Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur - critique tranchante

Simon Riaux | 9 février 2020
Simon Riaux | 9 février 2020

Le Roi Arthur : La légende d'Excalibur repasse ce soir sur TF1 à 21h

Qu’on l’adore ou le déteste, Guy Ritchie est devenu, par la force de deux Sherlock Holmes et de ses Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E, un candidat idéal à la relecture post-moderne d’icônes populaires. Rien de très étonnant donc à ce qu’il se retrouve aux commandes d’un Le Roi Arthur : La légende d'Excalibur pensé comme le premier étage d’une fusée à plusieurs étages et innombrables séquelles. Rien d’étonnant non plus à ce qu’il traite ce matériau foisonnant avec l’incurie qui le caractérise.

CACAMELOT

Inutile d’en appeler aux précédentes itérations, cinématographiques, littéraires ou télévisuelles, de la légende arthurienne pour se pencher sur cette nouvelle vision, et on se gardera bien d’invoquer le légendaire Excalibur de John Boorman, son chef d’œuvre n’interdisant à personne de tenter sa chance. Le premier problème du film de Ritchie n’est pas la vision qu’il propose de ce mythe séminal, mais bien son absence de vision.

Pour qui connaît la symbolique inhérente au mythe, la densité de ses thématiques et le réseau d’occurrences formidables qu’il tisse avec la culture populaire contemporaine, ce Roi Arthur est tout simplement un crachat, tant son scénario se moque éperdument d’investir ce récit immémorial. Guy Ritchie jette par la fenêtre le clan Pendragon, balance dans l’évier tous les personnages constitutifs de la légende, fait un gros doigt d’honneur à son sens et à sa structure, et paraît ne jamais rien y comprendre.

 

Photo Charlie HunnamGuy Ritchie en plein massacre

 

Une attitude qui pourrait occasionner une relecture pulp, voire punk, si le cinéaste avait quelque chose à substituer au formidable substrat mythologique qu’il piétine. Mais non. Ici, Arthur est un gros bras porté sur les blagues grasses, un peu tristoune parce que son papounet lui manque. Point barre. Morgane est une mage constipée en descente de gluten, Merlin est aux abonnés absents, tandis que tout le monde ricane pépouze chez George Le Chinois (sic) dans l’arrière-cour de son école de kung-fu (re-sic).

 

Photo Charlie HunnamLa mort ou le Roi Arthur ?

 

EXCALIBURNE

La mise en scène de Guy Ritchie, initialement frénétique, s’est progressivement transformée en ce que Jean-Marie Poiré qualifierait de gros bordel indigne depuis la fin de sa collaboration avec Matthew Vaughn. Elle atteint ici un stade terminal, alors que le metteur en scène et son monteur de longue date tentent vainement de dynamiser leur récit à coups d’effets sortis tout droit d’un épisode de Téléfoot (multiplication des ralentis/accélérés jusqu’à la nausée), sans jamais s’inquiéter du sens, ou de la logique interne des scènes.

 

Photo Jude LawQu'il est vilain ce vilain

 

Chaque scène d’action se fait ainsi plus brouillonne que la précédente, pulvérisant aussi bien l’espace dramaturgique que les enjeux. Que le pauvre Charlie Hunnam – ou son immonde doublure numérique – affronte des chauves-souris géantes, des rats mutants (sic) ou un colosse opportunément arraché à Dark Souls, impossible de ne pas bailler devant la médiocrité de ces dispositifs, dont la mise en place expéditive indique combien le film a peu confiance en eux.

  

Photo Charlie HunnamSympa cette couv de Medieval GQ

 

LA RABLE TONDE

Mais si Le Roi Arthur est un glaviot toxique adressé à l’un des plus grands mythes occidentaux et un produit techniquement purulent, son climax pourra satisfaire les amateurs de n’importe quoi positronique. En effet, une fois son scénario jeté aux orties et ses personnages vidés de toute substance, Guy Ritchie se lâche totalement, dans un final qui évoque l’improbable hybridation entre une production Asylum et le cauchemar halluciné d’un gamer en pleine hypoglycémie.

 

Photo David BeckhamEuh... David Beckham, vraiment ?

 

Préparez-vous donc à voir défiler une séquence qui ne dépareillerait pas dans Mega Python vs Gatoroïd, avant qu’Arthur et son antagoniste (Voooooooooortigern) ne se transforment en super Sayen du pauvre et se tapent sur la tronche, dans un déluge de boules de feu et d’épées lumineuses. Le résultat est d’une laideur historique, mais peut très légitimement provoquer l’hilarité. C’est bien tout ce qu’il y a à retenir du dernier reflux filmique de Guy Ritchie, qui aura au moins accompli l’exploit de nous faire réévaluer le Lancelot où sévissait Richard Gere

 

Affiche

 

Résumé

Guy Ritchie vomit la mythologie Arthurienne en jets âcres et purulents.

commentaires

Flo
14/02/2020 à 14:57

On peut aussi se dire que c'est un cousin de "Kaamelott": ses personnages principaux sont des brutes bavardes et mal embouchées... Sauf que du coup, ceux-là ressemblent plus à la bande de Robin des Bois qu'à celle d'Arthur, c'est ballot.
Bref, à ne pas choisir entre faire un truc de gangsters de banlieue bien terre-à-terre (tout à fait possible dans un film médiéval), et se lâcher sur les trucs numériques Snyderien...
On se plante un tantinet.
Mieux vaut revoir "Code UNCLE", l'un des rares films de Ritchie à trouver un équilibre.

Royal
10/02/2020 à 15:11

C'était sympa quand y'avait l'helico qui bombardait le château du sherif de nothingam, puis l'attaque des orques de guldimar pour reprendre la forteresse du roi Jean était épique.

Vento
10/02/2020 à 08:52

Trop débile ce film! En plus des effets de caméras grotesques!

Jacques
10/02/2020 à 08:39

Hier j'ai tenu 2 mn devant cette mer.Le.real doit être sous cocaïne, on a 10 plans par seconde, montage épileptique, pas possible de tenir 2heures.

Misfit
09/02/2020 à 21:14

Je viens d'arrêter à l'éléphant géant.

Flash
09/02/2020 à 20:28

J'ai tenu une heure et c'est déjà énorme !

pere colateur
09/02/2020 à 20:14

Pourquoi ? Ce film est pire que Jupiter Ascending ? Difficile a croire quand même !

Baneath88
04/04/2018 à 09:05

Une dégeulasserie évoquant le mix entre trip à l'ecstasy et clip de Mylène Farmer. Ritchie manque presque tout ce qui aurait pu faire de ce Roi Arthur un bon film. C'est à croire qu'une pulsion auto-destructrice l'a poussé à torpiller tout son casting et ses ambitions en s'adonnant à ses pires réflexes (ralentis à go-go, montage nauséeux, humour bas de plafond). Une catastrophe industrielle qui a eu la réception qu'elle méritait.

Melko
24/09/2017 à 22:22

Un jet d'acide d'un type qui n'a rien a faire en tant que critique. On rigolerait sûrement beaucoup en sachant la méthode de travail et la manière dont il a élaboré ce reflux intellectuel.
Le film sera pas un classique mais il est loin du tableau qu'on nous décrit ici, je vous le conseille les bro

Vickers
15/08/2017 à 23:54

@Duffman

"Refuser d'admettre que l'on a affaire à un bon divertissement dans le style action/fantasy en est une autre"

...... Tu as parfaitement le droit de trouver ce film divertissant. Mais si je te dis que je le trouve particulièrement plat, tarte et gentiment ennuyeux, si j'ai un avis différent du tien en somme (et je suis pas le seul visiblement), ça ne veut pas dire que c'est de la mauvaise foi. Ca veut juste dire : on a des avis différents. Si c'est si compliqué à accepter comme concept qu'on se retrouve à sortir des "mauvais foi" pour rabaisser ou décrédibiliser l'autre, autant dire adieu aux discussions cinéphiles cher Duffman.

PS : le problème n'est pas juste la tartine numérique laide de la fin, inutile d'isoler ça comme si le reste du film était irréprochable et doté d'une direction artistique, d'une vision, irrésistible et fantastique... La moindre des choses est, encore une fois, d'accepter que ce que tu apprécies ne le soit pas par d'autres. Je n'ai aucun mal à entendre que t'aimes ce film, et je n'ai même pas besoin de te sortir l'équivalent d'un mauvaise foi pour digérer tes propos.

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