Fast & Furious 6 : critique à l'huile de moteur

Patrick Antona | 8 septembre 2022 - MAJ : 09/09/2022 10:13
Patrick Antona | 8 septembre 2022 - MAJ : 09/09/2022 10:13

Depuis Fast & Furious 4 et Fast & Furious 5, la série a réussi grâce au réalisateur Justin Lin à négocier le virage vers l'actioner plus classique, moins versés dans le numérique et sentant plus l'huile de moteur et le mâle dominant. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne et que Vin Diesel et Dwayne Johnson roulent de mieux en mieux des mécaniques ensemble, quoi de mieux que de continuer la saga sur un tempo voulu plus dramatique avec ce Fast & Furious 6.

FASTER & FURIOUSER

Partant du principe qu'il faut faire plus Fast et plus Furious que l'épisode précédent, qui atteignait déjà quelques sommets dans des cascades et poursuites des plus improbables, Justin Lin ouvre le feu avec une séquence dont l'ambition est d'aller encore plus loin que la séquence finale de Fast & Furious 5 et de son vol de coffre dans les rues de Rio.

Une mission réussie qui permet en plus d'introduire une des premiers véritables Némésis de la série en la personne de Luke Evans. Dans la peau de Owen Shaw, le comédien propose un reflet déformant de Dom des plus crédibles. Surenchère aussi dans la globalisation de l'intrigue avec cette fois-ci les rues de Londres et de Moscou qui deviennent des aires de jeu pour les rodéos destructeurs de la bande à Vin Diesel et de leurs nouveaux ennemis, dont un des membres n'est rien moins que Letty / Michelle Rodriguez.

 

Photo Michelle RodriguezMichelle Rodriguez

 

Si Vin Diesel a une propension à occuper l'écran plus qu'à l'habitude, justifiée par le fait que sa quête personnelle est un des nœuds de la fine intrigue, Justin Lin réussit néanmoins à ménager des espaces pour les autres figures de l'équipe : Dwayne Johnson n'a pas perdu son aura, ni sa capacité à distribuer des mandales bien sonores, tandis que Paul Walker continue dans la lignée du bon fils de la "famille". Avec en bonus supplémentaire pour ce dernier, une séquence d'évasion énorme qui frise l'indécence tellement le bouchon est poussé loin. Mais qu'importe tant la démesure assumée fait plaisir à voir.

 

Photo Dwayne Johnson, Gina CaranoLes Uber à baffes

 

FAIS VOIR TON CAPOT

Les personnages féminins y gagnent aussi un peu en profondeur, le machisme inhérent des amateurs de tunning étant tempéré par l'option familiale que la série a pris depuis le dernier épisode, même si Michelle Rodriguez limite ici un peu son jeu, ce qui empêche l'adhésion immédiate à la love story censée apporter un plus sentimental dans l'avalanche de tôles froissées.

 

photo, Vin Diesel, Luke EvansBaboulinet et des bières

 

Dans ce cahier des charges bien rodé qui alterne scènes d'action efficaces et volées de vannes entre Vin Diesel et Dwayne Johnson, qui semblent prendre un malin plaisir de se moquer respectivement de leur image, apparaissent néanmoins quelques scories. Le film n'échappe pas à un certain ventre mou scénaristique faisant la part belle à la romance retrouvée entre Dom et Letty. Sans oublier quelques trous dans l'intrigue par trop voyants, jusqu'à un final voulu cataclysmique mais qui est gâché par un montage trop haché et un choix nocturne des plus discutables (n'est pas Michael Mann qui veut).

Justin Lin clôt sa participation de manière explosive et laisse la main à James Wan pour un Fast & Furious 7 encore plus dantesque dont la seule vision de l'ultime cliffhanger dépasse tout ce qu'a fait la franchise avant ça. Fast & Furious en a encore sous le capot pour un moment.

 

Affiche française

Résumé

Fast & Furious 6 manque ainsi sa cible d'un poil pour être le parfait divertissement pas trop décérébré que l'on aurait aimé apprécié de bout en bout. Mais c'est un plaisir coupable facile à assumer.

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Lecteurs

(2.4)

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commentaires
Grift
09/09/2022 à 08:31

En phase avec les commentaires ci dessus.
Le 5 reste le plus proche d'un bon film d'action fun, spectaculaire et attachant. Le 6 est ce qu'il a de mieux après. Viens ensuite le 7 qui a des passages très sympa et forcement une fin un brin sentimental. Ce qui suit est trop déséquilibré ou mal foutu pour rivaliser. Ce qui précède n'est pas au niveau. (Le 1er a cependant le mérite d'initier le casting et un semblant de concept).

Hasgarn
08/09/2022 à 20:20

Le 5 est un sommet de spectacle décérébré pour moi. Le 6 n’était pas particulièrement attendu mais il fait drôlement bien le taf en jetant aux oubliettes toute forme de logique ou de crédibilité. Je n’étais de toute façon pas là pour ça

Pseudo1
08/09/2022 à 20:04

Le meilleur après le 5.

Rudy Mako
19/09/2019 à 19:08

Le climax est anthologique

ROMAIN
04/05/2015 à 19:59

C' EST TROP BIEN

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