Resident Evil : Afterlife - critique d'entre les morts

Stéphane Argentin | 10 septembre 2010 - MAJ : 14/01/2020 23:40
Stéphane Argentin | 10 septembre 2010 - MAJ : 14/01/2020 23:40

Par on ne sait quel miracle, l'adaptation au cinéma du célèbre jeu vidéo Resident evil est une franchise très lucrative avec déjà 4 films en 8 ans, chacun ayant rapporté davantage au box office mondial que le précédent (entre 100 et 150 millions de dollars de recettes). Après un premier opus honorable, Apocalypse (titre annonciateur ?) s'affichait ainsi comme l'une des pires suites de l'histoire tandis que, confié aux bons soins de Russell - Highlander - Mulcahy, Extinction avait légèrement relevé le niveau. Là où les jeux visaient à faire flipper et sursauter, leurs pendants cinématographiques misaient avant tout sur l'action. Une approche reprise à son compte par le 4ème opus vidéoludique sorti en 2005 qui, prenant le concept originel à contre-pied, délivrait un puissant shoot d'adrénaline quasi non-stop.

En 2010, fort du triomphe international d'un certain Avatar, le nouvel opus Afterlife mise tout sur deux éléments, la 3D et le bullet time. Le résultat qualitatif est alors dans la continuité du n°3 , c'est-à-dire entre la catastrophe du n°2 et l'honorabilité du n°1 qui, pour le coup, reste à ce jour le plus réussi (toutes proportions gardées). Scandé haut et fort que la même caméra Pace Fusion que celle employée par James Cameron pour filmer ses grands schtroumpfs a été utilisé ne suffit pas, encore faut-il savoir manipuler l'outil 3D afin de ne pas aboutir à ce genre de séquence aquatique illisible car plongée dans le noir quasi-total (rappel à l'intention de Paul W.S. Anderson : les lunettes 3D absorbent une bonne partie de la luminosité).

 

Photo Milla Jovovich

 

À ce premier écueil d'une 3D mal exploitée renouant avec le « on vous en balance plein la figure » au détriment d'une réelle immersion visuelle, pas franchement aidée par des arrière-plans synthétiques peu convaincants (à moins que cela ne soit intentionnel), s'ajoute un pompage en règle de Matrix avec des effets bullet time à foison (tirs de balles, gouttes d'eau...) et le retour d'un certain Agent Smith (même costard, même lunettes et mêmes pouvoirs).

 

Photo Ali Larter, Milla Jovovich

 

Inaugurées par une entrée en matière qui donne le ton, ces scènes d'action au ralenti, bourrines à souhait, constituent malgré tout le seul vrai stimuli de ce quatrième opus où Alice (Milla Jovovich), Claire (Ali Later, déjà présente dans Extinction) et Chris (Wentworth Miller, toujours aussi inexpressif en toutes circonstances) dératisent à tout va sans se poser de questions... et avec eux le spectateur. In fine, sachant que l'on ne vient pas voir un Resident evil pour la profondeur de son scénar ou bien le jeu des comédiens mais pour assister à du dézingage en bonne et due forme entre deux tunnels de parlotte chiants et inutiles (attention, y en a un paquet), Afterlife remplit son office, si on parvient à faire abstraction du fait que le film bouffe joyeusement à tous les râteliers (de New York 1997 à Matrix en passant par Assaut). Mais diable que le revenant Paul W.S. Anderson se montre nettement plus à l'aise sur les circuits de Death Race (assurément son meilleur film à date) qu'aux commandes de cette franchise sans âme et sans surprise.

 

Affiche française

Résumé

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