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Warcraft – Le commencement : critique pour la Horde

Par Simon Riaux
24 septembre 2020
MAJ : 30 mars 2024
42 commentaires

Après une production interminable et une valse inquiétante de réalisateurs, Warcraft – Le commencement arrive sur les écrans, mis en scène par Duncan Jones, réalisateur de Moon. Le film a l’ambition de s’élever au niveau des adaptations de Tolkien, tout en redorant le blason des transpositions vidéo-ludiques, sans oublier d’offrir les bases d’une énorme franchise à Universal. Verdict ?

Warcraft, le commencement, ce soir à 21h05 sur CStar.

Notre dossier sur la possibilité d’une suite est à retrouver par ici.

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GAME OF THE FILM OF THE YEAR 

Pour le joueur invétéré de World of Warcraft, le passionné qui aura exploré toutes les régions du jeu et noué moult amitiés du côté de la Horde comme de l’Alliance, le blockbuster produit conjointement par Blizzard Entertainment et Universal devrait être très satisfaisant. L’univers de ce monde en ligne a été capturé fidèlement, avec un extrême souci du détail.

Bien sûr, Warcraft – Le commencement regorge de fan service à l’attention des férus du MMO, mais le film ne se contente pas de leur servir cyniquement la soupe. Il n’est tout simplement pas un personnage, pas un décor, pas une caste ou une ligne de dialogue qui ne soit profondément imprégné d’une absolue fidélité envers le matériau de base. A ce décorum s’ajoute un sens du rythme indiscutable (peut-être le seul véritable apport de Duncan Jones en tant que cinéaste), qui évite efficacement les tunnels dialogués et préfère l’évocation rapide d’éléments d’arrière-plan, plutôt que d’interminables séquences d’exposition. Les fans devraient donc y trouver leur compte, voire même un peu plus.

 

photoLa CGI des Orcs est très impressionnante

 

GROS SPECTACLE 

Pour les cinéphiles en revanche, l’expérience risque d’être sacrément différente. Car si la direction artistique de Warcraft colle aux créations de Blizzard, elle ne survit pas toujours à sa transposition sur grand écran. Les éclairs bleus des mages et les giclures verdâtres du Fel, pour jouissives qu’elles étaient à appréhender clavier en main, s’avèrent d’un mauvais goût souvent rédhibitoire pour le spectateur passif.

Un écueil qui pourrait n’être qu’anecdotique si le film n’était pas techniquement aussi inégal. Universal donne ainsi le sentiment, avant même d’avoir lâché le film en rase campagne promotionnelle, de ne pas avoir donné à Duncan Jones et ses équipes un budget suffisant. Pour des Orcs fabuleusement modélisés (tant qu’ils sont cantonnés aux dialogues), il faut souffrir quelques Griffons, hommages involontaire au glorieux passé de la N64 et des batailles aussi répétitives que numériquement floues. Un vrai problème, pour un film dont la première ambition était d’offrir un spectacle total.

 

photo… et là curieusement ça marche moins

 

GÉANT ET FOND VERT 

Quant au scénario, il choisit de privilégier le respect du matériau de base et le rythme, mais il le fait malheureusement au détriment de l’écriture des personnages. A l’exception de Durotan, Orc véritablement réussi et intelligemment caractérisé, tous les protagonistes souffrent d’un gros manque d’écriture.

Paula Patton semble échappée d’un Z rital des années 80, et sera probablement la seule source de hurlements des fanatiques de WoW, tant la guerrière qu’elle incarne va à l’encontre de la mythologie Orc (par ailleurs plutôt bien illustrée au cours du film). Travis Fimmel fait son possible pour plisser les yeux avec intensité, tandis que Dominic Cooper et Ben Foster (on l’aime bien pourtant celui là) se lancent avec audace dans un concours de l’endive la plus racornie.

Et si Dominic Cooper a prouvé par le passé qu’il était capable de jouer la comédie en dormant, la palme de la performance sous prozac revient pour le coup à Ben Foster, qui flingue irrémédiablement le personnage emblématique du Gardien, toujours groggy, comme au sortir d’un toucher prostatique effectué avec des gants de boxe.

 

photo… et là ça marche vachement mieux, allez comprendre

 

Tout ce petit monde a donc énormément de mal à emmener le public jusqu’au bout d’un script très conventionnel, dont chaque élément se devine à des kilomètres, aux scènes d’action rarement intenses et toutes calquées sur le même modèle : l’orc tape fort mais l’humain est agile…  Reste que la conclusion de Warcraft relève un peu le niveau, prenant soudainement soin de ses héros, veillant à leur conférer à chacun conflits, alliances et inimitiés. Un épilogue satisfaisant, mais qui souligne paradoxalement qu’Universal n’a jamais eu d’autre ambition que de produire un pilote de série géant, différant (comme Marvel) la satisfaction du spectateur à un agenda hypothétique.

 

Warcraft Affiche française

Rédacteurs :
Résumé

A trop vouloir coller à son matériau de base, Warcraft oublie de l'adapter (vraiment) au cinéma et prend le risque de satisfaire les fans en s'attirant l'indifférence du public lambda.

Autres avis
  • Lino Cassinat

    Malgré un scénario précipité et un casting humain totalement à la ramasse, certaines scènes étonnent par leur intensité, et témoignent d'une vraie envie de bien faire de Duncan Jones, qu'on sait empêché par des galères de production. Ajoutez l'époustouflante CGI des Orcs, et on aurait presque envie d'aimer ce Warcraft malgré sa tiédeur globale.

  • Christophe Foltzer

    C'est dommage, il y avait tout pour faire un bon film épique : un scénario ambitieux, un design fidèle et une connaissance réelle du matériau d'origine. Oui, dommage que la production ait eu les yeux plus gros que le ventre.

Tout savoir sur Warcraft, le commencement
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Barry Alien

J’ai confiance, aller!

diez

Juste pour le genre j’irai le voir. Tellemenr rare l’heroic fantasy.

LaTeub

Pareil! Je veux voir ça.

Blablabla

Je pense au moins que ce film nous prendra moins pour des cons que Civil War et X-Men…

Blablabla

Mais moi j’aime les scènes où ça blablate…
« qui évite efficacement les tunnels dialogués et préfère l’évocation rapide d’éléments d’arrière-plan, plutôt que d’interminables séquences d’exposition »
C’est pourtant tout cela qui donne une âme à un film… les gros plans sur les émotions, les dialogues, la magnificence d’un plan arrêté et long… f**k le rythme d’un film sans ambition!
2h trop court pour ce genre! où sont les 2h30 – 3h ?