JAUNE DEVANT…
En effet, Lionsgate meurt d’envie de se payer une franchise déclinable à l’infini, basée sur une marque connue du grand public. Et peu importe que cette dernière ne se prête ni au premier degré, ni à une sérialisation inspirée de la politique de Disney : c’est à ce traitement de choc qu’ont droit les zigotos multicolores.
C’est bien là tout le problème. Dirigé sans inventivité ni dynamisme aucun par Dean Israelite (Project Almanach), la super-production est écartelée entre son orientation « sombre et mature » d’un côté, et profondément mongolo-fun de l’autre. En résulte une construction absurde, qui déploie une énergie insensée pour ne pas traiter son sujet.
Un film pas pour les daltoniens
Les fameux Power Rangers du titre n’apparaîtront donc qu’une quinzaine de minutes avant la fin du récit, lequel s’est auparavant attardé sur des personnages pour le moins transparent. Certes, on pourrait louer la volonté du film de donner une grande place à ses protagonistes, mais pour cela, encore faudrait-il qu’il veille à leur donner des personnalités et des motivations valables. Le plus désolant, c’est que quantité d’ingrédients intéressants nous sont offerts, avant d’être abandonnés.
Une troupe de jeunes comédiens plutôt attachants, tous en prises avec des problématiques plutôt crédibles et correctement interprétés se rencontrent, au cours d’une première demi-heure qui laisse penser que le métrage a quelque chose à raconter. Ces prémices vont toutefois s’évanouir lorsque les protagonistes sont sommés de se familiariser avec leurs pouvoirs et responsabilités. Le film cale alors sur une enfilade de saynètes d’entraînements et de micro-confrontations, si lourdement programmatiques qu’elles finissent par anesthésier le spectateur.
…MARRON DERRIERE
Mais c’est dans sa dernière demi-heure que Power Rangers dévoile le non-sens qui a présidé à sa conception. Après nous avoir assommé d’un faux teen movie plombant, le récit est bien obligé de laisser la place à ses ninjas sous carambars, et là, c’est la cata. Entre fan service stupide (le thème de la série balancé n’importe comment), des combats terriblement approximatifs (ni spectaculaires, ni dingos), le film a systématiquement le cul entre deux chaises.
Qui a vomi dans ses corn-flakes ?
Le plus triste, dans ce ratage tragiquement lourdaud et mollasson, c’est qu’ici et là se dessine ce que cette adaptation aurait pu être. Ainsi, l’introduction très campy et premier degré avec Bryan Cranston est franchement divertissante, mais bien trop courte. La première apparition de la grande méchante, qui rend un hommage improbable à Lifeforce, rappelle qu’il y avait matière à un grand moment de n’importe quoi décomplexé. Mais non, coincé entre ses origines au goût sympathiquement mauvais et la tentative de nous offrir de véritables personnages aux conflits sincères, le film est condamné à une schizophrénie insoluble. Ni teen movie incarné, ni trip régressif assumé, Power Rangers est un spectre industriel sans avenir.
Le film de 2017, réalisé par Dean Israelite, valait bien mieux qu’on ne le croit. Certes ce projet consistait à réactualiser les Rangers, dont les itérations officielles ont beau être une institution, cultes… elles restent assez irregardables…
Et visuellement, le résultat final n’est pas homogène pour ce film, du moins quand tout l’attirail des héros doit apparaître – les armures sont trop surchargées de détails, les combats pas extraordinaires (des soldats de pierres !?), les Zords ne s’intègrent pas à l’image, loin d’arriver aux chevilles des Transformers.
Soit à la toute fin, mais heureusement que ça ne va durer qu’un court moment… et que ce n’est pas le plus important du film.
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Ce qui compte, c’est tout ce qu’on nous montre avant, avec de jeunes apprentis justiciers qui sont moins lisses, qui ne sont vertueux que parce qu’ils ont aussi quelques frustrations dans leur vie.
Grandement inspiré par des productions super-héroïques modernes : « Incassable », « Heroes » ou « Chronicle » en tête. Ici les vêtements civils qui comportent le code couleur adapté à chaque héros, sont moins un moyen d’identification que l’équivalent d’un vrai costume héroïque – en somme, ils sont déjà des Rangers même avant de mériter leurs armures.
Et si on peut douter de voir la couleur de Jason être le reflet de sa rage intérieure (Dacre Montgomery fait trop « Superman » pour qu’on y croit), pour les autres par contre ça matche bien – le bleu de Billy correspond ainsi à son léger autisme.
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Et tous les personnages y sont tout sauf unidimensionnels, et extrêmement attachants… Sûrement parce qu’ils sont si sympathiques, fondamentalement responsables (le vote à main levé est un joli moment démocratique) et paradoxalement si rudes envers eux-mêmes, plus marginaux… Une partie s’inspire aussi fortement de « Breakfast Club », et leurs histoires personnelles nous sont dévoilées sans forcer le trait – les erreurs de Kim (Naomi Scott est carrément la réincarnation de Amy Jo Johnson), le caractère anti conservateur de Trini, la mère de Zack…
Franchement, ces jeunes acteurs arrivent à avoir suffisamment de charisme pour transcender les personnages archétypaux qu’ils incarnent. Il y a de la noblesse en eux, bien rehaussée par la musique de Brian Tyler quand il décide de lorgner sur du bon Zimmer, plutôt que sur la nostalgie.
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Toutefois, ça n’est pas non plus vertigineux au niveau de l’écriture, et ça entre constamment en porte à faux avec le côté « Série Z » associé au canon de la franchise, que ce soit les zooms caméra ringards, le très premier degré Zordon (Bryan Cranston fait un bon Charles Xavier), un Alpha 5 très second degré (Bill Hader), et une Rita Repulsa réinventée en Ranger traîtresse (Elizabeth Banks) qui dépasse toutes les limites de l’hystérie.
Oui c’est assez moche, mais heureusement que l’apparition du Mégazord est plus satisfaisante… peut-être parce qu’il appartient plus à la tradition des Mechas et autres créatures géantes, permettant une meilleure intégration dans l’environnement d’une petite ville californienne.
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Autre instants intéressants dans ce film, c’est sa dimension Méta, semblant conscient de faire partie d’une franchise plus grande qu’elle même, et qui ne semble pas prêt de l’accepter en son sein (l’échec au box-office est bien dommage). Rien que Zordon ne sachant autrement répondre que « …parce que tu es Jason Scott, tu es le Ranger Rouge », ça laisse entendre un éternel recommencement, une destinée inévitable.
À moins que, comme le suggère le T-shirt de Kim… « Ce n’était qu’un rêve ».
D’accord. Mais un joli, qui ne sera pas gâché par une foule de suites prévisibles, frustrantes ou inabouties.
Adolescents à jamais !
@Tommy
Si vos goûts cinématographiques n’ont pas changés, n’oubliez pas d’aller voir Sonic ce mercredi.
« melty (exellent site qui a tjrs une longueur d avance sue ecranlarge) »
Meilleure blague, il a tué le game.
Moi j ai kiffer que de bon souvenirs
Tout à fait d accord avec tommy
@Tommy
Recommander Melty, on appelle ça perdre toute crédibilité.
Mais genre vraiment.
Parce que dans le genre infos jamais vérifiées et la plupart du temps fausses ça se pose un peu là quand même.
Sans compter que Melty ne fait pas de critiques mais uniquement des partenariats. Leurs critiques ce sont des papiers sponsorisés qu’ils sont payés pour écrire. De la pub quoi.
Pour ne pas t’en être rendu compte, tu dois être très très fin toi.
Vu hier soir c été un pur kiffe rien que pour la nostalgie de la serie LE film est excellent il reprend tout les codes de la serie pour une critique beaucoup mieu construite je vous conseil d aller sur melty (exellent site qui a tjrs une longueur d avance sue ecranlarge)
vu ce soir en avant premiere !
Je regardais power ranger sur la 1 quand j’etais enfant, que j’adorais, j’ai grandi mais faut pas se mentir, ce film est disons fait pour les fan de power ranger 🙂
Je le suis, j’ai aimé et dans la salle on etaient nombreux a avoir 30 ans 🙂
C’est pas le film du siecle, d’ailleurs je n’attendais que ça des cascades pourri, ou les power ranger saute par dessous tout le monde, y’en a, et on adore 🙂
Par conter la musique « power ranger » qui dure que 10 secondes, c’etait pas assez mais ça fait mechamment plaisir 🙂
ah ben ca tombe bien j en avais strictement rien à foutre de ce film. Comme je peux continuer !
On avait dit non sur les blagues sur les couleurs! 🙂 Bon c’est sûr que les bandes-annonces le laissait largement présager. D’ailleurs on l’avait prédit ici!