Skyline : critique de bleu

Melissa Blanco | 13 décembre 2010 - MAJ : 15/07/2018 17:10
Melissa Blanco | 13 décembre 2010 - MAJ : 15/07/2018 17:10

Véritable curiosité sur le net durant l'été, le trailer de Skyline n'a depuis cessé de faire parler de lui. Quel est donc cet étrange OVNI, promettant attaque extraterrestre efficace sans budget ni tête d'affiche ? Question à laquelle il faudra moins de 94 minutes pour y répondre : du vent. N'aurions-nous dû pas jeter un oeil à la fiche technique avant de s'y aventurer ? Sans prendre la peine de contextualiser son histoire, Skyline commençait pourtant sur les chapeaux de roues, nous plongeant in media res dans un Los Angeles en fusion. S'ouvrant sur cette ville endormie, aux prises d'une série de jets de lumières venus du ciel. Réveillant peu à peu les habitants, encore un peu alcoolisés des festivités de la veille. C'est néanmoins le cas de cet appartement, dans lequel nous introduit la caméra, nous présentant nos "héros" sous leur jour le moins glorieux. Jusqu'à que l'un d'entre eux ouvre les volets et se volatilise sous l'oeil médusé de ses compères. Ambiance.

Ou du moins pas tout à fait, le film effectuant alors de manière surprenante un bond dans le temps, nous renvoyant plusieurs heures auparavant. A la clé, présentation du couple central et fête à l'américaine à peine cliché, entre piscine et filles sexy. Le tout histoire de bien nous marteler les différentes relations et enjeux entre les personnages - le couple, la grossesse inopinée, les meilleurs amis pour la vie, la femme trompée... -, là où le film semblait faire au premier abord dans la "subtilité". Laissant surtout le cadreur en totale roue libre, ne sachant pas s'il doit poser sa caméra à hauteur de table ou de personnages. Faisant souvent des pots de mayonnaise et de ketchup les premiers plans du film. D'où l'installation d'un petit malaise quant à ce semblant d'amateurisme... qui viendra malheureusement à gonfler singulièrement tout au long du film. Mais que devions-nous attendre d'autre de la part des frères Strause, coupables d'Aliens vs. Predator - Requiem ?

 

 

L'identité des réalisateurs révélée, nul doute que Skyline ne fait plus trop rêver. Surtout quand celui-ci semble rapidement prendre les allures d'un navet en règle. Le film partait pourtant d'une idée originale, celui de filmer l'apocalypse de l'intérieur, enfermé au sein d'un appartement. Privilégiant une tension interne avec pour seule ouverture sur le monde extérieur un télescope et une télévision. Mais tout cela ne serait-il pas simplement le résultat d'un budget limité ? C'est du moins l'impression que vient à donner le film, l'équipe ne semblant pas totalement assumer ce parti pris. Usant des accélérés pour les séquences d'intérieur, de ralentis outranciers lorsque les protagonistes viennent à mettre le nez dehors, donnant à voir les monstres sous toutes leurs coutures.

 

 

Si la trame principale se révèle ainsi plutôt réduite - tout le film reposant sur la question: "devons-nous sortir ou pas ?", Skyline laisse au départ intelligemment les personnages dans l'ignorance. Quelle est cette lumière bleue ? Pourquoi sommes-nous aspirés ? Quel est l'objectif de ces aliens ? Avant de nous donner trop rapidement toutes les clés de l'intrigue, cassant le mystère grandissant autour de ces bestioles. Laissant surtout par la suite les scénaristes se lâcher complètement quand se pose la question des dialogues ou des micro climax. N'hésitant pas à tout donner, comme si Skyline était leur dernier.

 

 

Et c'est parti pour une avalanche de poncifs, du combat à mains nues contre un alien prétendu invincible à la citation des plus subtiles: "Hasta la vista motherfucker". C'est qu'on craque chez les Ricains ! Alors, quand le film vient à se recentrer sur le couple principal, trouvant une part d'émotion dans tout ce capharnaum, on se prend à rêver. Skyline pourrait-il se rattraper dans sa dernière partie ? L'image finale venant à nous rassurer quant à la misère de ce que l'on a pu voir auparavant... jusqu'à ce que l'on prenne conscience qu'elle n'était pas la dernière pour un sous, le film livrant soudain un climax aussi nanardesque qu'hallucinant, laissant l'aberration faire place au fou rire nerveux. Que l'on ait pas de budget d'accord, que l'on ne soit pas capable de trouver des réalisateurs, des acteurs ou des scénaristes qualifiés, moins. Pour sûr, on ne nous y reprendra plus !

 

 

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