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Batman: Return of the Caped Crusaders – Bat-Critique

Par Christophe Foltzer
2 novembre 2016
MAJ : 19 octobre 2018

Après la douche froide Killing Joke cet été, on ne donnait pas cher de ce Return of the Caped Crusaders en mode rétro et self-aware. Et si nous avions eu tort ?

Batman: Return of the Caped Crusaders : Affiche officielle

Nous sommes dans les années 60 et, comme tous les soirs, Robin s’entraine à la danse classique dans le salon du Manoir Wayne, tandis que Bruce lit le journal au coin du feu. C’est ainsi que commence Return of the Caped Crusaders et d’emblée le ton est donné. En une scène, c’est comme si ces 50 dernières années n’avaient jamais existé, comme si Dark Knight Returns n’avait pas été publié dans les années 80, comme si la série animée des années 90 n’avait jamais été produite et comme si Ben Affleck n’était pas devenu le justicier.

S’en suit une intrigue on ne peut plus grotesque mettant en scène le Joker, le Pingouin, l’Homme-Mystère et Catwoman qui dérobent un rayon duplicateur avec la ferme intention de copier la Terre en plusieurs exemplaires pour que chacun règne sur sa propre planète. Mais, en parallèle, Catwoman essaye de rallier Batman à sa cause en lui injectant un poison qui le ferait instantanément tomber amoureux d’elle, sauf que cela ne marche pas vraiment et que ses effets sont pour le moins inattendus. En résulte un scénario complètement foutraque et joyeusement débile qui ne recule devant rien.

 

Photo Caped Crusaders

 

SLAM ! SCHBOING ! PAF ! KABOOM ! SPLOSH !

On ne va évidemment pas en révéler davantage sur le scénario, histoire de vous garder la surprise, mais sachez que l’ensemble est étonnament très réussi. Là où on pouvait craindre que ce Return of the Caped Crusaders ne soit qu’une démarche opportuniste visant à capitaliser sur la franchise Batman tout en exploitant nos doux souvenirs d’enfance, nous nous retrouvons en réalité face à une belle déconstruction du mythe du Dark Knight tout autant qu’à un vibrant hommage à la série débile des années 60. Parce que Return of the Caped Crusaders n’est pas un film premier degré, il est même très pervers vis-à-vis de son matériau d’origine.

C’est ainsi que la relation gay latente entre Batman et Robin est plus qu’évoquée et donne lieu à un gag récurrent dans le film, et très drôle, que l’aspect chevalier blanc du Dark Knight est poussé jusqu’à son paroxysme avec bonheur à de multiples reprises, l’enquête crétine est assumée jusqu’au bout et n’y va pas avec le dos de la cuillère pour emprunter des raccourcis fumeux (comme à l’époque). Bref, tout transpire l’amour énorme de l’équipe du film pour la série d’origine.

 

Photo Caped Crusaders

 

Mais c’est après une première partie qui est, grosso modo, un épisode bonus de la série que Return of the Caped Crusaders dévoile son vrai visage et n »hésite pas à renverser complètement son principe. Très conscients de l’idiotie pathologique de cette version de Batman, les scénaristes poussent le concept dans ses derniers retranchements en nous présentant un héros boy-scout et unidimensionnel, porté par sa morale infaillible et qui basculerait logiquement dans le fascisme. Et en l’espace de quelques minutes, il se montre bien plus sombre et inquiétant que le Batman de Zack Snyder. Un comble.

 

Photo Caped Crusaders

 

BAT-MOUCHOIRS, BAT-SIGNAL, BAT-GAZ, BAT-TELEPHONE….

Entre références appuyées, clins d’oeil qui font plaisir, discours dramatique sous-jacent et bienveillance générale, Return of the Caped Crusaders n’oublie jamais ce qu’il est, un énième produit dérivé du super-héros et il s’en amuse le bougre. Tout comme le casting d’ailleurs, puisque nous retrouvons les légendaires Adam West, Burt Ward et Julie Newman dans leurs rôles d’origine qui s’amusent comme des petits fous à transgresser ce qui a fait leur renommée.

Bien plus adulte que ce qu’il laissait penser au départ, le film n’est pas vraiment pour un jeune public puisqu’une réplique sur deux tourne autour de l’entrejambe indécis du Dark Knight, accumule les petites références qui ne parleront qu’aux plus anciens (même la célèbre bat-dance d’Adam West est reprise) et le tout ressemble finalement à un joyeux bordel orchestré par des sales gosses qui auraient un peu trop forcés sur le pétard. C’est surprenant à dire, mais on en viendrait presque à souhaiter que la série des années 60 revienne sur nos écrans, au moins on aurait une bonne raison de rire en ces temps troublés. Et en plus, on apprendrait des trucs. Bref, on en veut encore.

 

Photo Caped Crusaders

 

 

Rédacteurs :
Résumé

A la surprise générale, Return of the Caped Crusaders est excellent. Conscient de lui-même, crétin d'une façon totalement assumée, il nous rappelle que les super-héros peuvent aussi nous faire rire comme des baleines. C'est un peu comme si Kuzco avait piraté le DCU en invitant ses potes de beuverie. En tout cas, ça fait sacrément du bien.

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Flo1

Après un revival dans des comics, quasi suites, voici un film d’animation réalisé par Rick Morales, avec le style graphique habituel de ces films DC.
Les survivants sont toujours là (grâce aux fans, ils travaillent encore), Adam West et Julie Newmar cachant à peine le vieillissement de leurs voix – c’est moins difficile pour Burt Ward, qui garde étonnamment son énergie juvénile.

Pour ne pas perturber les fans les plus jeunes de Batman, ne connaissant pas la série des 60’s, ce film se permet ainsi d’être plus sombre (et nocturne), d’avoir un Gordon moustachu, d’avoir plus de Bat-Signal, mais aussi plus d’action spectaculaire qu’on pourrait trouver dans un blockbuster moderne… Même en gardant les onomatopées etc, le final sur le dirigeable est digne d’un Pulp, ou de la série animée des années 90.
Comme si on assistait à la synthèse des adaptations de Batman (le scénario a même des éléments faisant penser au film de 1966 – les mêmes quatre vilains, un scénario pouvant être découpé en plusieurs volets, des gens qui se font réduire en poudre).

On a aussi une référence maligne aux trois versions de Catwoman, ainsi qu’au dilemme perpétuel entre elle et Batman (l’occasion d’une scène finale, la plus émouvante jouée par ces acteurs, même avec un mouchoir risible)…
Les clins d’œil de la Tante Harriet, des tas de cameos…
Mais aussi le Über Bat, cette version du héros plus rude, inquisitrice, allant trop loin dans sa croisade. De là à penser qu’il vaut mieux que Batman reste un grand dadais sentencieux (la scène du passage clouté), ne s’occupant pas de contrôler tout le monde…
Un générique très cool, un superbe hommage, un bon moment à passer.

Néo

Pas bête tiens je vais tester en vf.

corleone

Justement Néo. C’est trop bizarre et ringard d’entendre les voix grinçantes des octogénaires Adam West et Burt Ward. Le choix de reprendre les personnages originaux n’était pour ma part pas très judicieux. Pour le reste je partage l’avis d’El, ça nous rafraîchit un peu du « sérieux » du DCU et nous fait voir le ténébreux Wayne sous un autre angle 🙂 Je me procures la VF avant la fin de cette semaine !

Néo

En vo j’ai trop l’impression d’entendre le maire west de quahog dans family guy, ça fait bizarre héhé

Dirty Harry

Nom d’un éclair au chocolat cuit dans l’huile de foie de morue : il me faut obtenir ce film avec un Bat-Rang !

rigolax

C’est dispo en BR ou juste en DVD ?

Pseudo

Bidon le film