Life - Origine inconnue : critique d'alien visqueux

Mise à jour : 25/06/2018 12:46 - Créé : 16 juin 2018 - Geoffrey Crété

Jake GyllenhaalRebecca Ferguson et Ryan Reynolds affrontent un poulpe martien qui a vite trouvé des raisons de détester l'espèce humaine : difficile de résister au programme régressif de Life - Origine inconnue réalisé par Daniel Espinosa (Sécurité rapprochée), qui pourra se présenter comme un croisement entre Alien et Gravity. La promesse de plaisir spatial est-elle tenue ?

Affiche
181 réactions

SPACE INVADER

C'est une curiosité alléchante : un synopsis de grosse série B (une équipe d'astronautes affronte un alien à tentacules dans l'espace confiné d'une station spatiale) avec un budget très confortable (près de 60 millions, plus que Sunshine de Danny Boyle qui en a coûté 40) et un casting de stars (Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds, et l'étoile montante Rebecca Ferguson révélée dans Mission : Impossible - Rogue Nation). 

A une époque où beaucoup de cinéphiles suivent avec attention l'actualité des direct to video ou des films privés de sortie en salles digne de ce nom, Life - Origine inconnue a donc de quoi intriguer. Car ce film d'horreur dans l'espace est presque un alien lui-même dans le paysage, un objet à la fois familier et étranger, trop modeste et trop gros. C'est en plus une bonne petite surprise, sanglante et nerveuse, qui lorgne certes ouvertement vers Alien et Gravity, mais offre un petit cauchemar réjouissant.

 

Photo Ryan Reynolds

 

MONSIEUR POULPE

Il ne faudra pas trente minutes avant que les hostilités soient définitivement ouvertes. Après une introduction sous forme de plan séquence aussi classique qu'agréable, Life - Origine inconnue fonce dans le tas. Bien sûr, le film met en scène des héros archétypaux, l'écriture est mince et la mécanique, bien connue. Mais peu importe puisque le principal est ailleurs : dans le cauchemar, l'urgence, la menace et l'éventuelle fin du monde.

Car cette forme de vie microscopique récupérée dans les poussières de Mars n'est pas amicale. Tirée de son hibernation, elle ne supporte que modérément la curiosité humaine (la violence commence là) et le fera savoir. Pas de possession à la The Thing ou de hors champ subtil : la bête est là, filmée sous toutes les coutures, prenant de plus en plus de place à l'image. De simple cellule inoffensive, elle se transforme en poulpe translucide intelligent et increvable, qui s'infiltre partout et s'attaque aux malheureux sur sa route.

 

photo reb

 

La créature numérique a beau ne pas être follement originale et rappeler les heures sombres de la saga des xénomorphes (Prometheus donc), elle est parfaitement répugnante et dignement terrifiante. Que le film prenne en plus un malin et sadique plaisir à tuer les personnages, avec quelques plans peu ragoutants, le monstre joue un rôle essentiel : dès la première scène-choc, qui s'amuse avec les attentes du spectateur, Life - Origine inconnue annonce la couleur. Et c'est rouge sang, avec une touche de noir.

 

Photo Jake Gyllenhaal

 

CHAOS REIGNS

Daniel Espinosa avait prouvé dans le film d'action Sécurité rapprochée (avec déjà Ryan Reynolds) qu'à défaut d'inventer, il savait filmer. Life - Origine inconnue bénéficie donc d'un certain savoir-faire : le décor est exploité avec efficacité, l'hémoglobine est plutôt généreusement distribuée et surtout, la tension est omniprésente. Le film s'ouvre sur la récupération périlleuse des échantillons martiens, se termine sur une note diabolique et offre entre temps une poignée de scènes nerveuses et explosive. Difficile donc de s'ennuyer durant 1h44 solidement menées.

Le réalisateur avait néanmoins prouvé avec l'ambitieux mais indigeste Enfant 44 qu'il avait ses limites. Dans Life - Origine inconnue, il se contente donc de recycler modestement les motifs du genre, dans le fond comme dans la forme (des gens et des gouttes de sang en zéro gravité, des panneaux solaires qui explosent en silence). Impeccable, le casting manque par ailleurs d'audace : Ryan Reynolds est l'astronaute drôle et Jake Gyllenhaal, en torturé au bord de la dépression, livre une performance très premier degré qui atténue presque la surprise de le voir dans un tel film.

 

Photo Rebecca Ferguson

 

Hormis quelques faiblesses dans le montage et les effets, notamment dans une scène sous une lumière rouge qui manque de clarté, Espinosa emballe un spectacle efficace et carré. L'amateur pourra sans aucun effort flairer et constater les énormes références, les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (DeadpoolBienvenue à Zombieland) ne prenant aucunement la peine de les camoufler. 

Life - Origine inconnue n'a aucunement l'ambition de réécrire ou réinventer la parade spatiale de l'alien belliqueux : c'est une variation du genre, avec toute la modestie et le plaisir que ça implique. Celui qui espère découvrir une nouvelle date dans l'histoire de la science-fiction et du cinéma d'horreur sera inévitablement frustré. En revanche, celui qui viendra chercher des frissons en zéro gravité, comme un petit shoot de film de genre, sera certainement comblé. La dernière scène, attendue mais jouissive, lui laissera en plus l'opportunité de ressortir de la salle avec un immense sourire aux lèvres.

 

Affiche

 

Résumé

A condition de ne pas prendre la chose trop au sérieux, Life - Origine inconnue se révèle très réussi dans la catégorie de la série B de luxe, grâce à une mise en image enthousiasmante, une belle tension et une petite cruauté délicieuse.

commentaires

sylvinception 19/06/2018 à 14:38

Sinon aussi d'accord avec Full, les acteurs n'ont pas l'air franchement concernés...

sylvinception 19/06/2018 à 14:35

Sérieusement, la bestiole ridicule du film vous fait flipper ?? Nan mais sérieusement ??

jorgio69 17/06/2018 à 19:00

Un film honnête qui ne prétend pas réinventer le genre mais l'exploite à la perfection.
Ma 1e vision a été un très (dés)agréable moment de perversité et de suspense.
Certains passages sont d'une attention à la limite du soutenable m'ayant rendu contorsionniste.
Et le final, bien que prévisible est osé.
Un très bon moment à voir et revoir.

Full 17/06/2018 à 14:53

J'aime beaucoup les films de monstres, petits ou grands, et Life est pas mal dans le genre.
J'aurais vraiment d'avantage apprécié ce film si les acteurs avaient été un peu mieux dirigés.
La façon dont les erreurs cumulées ont conduit à la libération de l'alien est assez décevante certes, mais le scénario est ainsi...
C'est plutôt le jeu d'acteur qui m'a le plus déçu: ils n'ont pas l'air en panique quand même nos oiseaux !
Bref, aurait pu (dû ?) mieux faire...

FilmFantasm 17/06/2018 à 14:19

Tout simplement Le Alien du 21ème siècle !!! Bonne Réalisation, bons acteurs, bonne ambiance, de l' Alien, du Gravity... A quand un 2 avec le même réalisateur ?

Jashugan 17/06/2018 à 09:47

@ laure seins clairs : t's un champion toi. les gouts et les couleurs je peux comprendre mais là non en fait,je ne comprends pas. et je crois qu'il n'y a rien à comprendre dans votre rage.

boldox 17/06/2018 à 09:30

Moi aussi, je ne peux pas les encadrer ces deux acteurs.
Au sujet du film, comment dire......vue et vite oublié.
Mis à part qu'il n'y a pas d'alien dans Cloverfield Paradox, j'ai une préférence pour CP.

Grrr 16/06/2018 à 21:52

Sans prétention et du coup, bien mieux que Prometheus et Covenant.

caribou 16/06/2018 à 20:09

@ Laure seins clairs.
Et encore perdues deux autres bonnes heures de brainstorming intense ( c'est vraiment bête de si mal utiliser son temps quand même ! ) pour accoucher de cette ode mauvaise sur un objet filmique au demeurant fort sympathique. Mais chacun ponds ce qu'il peut dans la vie ! Et me font rire ceux qui voient venir les twists avant même que le film ne commence. Ils font ma joie. Vous avez dit besoin de reconnaissance intellectuelle ?

Hank Hulé 16/06/2018 à 19:51

Une série B estimable mais zero surprise et un twist attendu

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