T2 : Trainspotting 2 - Critique shootée à la nostalgie

Créé : 2 mars 2017 - Simon Riaux

Souvent appréhendé avec dédain, voire mépris, Danny Boyle nous revient avec la suite très tardive de Trainspotting, phénomène générationnel qui aura propulsé son auteur et ses interprètes sur le devant de la scène internationale. Mais Trainspotting 2 n’est-il vraiment qu’une séquelle dispensable.

Photo Ewan McGregor, Jonny Lee Miller
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PIQÛRE DE RAPPEL

À bien des égards, le film souffre de son statut d’énorme bonus, de clin d’œil adressé au public qui découvrir il y a 20 ans les aventures de la bande à Renton. Car en l’état, le récit n’essaie même pas d’exister par lui-même, tout comme il ne s’inquiète jamais d’intéresser un public qui ne serait pas préalablement acquis à sa cause.

 

Photo Ewan McGregor, Robert Carlyle

 

Et c’est bien dommage, parce que Trainspotting 2 vit en effet sous perfusion de mélancolie, sans avoir grand-chose à proposer d’aussi excitant que son quatuor de polytoxicomanes des années 90. Le précédent film sidérait par son inventivité plastique, sa subversion juvénile, et la mise en image d’une sous-culture aussi sulfureuse que socialement désavouée, à savoir celle d’une jeunesse joyeusement héroïnomane. Or, Trainspotting 2 ne traite logiquement plus de ce sujet particulier, mais ne dispose pas d’une alternative capable d’en relever la recette.

 

Photo Ewan McGregor, Jonny Lee Miller

 

NOUVELLE DOSE

Pour autant, la dernière réalisation de Danny Boyle est loin de se contenter de brasser opportunément nos souvenirs d’antan. Tout d’abord parce que s’il s’agit incontestablement d’un trip nostalgique, mais plutôt que de s’en contenter ou d’en rester là, Boyle autopsie ce sentiment. Et sa conclusion est aussi sombre que salutaire, à l’heure où la production mainstream s’est muée en un vaste marigot de recyclage.

Trainspotting premier du  nom nous laissait avec un espoir de changement, la possibilité d’un renouveau, certes via la fuite et la trahison, mais un renouveau néanmoins. Désormais, Trainspotting 2 assène à ses anti-héros comme à son public que s’ils ont pour eux la nostalgie, c’est bien tout ce qu’il leur reste. Plus de rêves à l’horizon ou de transformation à espérer, mais une triste répétition du même, avec d’amers souvenirs pour seul horizon. Sans être aussi forte que par le passée, cette proposition n’en demeure pas moins courageuse et belle.

 

Photo

 

Enfin, on n’avait pas vu Boyle aussi en forme depuis quelques années. Sans singer les outrances de découpage ou de montage du récit originel, il retrouve un dynamisme spectaculaire. On se souvient de la découverte des bas-fonds d’Edimbourg en 1996, à ce titre, Trainspotting 2 nous offre de manière saisissante un aperçu de la transformation de l’urbanisme occidental ces dernières années et par extension des soubresauts du corps social.

Autant de qualités exprimées via une mise en scène toujours aussi résolument pop, sublimées par des interprètes tous au top de leur forme et manifestement ravi de donner vie aux héros les plus tordus du Royaume-Uni.

 

Affiche

Résumé

Si le film souffre un peu de se contenter d'une évocation nostalgique du précédent chapitre, le regard désenchanté qu'il porte sur lui-même lui confère une belle amertume.

commentaires

Margotte 04/03/2017 à 20:42

Pour ma part j'ai adoré le film, je l'ai trouvé vraiment très bon de par sa réa, le montage, la photo et la BO. J'ai aussi extrêmement aimer les références plus ou moins explicite au premier film. Il est également très drôle.

Cependant ce n'est pas la même ambiance que le premier, et c'est vraiment dommage. Je reste persuader que la fin du premier était suffisante. Néanmoins T2 est un très bon film.

Finalement je dirais que c'est un film, à voir de préférence après avoir vu le premier pour bien le comprendre, qu'il est très bon, et donne envie de revoir le 1. :D

Satan LaBite 03/03/2017 à 09:38

Pour paraphraser un gimmick célèbre que justement les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre : "Putain, 20 ans ..."
L'occasion au moins de retrouver l'immense Robert Carlyle, un peu perdu de vue. Et l'envie de revoir le 1er film, pas revu je crois depuis sa sortie.
Putain, 20 ans ...

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