Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. - critique espionne

Simon Riaux | 26 août 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 26 août 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Arnaques, crimes et botanique en passant par ses deux Sherlock Holmes, le cinéma de Guy Ritchie se veut une déclaration d’amour toujours renouvelée au fun. Il ne déroge pas à cette règle avec Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E., qui entend ressusciter le cinéma d’espionnage à la cool.

GUERRE TIEDE

Et pour y arriver, le cinéaste ne fait pas les choses à moitié. Production luxueuse, casting de rêve et scénario aux airs de dépliant touristique, jusque dans sa reconstitution historique le film fait du pied à l’époque bénie du divertissement d’antan. Mais cette boulimie, qui convoque le buddy movie et une pelletée d’autres genres au fur et à mesure de son intrigue, joue en partie contre le film. Car si Guy Ritchie est toujours aussi dynamique, il peine franchement à retrouver l’équilibre funambule de son premier Sherlock Holmes, ou la décontraction contagieuse de Snatch.

 

photo, Henry Cavill, Armie HammerHenry Cavill et Armie Hammer

 

C’est que son ensemble manque cruellement de légèreté. Malgré leur volonté évidente de divertir, ces Agents très spéciaux sonnent creux, comme un très beau bijou fantaisie. Trop appuyé dans ses effets de manche (la plupart des dialogues tombent à plat), visiblement mal à l’aise avec l’esthétique qu’il convoque (le split screen est un des plus laids vus ces dernières années), le film paraît rapidement poussif, quand il ne vire pas à l’absurde, comme dans son final aux allures de film de guerre hors sujet.

 

photoVes-Pa-Cito

 

LES ESPIONS SONT ETERNELS

Reste les comédiens, qui parviennent presque à nous faire oublier les lourdeurs du projet. Henry Cavill est impeccable en Napoleon Solo, jouant admirablement d’un mélange de nonchalance et de malice qui lui va à ravir. Armie Hammer lui renvoie la balle avec bonheur et rappelle que derrière sa trop belle gueule se cache un acteur de premier plan.

 

 

photo, Elizabeth DebickiVersacce Versacce Versacce

 

Mais celle qui rend cette alchimie possible et enflamme régulièrement l’écran de son charisme, c’est Alicia Vikander. Magnétique en diable, elle électrise la plupart de ses séquences et transforme sans mal l’improbable duo qui occupe le haut de l’affiche en trio au charme diabolique. Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. lui doit beaucoup et prouve, quelques mois après Ex Machina, que la comédienne peut porter des projets sur ses seules épaules, voire les sauver.

 

Affiche française

Résumé

Guy Ritchie se prend les pieds dans le tapis du cool, mais son casting parvient à assurer le spectacle.

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commentaires
Pulsion73
27/08/2018 à 15:47

C'est chiant. Ça manque de rythme, les split screens ne servent à rien. Armie Hammer s'en sort bien. Cavill est quasi transparent et pas attachant. Film trop loooooong.

simon44000
27/08/2018 à 13:27

Moi perso j'ai adoré la scène où il lui met une grosse mandale par derrière pour l'endormir !!!
Après ça se regarde comme ça s'oublie rapidement .

sylvinception
27/08/2018 à 10:04

C'est HIÉ.
Un film de Guy Ritchie en somme.

stanley
04/11/2015 à 13:30

...un peu a coté quand meme sur ce coup là .aucun rythme , aucun climax ,aucune "la grosse sequence inherente a ce genre"( qui peut me dire quelles sont les "grosses sequences " du film ?)la ou "kingsman" sauve l'affaire par une sequ d'anthologie dans l'eglise , ici , nada ..un sale debarquement en split screen foireux , là ou dans un james bond on aurait eu un deluge de feu .... la dessus , une mise en scene quand meme assez moche , un montage assez calamiteux (la encore , la poursuite en quad (?!) sous un ciel on ne peut plus changeant , qui devrait annoncer un face to face avec l'un des mechant , pars en sucette complete et est finalement expedié en : poursuite morte/moto sur la gueule/le patron arrive/ interieur helico...top , 2 mn.on est proche de l'impro scenaristique quand meme .......

Ciné Phil à ses heures
20/09/2015 à 00:39

Snatch est et restera (encore longtemps ?) le meilleur film de Guy Ritchie (comment oublier le boxeur Brad Pitt dans le rôle d'un Gitan ?). Ses deux Sherlock sont pour moi surestimés. Quant à son code U.N.C.L.E. Cela fait penser à du Canada Dry : cela se veut fun, cool, vintage et un hommage aux films d'espionnage d'antan, mais cela n'en a aucunement la saveur. Dommage

MystereK
19/09/2015 à 16:59

"Agents très spéciaux n'est ni plus ni moins qu'une (tentative de) comédie d'espionnage trop romantique qui a la prétention de se croire drôle et de surprendre le spectateur avec ses retournements de situation maladroits."

Désolé Diez, mais dans la salle (plein), mercredi dernier, le public riait de bon cœur, donc côté comédie, j'ai l'impression que c'était plutôt réussi, et c'est souvent l'antagonisme des héros qui a fait rire, donc là aussi, il ne semble pas que Guy Ritchie ai perdu son temps.

Macready
17/09/2015 à 08:58

A quand l adaptation de la série Maguy ?

plamp
17/09/2015 à 08:36

@ Ampoule

C'est d'abord pour le fric, et ensuite pour ses enfants ^^.

À Ampoule
16/09/2015 à 22:52

Ben non...

diez
16/09/2015 à 20:18

Il est toujours très compliqué de dire quelques mots d'un film tellement mauvais qu'il ne vaudrait même pas la peine de prendre un peu de son temps... cela serait faire trop d'honneurs à un réalisateur qui se complait dans un style qui le dépasse visiblement et dont il ne saisit pas lui-même les subtilités. Pourtant, Guy Ritchie introduit son film avec force dans une séquence d'action maîtrisée qui n'augure rien de moins qu'un agréable divertissement.

C'est alors qu'il lance son hommage au cinéma d'espionnage des années 60/70. Hommage ou non, chacun jugera, le metteur en scène perd son temps à mettre en perpétuel conflit l'ego de tous ses personnages et en oubli l'essentiel : son scénario post Seconde Guerre mondiale qui, rappelons-le, a pour enjeu d'éviter la domination du monde par des gens mal intentionnés en possession de l'arme atomique.

Agents très spéciaux n'est ni plus ni moins qu'une (tentative de) comédie d'espionnage trop romantique qui a la prétention de se croire drôle et de surprendre le spectateur avec ses retournements de situation maladroits. On appréciera la classe du trio d'acteur et certains extraits de la bande originale. Voilà tout ce qu'offre un réalisateur ayant troqué sa liberté d'antan contre des productions limitées et impersonnelles.

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