Noé : critique en K-Way

Simon Riaux | 29 septembre 2018 - MAJ : 19/12/2019 23:08
Simon Riaux | 29 septembre 2018 - MAJ : 19/12/2019 23:08

Avant ce film, la carrière de Darren Aronofsky ne s'est jamais conjuguée heureusement avec les films à gros budget. Après l'échec de The Fountain, son départ de Wolverine : Le combat de l'immortel, on ne savait trop à quoi s'attendre avec Noé. Adaptation du roman graphique que le réalisateur a lui-même scénarisé, le blockbuster biblique s'est vu menacer de remontage intempestif et a reçu une interdiction pure et simple dans certains pays peu enclins à discuter le fait religieux. Mais qu'en est-il véritablement de l'œuvre et a-t-elle survécu à la tempête qui l'a précédée ?

ARCHE PERDUE ?

 

À l'heure où les blockbusters se transforment en parcs d'attractions pour adolescents priés de déposer leur cerveau à l'entrée de la salle, on attendait beaucoup d'un cinéaste de la trempe d'Aronofsky. La maîtrise technique de ce formaliste audacieux était un atout déterminant pour sortir cette parabole de l'Ancien Testament des ornières du spectacle aseptisé. Une mission en grande partie accomplie, tant le film recèle de trouvailles visuelles, qui marqueront les rétines du public et rassureront les fans du matériau original.

 

Anges de pierre, vision d'apocalypse, péché originel, Aronofsky truffe son récit de séquences originales, plastiquement virtuoses. Ces dernières sont d'ailleurs curieusement anti-spectaculaires, comme si la dimension catastrophique de son récit intéressait finalement peu le conteur, passionné en revanche par le drame intimiste qui se noue au sein de l'arche.

 

 

photo, Russell Crowe, Jennifer ConnellyUn film qui fait le café 

 

DARREN DANS UN BATEAU

 

Si le métrage se suit sans déplaisir, il ne parvient hélas pas à maquiller l'indifférence avec laquelle le réalisateur aborde les multiples péripéties de la première moitié du film. Malgré les régulières trouvailles, voire les prouesses typiques de l'artiste, il faut attendre le déluge à proprement parler pour voir surgir de véritables enjeux dramatiques. Ils s'avéreront poignants et bien réels, portés par un Russell Crowe magnétique de charisme, mais amenés trop tardivement. On regrette ainsi que la saisissante cruauté de Noé, ou les rôles de Toubal-Caïn ainsi que de Mathusalem ne soient pas plus travaillés et ne servent finalement que de rouages forçant le récit à progresser.

 

 

photo, Douglas Booth, Emma WatsonVous avez pris masques et tuba ?

 

L'arche a beau arriver à bon port, la traversée n'aura pas été de tout repos. En témoignent des transitions souvent ratées, voire techniquement indigentes, conséquence sans doute des remontages successifs. Quelques faux raccords viennent handicaper les scènes d'introduction, quand la conclusion s'offre une ellipse qui risque de frustrer terriblement les spectateurs en quête d'images spectaculaires.

 

Tout n'est donc pas parfait dans le Nouveau Monde, loin de là. Et pourtant, Noé impressionne, charriant dans son sillage une imagerie puissante ainsi (n'en déplaise aux extrémistes de tout poil) qu'un profond respect pour le texte sacré qu'il adapte. Aronofsky n'a pas totalement réussi son pari d'offrir un blockbuster accompli doublé d'une œuvre engagée et politique, mais il aura accouché d'un grand spectacle aux thèmes et aspirations radicalement différentes du tout-venant.

 

 

Affiche

 

 

 

Résumé

Noé souffre de nombreux défauts narratifs et structurels mais réussit l'essentiel, à savoir composer une fresque mythologique d'une terrible ampleur.

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Lecteurs

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commentaires
flexdu33
01/10/2019 à 10:47

@ Ken je pense que tout d'abord tu devrais aller à l'école, faire un peu de grammaire, pourquoi pas même ouvrir un bouquin. J'ai rarement vu quelqu'un écrire aussi mal.

Au passage, cela nous éviterait également de devoir lire tes propos à coté de la plaque et limite homophobes.

flipol
01/10/2019 à 00:24

Même Juda n'a pas retourné sa veste aussi vite que Mister Medef :)

corleone
30/09/2019 à 23:10

J'adore ce mec. On ressort toujours complètement troublé et parfois transformé de ses films et c'est ce qui fait la valeur d'un grand artiste The fountain et Mother m'ont beaucoup aidé à faire le deuil de ma mère.

Sascha
30/09/2019 à 21:44

@MystereK : merci. Vous avez mis de bien belle manière en mots ce que j'aurais exprimé plus longuement

Ken
30/09/2019 à 21:34

C’était pour rigoler et justement voir vos réactions je savais qu’en écrivent PATRON sa aller vous faire monter la température hoooooo il faut savoir rigoler un peux???? Crois moi que le cinéma j’en connais un rayon, j’aime le cinéma comme vous donc relaxer un peux. Je suis seulement patron de ma vie lol

MystereK
30/09/2019 à 20:36

KEN La religion n’est pas dénigrée lorsqu’un auteur prend un texte et en donne sa propre interprétation. A aucun moment l’histoire ne manque de respect aux croyants, il raconte juste l’histoire sous un autre point de vue sans jamais se moquer de la religion. Et votre argumentation sur l'adaptation au cinéma n'est qu'absurdité puisque c'est exactement ce qu'a fait le réalisateur et que vous lui reprocher, combler les lignes manquantes dans le texte d’origine, remplir les ellipses et votre petite vanne n'a rien à voir avec mes connaissances de la (les) religions(s), vous-même ne montrez aucunement connaitre la religion, vous ne faites que vous offusquer contre le film sans expliquer les points qui ne vous ont pas plu. Votre comparaison avec une minorité opprimée est absurde, elle ne tend qu’à laisser supposer une haine envers les personnes qui n’ont pas la même orientation sexuelle que vous (que vous traiter plus haut de pervers). La liberté d'interpréter un texte n'a rien à voir avec dénigrer, rabaisser, agresser des gays, nulle part dans le film il y a un appel à la haine contre la religion chrétienne. Ce n'est pas parce que le réalisateur n’est pas croyant qu’il ne peut s’interroger sur le sujet, c’est même plutôt sain qu’il se pose des questions. La Bible n’appartient pas exclusivement aux croyants et jamais dans le film le réalisateur ne montre des athées qui se croient supérieurs. Et que veut dire respecter les valeurs religieuses. que les autres doivent juste fermer leur gueule et ne pas dire à haute voix qu'ils ne croient pas ? C'est la dictature de la religion ? Pour rappel, l'homosexualité est un fait, une réalité, la religion est une croyance, il y a une énorme différence que vous ne semblez pas percevoir. Et s’attaquer aux autres en leur demandant ce qu’il font dans la vie est répliquer que vous êtes un patron, ben voilà un bel exemple de supériorité. On s’en fiche de votre statut social, être patron ne veut pas dire que vous comprenez mieux le cinéma ou la religion, ni même que votre intelligence sociale est meilleure que celle d’un autre, mais vos commentaires montrent que votre discours va à l’encontre de ce que vous demandez aux autres, vous ne montrez aucun respect pour les autres.

colloc 3
30/09/2019 à 20:24

@ ken
Patronnnn ??????? Alor la , frencheman plu rien a dire , raispet !

Ken
30/09/2019 à 19:41

Madolic et si non dans la vie tu fais quoi ? Autrement moi je suis patron. juge pas sur l’orthographe c’est pas sa qui fais la qualité de vie hein!!

Madolic
30/09/2019 à 16:44

Ken,
L'orthographe ça se passe comment ?

Ankytos
30/09/2019 à 14:11

Ken,
Il n'a pas fallu pousser beaucoup pour vous voir substituer le mot pervers au mot gay.
Vous étonnerez-vous si, en matière d'amour, de respect et de tolérance votre parole a peu de poids ?

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