Critique : Presque célèbre

Laurent Pécha | 17 avril 2012
Laurent Pécha | 17 avril 2012

Avant de s'imposer à Hollywood avec l'énorme succès surprise de Jerry Maguire, Cameron Crowe avait connu sa première heure de gloire à l'âge de 15 ans en devenant le plus jeune journaliste du Rolling Stone magazine. Cette aventure-là, le cinéaste la met en scène dans Presque célèbre avec un brio qu'il n'a jamais retrouvé depuis.

Il réussit ici le tour de force de narrer une période faste et révolue du rock n'roll en évitant le piège de la chronique nostalgique certes plaisante mais sans aucune réelle force cinématographique. Pour ce faire, Crowe n'oublie jamais de grossir le trait pour transformer des séquences conventionnelles sur le papier en vrais morceaux de bravoure à l'image de la scène de l'accident d'avion, hilarant passage offrant un révélateur des pensées de ses héros. Mais ceci ne serait rien sans le soin méticuleux, la connaissance, le respect et l'amour démesuré de cette époque rock des années 70 qui animent la moindre parcelle du corps et de l'esprit du cinéaste. En résulte une reconstitution d'époque à la justesse phénoménale qui trouve son apogée dans les scènes de concert et le choix de la bande originale, hommage absolue à la première passion de Crowe.

Non content de nous plonger avec autant de justesse dans son attachant revival musical, Cameron Crowe fait preuve d'une saisissante justesse dans le choix de ses comédiens, tous formidables. Du jeune Miller (Patrick Fugit choisi parmi des centaines de candidats) à Philip Seymour Hoffman (truculent mentor du jeune héros) en passant par Billy Crudup (en guitariste haut en couleurs) ou encore Frances McDormand (en mère possessive et inquiète), les acteurs transcendent constamment leur personnage. Mais il y en a une qui sort encore plus du lot et à qui Crowe voue une infinie tendresse. C'est Kate Hudson, l'interprète de Penny Lane, la leader des groupies du groupe. Dans le rôle qui la révéla, la fille de Goldie Hawn irradie la pellicule et personnifie à merveille cette muse qui inspire tant notre jeune héros et par là même son metteur en scène qui sublime chacune de ses entrées. A l'époque, on pensait que la demoiselle était partie pour une grande carrière, la médiocrité des rôles qui suivirent, tendent à penser qu'elle suit les traces de sa mère.

Avec Presque célèbre, film qui vieillit infiniment bien, Cameron Crowe est parvenu à magnifier ses souvenirs d'adolescent, pour signer un chronique terriblement attachante, véritable plaidoyer à un esprit rock'n'roll sans doute à jamais révolu. On rêve toujours que l'homme retrouve cette magie là !

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