The Last Girl : critique contaminée

Simon Riaux | 28 juin 2017 - MAJ : 10/06/2020 12:34
Simon Riaux | 28 juin 2017 - MAJ : 10/06/2020 12:34

Mené par Gemma Arterton, Glenn Close et la révélation Sennia Nanua, The Girl with all the Gifts alias The Last Girl, réalisé par Colm McCarthy, devrait ravir les fans de The Last of Us et assouvir l’appétit des amateurs de zombies frustrés par la routine The Walking Dead.

THE FIRST OF US

En Angleterre, une poignée de survivants se démène pour trouver le vaccin capable d’immuniser ce qui reste de l’humanité contre une infection fongique, qui a transformé la quasi-totalité de la population mondiale en infectés enragés et cannibales. Escortée par des militaires, une jeune femme tente de protéger une enfant dont la résistance à l’épidémie pourrait faire d’elle le remède tant attendu.

Dès la publication de ses excellentes bandes-annonces, le film de Colm McCarthy a frappé de nombreux spectateurs en raison de ses ressemblances avec le cultissime jeu The Last of Us. Si officiellement le récit se base sur le roman de Mike Carey, les passerelles entre le best-seller vidéoludique et l’œuvre qui nous intéressent semblent évidentes. Qu’il s’agisse de l’apparence des infectés (ou des sons caractéristiques qu’ils émettent), en passant par les décors, ainsi que la dramaturgie – le dilemme d’un parent symbolique entre intérêt général et amour filial, tout concourt à faire de The Last Girl une adaptation non-officielle de la création de Naughty Dogs.

 

Gemma ArtertonUn casting aux petits oignons

 

Pour autant, le cinéaste Colm McCarthy propose bien autre chose qu’un pillage opportuniste d’un emblème de la pop culture. Tout d’abord, le récit diverge rapidement de la structure évoquée plus haut pour tracer un sillon qui lui est propre, préférant traiter de la prise de conscience cruelle et inéluctable d’un monde finissant. Plutôt que de batailler pour retrouver une humanité perdue, les protagonistes du métrage doivent faire face au constat glaçant que leur monde n’est plus qu’un vaste cadavre à la renverse, déjà prêt à céder la place à un nouvel écosystème, tel Néandertal comprenant qu’Homo Sapiens est destiné à le supplanter.

De ces nouveaux enjeux, le scénario tire un récit qui ne s’autorise pas la moindre digression et parvient à conférer à l’ensemble une ampleur inattendue, en dépit d’un budget que l’on devine limité. Le film tire ainsi progressivement sur la fable de SF écolo et tragique, jusqu’à un dénouement qui renverse purement et simplement le point de départ du film pour aboutir à une secousse émotionnelle bien inhabituelle au pays des zomblards.

 

Photo Sennia NanuaFaites des enfants qu'ils disaient...

 

THE GIRL WITH ALL THE TEETH 

Intelligent, The Last Girl l’est assurément, mais ne vire pas pour autant vers le pensum, tant il soigne ce qui l’enracine dans le genre. À ce titre, le premier acte du film est un véritable bijou d’économie de moyens. Au cours d’une vingtaine de minutes aussi angoissantes qu’intrigantes, un vaste univers déploie ses thématiques complexes et des personnages qui le sont tout autant, jusqu’à une séquence dont la brutalité confine à l’ivresse, propulsant le spectateur dans un Royaume-Uni en pleine apocalypse.

Le même soin est apporté aux scènes où interviennent les infectés, source permanente de tension, toujours servis par un mixage sonore, un découpage et un montage qui sait aussi bien ménager le suspense que les pics d’angoisse.

 

Gemma ArtertonUne des séquences les plus impressionnantes du film

 

Enfin, cette maîtrise technique et narrative trouve un écrin éclatant via la distribution du film, qui offre des rôles solides et incarnés à Gemma Arterton, Glenn Close ainsi que Paddy Considine. Mais la véritable révélation du film se nomme Sennia Nanua. Véritable effet spécial à elle-seule, elle tient littéralement le film sur ses frêles épaules, dont les spasmes de sauvagerie ne sont pas sans rappeler la chorégraphie des corps à l’œuvre dans le récent The Fits.

C’est sa performance tantôt sophistiquée, tantôt animale, qui permet àThe Last Girl de s’élever au-dessus de son statut de film d’infectés intelligent et artisanal, pour finalement tutoyer les sommets du genre, sorte de synthèse inattendue d’influence aussi diverses que le jeu vidéo, la viscéralité d’un 28 Jours plus Tard, ou la conscience désespérée de La Nuit des Morts-Vivants.

 

Affiche française

Résumé

Intelligent, immersif et magnifiquement interprété, The Last Girl reprend dignement le flambeau hybride de 28 jours plus tard et The Last of Us.

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Lecteurs

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commentaires
sess
28/07/2017 à 01:02

Merci pour la perte de temps.
Cheap, ridicule plus d'une fois. Traitement et réal à la ramasse... L'idée n'était pourtant pas mauvaise.

Bubu
28/06/2017 à 22:45

C EST un super film il est sortie en blu ray en version original

Bubu
07/02/2017 à 16:03

Vivement qui sorte en blu ray ou peut-être au cinéma car je suis un fan de the last of us quand sa sortie en France

Simon Riaux - Rédaction
06/02/2017 à 15:42

@Adrien

j'en ai bien peur Adrien. Je n'ai évidemment pas eu l'opportunité d discuter avec tous les festivaliers, mais absolument tous ceux avec qui j'ai échangé (et je ne parle pas uniquement des journalistes ou du jury presse hein) ont franchement détesté le film (qui est sans le doute le pire que j'ai vu cette année à Gérardmer).

J'ai bien peur que vous soyez plus ou moins seul sur ce coup là.

Adrien
01/02/2017 à 17:32

Nous on va le faire @Naamlock ;) (http://www.abusdecine.com/festival/gerardmer/2017) Très bonne surprise The Void !

Par contre je me posais une question, je suis le seul à être dégoûté que Realive ne soit pas dans le palmarès ?

Sinon très chouette critique de The Girl With All The Gifts. On comprend bien l'intérêt du film. Et vive The Last of Us !

Cassius
30/01/2017 à 17:42

Vous m'avez hyper.

Simon Riaux - Rédaction
30/01/2017 à 16:20

Et bien... On l'a vu et on l'aime pas trop trop... Et on n'a pas forcément envie de taper sur ce projet très modeste.

Naamlock
30/01/2017 à 15:54

Et sinon, y a moyen de faire un papier sur THE VOID de Kostanski et Gillespie, diffusé au festoche ? ce serait cool de le faire connaître au public Français et de lui donner plus de visibilité ;)

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