Fast & Furious 6 : Critique

Patrick Antona | 23 mai 2013
Patrick Antona | 23 mai 2013

Après un honnête opus 3 qui, tout en gardant la tendance "tunning" et "djeuns" de la série Fast & Furious, réussissait quelque peu à sortir d'une route bien balisée, le réalisateur Justin Lin a réussi à négocier le virage vers l'actioner plus classique avec respectivement un N° 4 et un N°5  moins versés dans le numérique et sentant plus l'huile de moteur et le mâle dominant. 

Photo Casting
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Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, la licence étant devenue une version tout-terrain de Ocean's Eleven, et que Vin Diesel (alias Dom Torreto) et Dwayne Johnson (alias Luke Hobbs) roulent de mieux en mieux des mécaniques ensemble, quoi de mieux que de continuer la saga sur un tempo voulu plus dramatique en ayant bien alléché le vulgum pecus avec le cliffhanger "émotionnel" qui clôturait Fast & Furious 5.

 

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Partant du principe qu'il faut faire bigger & louder que l'épisode précédent, qui atteignait déjà quelques sommets dans des cascades et poursuites des plus improbables, Justin Lin ouvre le feu avec une séquence dont l'ambition est d'aller encore plus loin que la séquence finale du 5 et de son vol de coffre dans les rues de Rio. Une mission réussie qui permet en plus d'introduire une des premiers véritables Némésis de la série en la personne de Luke Evans. Dans la peau de Owen Shaw, le comédien propose un reflet déformant de Dom des plus crédibles. Surenchère aussi dans la globalisation de l'intrigue avec cette fois-ci les rues de Londres et de Moscou qui deviennent des aires de jeu pour les rodéos destructeurs de la bande à Vin et de leurs nouveaux ennemis, dont un des membres n'est rien moins que Letty (Michelle Rodriguez) revenue d'entre les morts (remember la fin de Fast 5).

 

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Si Diesel a une propension à occuper l'écran plus qu'à l'habitude, justifiée par le fait que sa quête personnelle est un des nœuds de la fine intrigue, Justin Lin réussit néanmoins à ménager des espaces pour les autres figures de l'équipe : Dwayne Johnson possède toujours cet aura qui déclenche l'adhésion automatique du public et une crédibilité encore plus poussée dans la distribution de mandales bien sonores, tandis que Paul Walker continue dans la lignée du bon fils de la "famille". Avec en bonus supplémentaire pour ce dernier, une séquence d'évasion énorme qui frise l'indécence tellement le bouchon est poussé loin. Mais qu'importe tant la démesure assumée fait plaisir à voir.  Les personnages féminins y gagnent aussi un peu en profondeur, le machisme inhérent des amateurs de tunning étant tempéré par l'option familiale que la série a pris depuis le dernier épisode, même si le jeu limité de Michelle Rodriguez  (et son indélébile et énervante moue) empêche l'adhésion immédiate à la love story censée apporter un plus sentimental dans l'avalanche de tôles froissées.

 

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Dans ce cahier des charges bien rodé qui alterne scènes d'action efficaces et bien réalisées et volées de vannes entre Vin et Dwayne qui semblent prendre un malin plaisir de se moquer respectivement de leur image, apparaissent néanmoins quelques scories. C'est ainsi que le film n'échappe pas à un certain ventre mou scénaristique faisant la part belle à la romance retrouvée entre Dom et Letty. Sans oublier quelques trous dans l'intrigue par trop voyants, jusqu'à un final voulu cataclysmique mais qui est gâché par un montage trop haché et un choix nocturne des plus discutables (n'est pas Michael Mann qui veut).

Fast & Furious 6 manque ainsi sa cible d'un poil pour être le parfait divertissement pas trop décérébré que l'on aurait aimé apprécié de bout en bout. Mais ici, à la différence du nauséeux Expendables 2 qui prenait les spectateurs pour des veaux, la notion de plaisir coupable n'est en rien galvaudée. Réussissant le tour de force de faire avec cet épisode un tout presque cohérent de la saga Fast & Furious (ce qui était loin d'être gagné si on revient en 2001!), Justin Lin clôt sa participation de manière explosive et laisse la main à James Wan pour un numéro 7 qu'on imagine déjà dantesque à la vision de l'ultime cliffhanger surprise. La franchise en a visiblement encore sous le capot ! Qui va s'en plaindre ? Pas nous  en tout cas !

 

Résumé

commentaires

ROMAIN
04/05/2015 à 19:59

C' EST TROP BIEN

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