.

The Moon 16/12/2018 à 21:28

On ne peu pas faire plus classique dans l'animation française...

gripsou 16/12/2018 à 19:29

Le meilleur. Punchline sur punchline. Un classique. Par contre, la couverture est affreuse. Et ils n'y ont jamais remédié.

J'aurais rien contre un petit lifting.

Le Waw 16/12/2018 à 17:21

Mon préféré...

warriors 16/12/2018 à 17:20

Les 12 travaux d'Astérix vu en 1976 est revu cent fois depuis

Geoffrey Crété - Rédaction 16/12/2018 à 16:58

@Number6

Ce n'était pas le sujet ici, donc ce n'était pas vraiment le lieu pour parler de cette partie de leur histoire. On le fera peut-être, à l'occasion, dans un futur article.

Number6 16/12/2018 à 16:56

Avez vous déjà fait un article que le studio Idefix ? Même si c'est assez connu, c'est dommage que vous ne rappeliez pas leur souci rencontré, la fermeture du studio....

Copeau 16/12/2018 à 16:19

@LaRedac
Un peu d'onde positive en ces temps moroses ne peut pas faire de mal. Merci à vous !
Et c'est aussi ça la magie du cinéma...pouvoir se fendre la poire en regardant Asterix avec ses enfants après avoir pleuré en regardant les infos du soir...

jorgio69 16/12/2018 à 16:13

Pour moi les aventures d'Asterix s'arrêtent à "Astérix chez les Belges" de Uderzo et Goscinny.
Mais j'ai un gros faible pour celui là.
Tout à fait d'accord avec votre article.
"VOUS COMMENCEZ A M'ENNUYEZ AVEC LE PORT !!"

Geoffrey Crété - Rédaction 16/12/2018 à 15:53

@Copeau

Merci pour votre message, la rédaction apprécie !
Et on aurait tendance à dire que le meilleur moyen de "lutter", par rapport à ce que vous exprimez, est encore de continuer à participer à ce lieu d'échange. Non pas pour nous dire qu'on a raison, que les autres sont méchants, mais simplement pour faire de cet espace celui de tout le monde, où plein d'avis, d'énergies, de passions, et manières de voir les choses, coexistent. C'est encore la meilleure raison de s'accrocher à ce lieu d'échange auquel on tient ! Donc merci à vous, et à très bientôt ;)

Plus

votre commentaire