Power Rangers : critique Megazord

Simon Riaux | 10 février 2020
Simon Riaux | 10 février 2020

Power Rangers repasse ce soir sur TMC à 21h15

L’annonce avait surpris : les Power Rangers, icones déviantes d’une certaine pop culture, devenus indissociables de leurs innombrables parodies, allaient connaître les joies d’une transposition sur grand écran. Si on pouvait s’attendre à un projet frappadingue et méta, personne n’ayant jamais véritablement pris au sérieux les justiciers en pyjama, Hollywood a eu d’autres plans pour ce curieux club des Cinq.

JAUNE DEVANT…

En effet, Lionsgate meurt d’envie de se payer une franchise déclinable à l’infini, basée sur une marque connue du grand public. Et peu importe que cette dernière ne se prête ni au premier degré, ni à une sérialisation inspirée de la politique de Disney : c’est à ce traitement de choc qu’ont droit les zigotos multicolores.

C’est bien là tout le problème. Dirigé sans inventivité ni dynamisme aucun par Dean Israelite (Project Almanach), la super-production est écartelée entre son orientation « sombre et mature » d’un côté, et profondément mongolo-fun de l’autre. En résulte une construction absurde, qui déploie une énergie insensée pour ne pas traiter son sujet.

 

Photo Power RangersUn film pas pour les daltoniens 

 

Les fameux Power Rangers du titre n’apparaîtront donc qu’une quinzaine de minutes avant la fin du récit, lequel s’est auparavant attardé sur des personnages pour le moins transparent. Certes, on pourrait louer la volonté du film de donner une grande place à ses protagonistes, mais pour cela, encore faudrait-il qu’il veille à leur donner des personnalités et des motivations valables. Le plus désolant, c'est que quantité d'ingrédients intéressants nous sont offerts, avant d'être abandonnés.

Une troupe de jeunes comédiens plutôt attachants, tous en prises avec des problématiques plutôt crédibles et correctement interprétés se rencontrent, au cours d'une première demi-heure qui laisse penser que le métrage a quelque chose à raconter. Ces prémices vont toutefois s'évanouir lorsque les protagonistes sont sommés de se familiariser avec leurs pouvoirs et responsabilités. Le film cale alors sur une enfilade de saynètes d'entraînements et de micro-confrontations, si lourdement programmatiques qu'elles finissent par anesthésier le spectateur.

 

Photo Dacre Montgomery, Naomi Scott, RJ Cyler

 

…MARRON DERRIERE

Mais c’est dans sa dernière demi-heure que Power Rangers dévoile le non-sens qui a présidé à sa conception. Après nous avoir assommé d’un faux teen movie plombant, le récit est bien obligé de laisser la place à ses ninjas sous carambars, et là, c’est la cata. Entre fan service stupide (le thème de la série balancé n’importe comment), des combats terriblement approximatifs (ni spectaculaires, ni dingos), le film a systématiquement le cul entre deux chaises.

 

Photo Elizabeth BanksQui a vomi dans ses corn-flakes ?

 

Le plus triste, dans ce ratage tragiquement lourdaud et mollasson, c’est qu’ici et là se dessine ce que cette adaptation aurait pu être. Ainsi, l’introduction très campy et premier degré avec Bryan Cranston est franchement divertissante, mais bien trop courte. La première apparition de la grande méchante, qui rend un hommage improbable à Lifeforce, rappelle qu’il y avait matière à un grand moment de n’importe quoi décomplexé. Mais non, coincé entre ses origines au goût sympathiquement mauvais et la tentative de nous offrir de véritables personnages aux conflits sincères, le film est condamné à une schizophrénie insoluble. Ni teen movie incarné, ni trip régressif assumé, Power Rangers est un spectre industriel sans avenir.

 

Photo Power Rangers Affiche Zords

 

Résumé

Victime du syndrome industrieux actuellement à l’œuvre, Power Rangers essaie de lisser au maximum son matériau d’origine, le privant de toutes ses aspérités, de son inhérente folie. Bref : il s’efforce de ressembler à tout, et donc à rien.

commentaires

Sharko
10/02/2020 à 22:36

@Tommy
Si vos goûts cinématographiques n'ont pas changés, n'oubliez pas d'aller voir Sonic ce mercredi.

Red Ranger
10/02/2020 à 21:18

"melty (exellent site qui a tjrs une longueur d avance sue ecranlarge)"

Meilleure blague, il a tué le game.

Zeus
06/04/2017 à 12:18

Moi j ai kiffer que de bon souvenirs

Corleone
06/04/2017 à 11:50

Tout à fait d accord avec tommy

Cervo
05/04/2017 à 13:43

@Tommy
Recommander Melty, on appelle ça perdre toute crédibilité.
Mais genre vraiment.
Parce que dans le genre infos jamais vérifiées et la plupart du temps fausses ça se pose un peu là quand même.

Sans compter que Melty ne fait pas de critiques mais uniquement des partenariats. Leurs critiques ce sont des papiers sponsorisés qu'ils sont payés pour écrire. De la pub quoi.

Pour ne pas t'en être rendu compte, tu dois être très très fin toi.

Tommy
05/04/2017 à 13:08

Vu hier soir c été un pur kiffe rien que pour la nostalgie de la serie LE film est excellent il reprend tout les codes de la serie pour une critique beaucoup mieu construite je vous conseil d aller sur melty (exellent site qui a tjrs une longueur d avance sue ecranlarge)

megazord
05/04/2017 à 01:03

vu ce soir en avant premiere !
Je regardais power ranger sur la 1 quand j'etais enfant, que j'adorais, j'ai grandi mais faut pas se mentir, ce film est disons fait pour les fan de power ranger :)
Je le suis, j'ai aimé et dans la salle on etaient nombreux a avoir 30 ans :)
C'est pas le film du siecle, d'ailleurs je n'attendais que ça des cascades pourri, ou les power ranger saute par dessous tout le monde, y'en a, et on adore :)
Par conter la musique "power ranger" qui dure que 10 secondes, c'etait pas assez mais ça fait mechamment plaisir :)

cepheide
03/04/2017 à 15:12

ah ben ca tombe bien j en avais strictement rien à foutre de ce film. Comme je peux continuer !

LeJugementPremier
02/04/2017 à 18:06

On avait dit non sur les blagues sur les couleurs! :-) Bon c'est sûr que les bandes-annonces le laissait largement présager. D'ailleurs on l'avait prédit ici!

Hdgpbai
02/04/2017 à 09:29

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