Life : Origine Inconnue : critique d'alien visqueux

Geoffrey Crété | 15 juin 2021 - MAJ : 15/06/2021 10:15
Geoffrey Crété | 15 juin 2021 - MAJ : 15/06/2021 10:15

Life : Origine Inconnue, disponible sur Amazon Prime Video.

Jake GyllenhaalRebecca Ferguson et Ryan Reynolds affrontent un poulpe martien qui a vite trouvé des raisons de détester l'espèce humaine : difficile de résister au programme régressif de Life - Origine inconnue réalisé par Daniel Espinosa (Sécurité rapprochée), qui pourra se présenter comme un croisement entre Alien et Gravity. La promesse de plaisir spatial est-elle tenue ?

SPACE INVADER

C'est une curiosité alléchante : un synopsis de grosse série B (une équipe d'astronautes affronte un alien à tentacules dans l'espace confiné d'une station spatiale) avec un budget très confortable (près de 60 millions, plus que Sunshine de Danny Boyle qui en a coûté 40) et un casting de stars (Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds, et l'étoile montante Rebecca Ferguson révélée dans Mission : Impossible - Rogue Nation). 

A une époque où beaucoup de cinéphiles suivent avec attention l'actualité des direct to video ou des films privés de sortie en salles digne de ce nom, Life - Origine inconnue a donc de quoi intriguer. Car ce film d'horreur dans l'espace est presque un alien lui-même dans le paysage, un objet à la fois familier et étranger, trop modeste et trop gros. C'est en plus une bonne petite surprise, sanglante et nerveuse, qui lorgne certes ouvertement vers Alien, le huitième passager et Gravity, mais offre un petit cauchemar réjouissant.

 

Photo Ryan ReynoldsRyan Reynolds

 

MONSIEUR POULPE

Il ne faudra pas trente minutes avant que les hostilités soient définitivement ouvertes. Après une introduction sous forme de plan séquence aussi classique qu'agréable, Life - Origine inconnue fonce dans le tas. Bien sûr, le film met en scène des héros archétypaux, l'écriture est mince et la mécanique, bien connue. Mais peu importe puisque le principal est ailleurs : dans le cauchemar, l'urgence, la menace et l'éventuelle fin du monde.

Car cette forme de vie microscopique récupérée dans les poussières de Mars n'est pas amicale. Tirée de son hibernation, elle ne supporte que modérément la curiosité humaine (la violence commence là) et le fera savoir. Pas de possession à la The Thing ou de hors champ subtil : la bête est là, filmée sous toutes les coutures, prenant de plus en plus de place à l'image. De simple cellule inoffensive, elle se transforme en poulpe translucide intelligent et increvable, qui s'infiltre partout et s'attaque aux malheureux sur sa route.

 

photo rebRebecca Ferguson

 

La créature numérique a beau ne pas être follement originale et rappeler les heures sombres de la saga des xénomorphes (Prometheus donc), elle est parfaitement répugnante et dignement terrifiante. Que le film prenne en plus un malin et sadique plaisir à tuer les personnages, avec quelques plans peu ragoutants, le monstre joue un rôle essentiel : dès la première scène-choc, qui s'amuse avec les attentes du spectateur, Life - Origine inconnue annonce la couleur. Et c'est rouge sang, avec une touche de noir.

 

Photo Jake GyllenhaalSortez-moi (pas) de là

 

CHAOS REIGNS

Daniel Espinosa avait prouvé dans le film d'action Sécurité rapprochée (avec déjà Ryan Reynolds) qu'à défaut d'inventer, il savait filmer. Life - Origine inconnue bénéficie donc d'un certain savoir-faire : le décor est exploité avec efficacité, l'hémoglobine est plutôt généreusement distribuée et surtout, la tension est omniprésente. Le film s'ouvre sur la récupération périlleuse des échantillons martiens, se termine sur une note diabolique et offre entre temps une poignée de scènes nerveuses et explosives. Difficile donc de s'ennuyer durant 1h44 solidement menées.

Le réalisateur avait néanmoins prouvé avec l'ambitieux, mais indigeste Enfant 44 qu'il avait ses limites. Dans Life - Origine inconnue, il se contente donc de recycler modestement les motifs du genre, dans le fond comme dans la forme (des gens et des gouttes de sang en zéro gravité, des panneaux solaires qui explosent en silence). Impeccable, le casting manque par ailleurs d'audace : Ryan Reynolds est l'astronaute drôle et Jake Gyllenhaal, en torturé au bord de la dépression, livre une performance très premier degré qui atténue presque la surprise de le voir dans un tel film.

 

Photo Rebecca FergusonPlus de rouge please

 

Hormis quelques faiblesses dans le montage et les effets, notamment dans une scène sous une lumière rouge qui manque de clarté, Daniel Espinosa emballe un spectacle efficace et carré. L'amateur pourra sans aucun effort flairer et constater les énormes références, les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (Deadpool, Bienvenue à Zombieland) ne prenant aucunement la peine de les camoufler. 

Life - Origine inconnue n'a aucunement l'ambition de réécrire ou réinventer la parade spatiale de l'alien belliqueux : c'est une variation du genre, avec toute la modestie et le plaisir que ça implique. Celui qui espère découvrir une nouvelle date dans l'histoire de la science-fiction et du cinéma d'horreur sera inévitablement frustré. En revanche, celui qui viendra chercher des frissons en zéro gravité, comme un petit shoot de film de genre, sera certainement comblé. La dernière scène, attendue, mais jouissive, lui laissera en plus l'opportunité de ressortir de la salle avec un immense sourire aux lèvres.

 

Affiche

Résumé

A condition de ne pas prendre la chose trop au sérieux, Life - Origine inconnue se révèle très réussi dans la catégorie de la série B de luxe, grâce à une mise en image enthousiasmante, une belle tension et une petite cruauté délicieuse.

Autre avis Alexandre Janowiak
Life : Origine Inconnue est sans doute un peu trop cruel avec ses personnages, mais reste une petite perle de la SF horrifique particulièrement angoissante, tendue et jubilatoire.
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Lecteurs

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commentaires
Kyle Reese
15/06/2021 à 19:09

@under the miglou

Under the skin est d’un tout autre genre.
Les 2 ne boxent pas dans la même catégorie.
Life série b de luxe très sympathique, Under the skin œuvre fantastique à la fois conceptuelle et parfois abstraite fascinante et marquante grâce notamment à l’interprétation parfaite tout en subtilité et extraterrestre-ité (comme animalité) de notre bien aimée Scarlett J.

Under the Miglou
15/06/2021 à 18:31

@ kyle reese
Life n'est pas en soi mauvais, il n'apporte juste pas grand chose et manque d'un concept marquant (comme Under the skin par exemple ; c'est du jamais vu). Après pas de sujet pour aimer ce film.

Bis Mais le face hugger a quand même un look super agressif et son neuneuf aussi. Quand au vaisseau son design lui même est menacant. D'ailleurs Giger en dehors du circuit le design de Prometheus ne pourra se hisser au niveau.

Kyle Reese
15/06/2021 à 18:11

J'ai beaucoup apprécié ce film. Le design de cet extra terrestre que bcq ici critique ne me dérange absolument pas. Au contraire. comme le titre l'indique c'est une forme de vie, qui démarre comme un petit amas de cellule inoffensif et qui grossit et s'adapte pour survivre avec un caractère malin vis-lard. Point.
Il a un petit coté insignifiant au début qui me plait bien justement, on ne se méfie pas, pas comme le bébé Alien de Scott/Giger qui de suite montre son coté agressif de prédateur, ou quasiment toutes les formes de monstres extraterrestre qu'on a pu voir au ciné. Il a un léger coté lovecraftien vers la fin dans la capsule.

Miglou et la Suisse
15/06/2021 à 17:36

Bref Life, quelque soit la mise en scène et le talent des acteurs, faut d'un concept Alien convaincant ne marche pas ; en l'espèce c'est un total non concept : pas de forme, pas de personnalité ...juste un machin répugnant qui tue a tout va
Giger a placé la barre très très haut

ET suite
15/06/2021 à 17:26

Dans Under the skin on ne le voit pas puisqu'il est précisément Under the skin et c'est cet invisible qui fait peur
Cloverfield offre un dérivatif intéressant car c'est le point de vue anxiogène et la vision subjective qui fait voir la créature en action (une sorte de dinosaure) qui fait peur
Dans Planète interdite ; on ne le voit qu'au travers des rayons et des cadavre qu'il laisse
Dans Dragon's lair de Cosmos 1999 on bute sur le monstre risible malgré la maestria de l'épisode

Miglou from outer world
15/06/2021 à 16:59

Dans le livre paru sur Alien, RIdley Scott est très clair à ce sujet ; aucun des dessins pre Giger ne faisaient l'affaire ; le film n'est sauvé que par le talent et la vision de Giger dans ses dessins du Necronomicon. Sans cette vision, Alien ne serait pas au panthéon des films d'horreurs.
Dans la guerre des mondes c'est la machine extra terrestre qui fait peur ; l'Alien n'est jamais l'enjeu ; il est d'ailleurs peu terrifiant et anecdoctique
The thing adopte une vision lovecraftienne de l'Alien qui prend toutes les formes dégénérées de son hôte humain ou non et c'est cette confusion des genres aléatoire et informe qui fait peur, il n'est a priori pas étranger au sens extra terrestre.
Dans Life, il ne ressemble a rien, il n'a pas de forme mémorisable ou de concept véritable ; c'est un truc et donc il ne fait pas peur
Tout cela pour conclure de la très grande difficulté de penser et matérialiser un non humain qui fasse sens et ne soit pas ridicule ; ici réside le génie de la vision de Giger ; il a conceptualisé l'impensable et cet impensable est à la fois beau et terrifiant

sylvinception
15/06/2021 à 16:04

Entièrement d'accord avec Alien Crossing, le design ridicule de la créature ruine une grande partie du film.

Alien crossing
15/06/2021 à 14:18

Le problème de ce type de film est bien la créature au sens quelle est sa forme
Le cinéma a produit deux grandes réponses opposées :
elle a une vraie forme, au sens qui ressemble à quelque chose, et cette forme fait sens et fait peur : c'est Alien et tout repose sur le génie (la folie) de Giger avec son design jamais égalé
elle n'a pas de forme ou plutôt potentiellement toutes les formes et c'est la réponse de The Thing et c'est cet informe qui fait peur
Entre les deux 99% des films qui butent sur cet écueil quasi infranchissable ou seul une forme de folie peut faire voir ce qui fait vraiment peur
Ce film fait partie des 99%

Sanchez
15/06/2021 à 14:16

Très chouette moment à passer

shambleau
15/06/2021 à 13:06

un des plus mauvais film de sf que j'ai vu depuis pas mal d'année avec un scénario cousu de fil blanc des astronautes sur une station spatiale récupère un container contenant de la poussière martienne pourquoi pas, dans cette poussière se trouve un organisme vivant , je dit pourquoi pas, mais sérieusement une simple molécule qui devient un truc caoutchouteux gros comme un pamplemousse en quelques heures c'est du n'importe quoi, en plus la bestiole qui vient d'être réveiller d'un sommeil de plusieurs millions d'années trouve le moyen de d'échapper a une enceinte de sécurité de niveau 3 , pas de pot on est tombé sur un mac gyver martien, un moment on voit le truc mou martien sortir dans l'espace, et bien incroyable, il résiste au vide, il ne gèle pas et pour terminer il continue a faire des claquettes jusqu'à une autre entrée de la station spatiale et finis de tuer tout ces crétins d'astronautes qui m'ont fait fâcheusement penser au exobiologistes de prometheus.

un scénario bancal sur une idée débile qui ne mérite pas d'être passé au cinéma, ni surtout d'être éditer en dvd, lorsque je suis sortis de la salle j'ai regretté chaque centimes payés pour voir ................. film , j'allais dire bouse mais ce ne serais pas gentil pour les vaches.

film a éviter et a proscrire de tous les écrans

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