Toy Story 3 : Critique

Vincent Julé | 17 juin 2010
Vincent Julé | 17 juin 2010

Presque 15 ans depuis Toy Story, et 10 pour sa suite. Une génération en termes de culture et de cinéma. Ainsi, alors qu'il entre dans la salle pour assister aux nouvelles (et dernières ?) aventures de Woody, Buzz et compagnie, le spectateur (quel que soit son âge, mais avouons-le bientôt trentenaire) essaie de se souvenir des premiers films. Toy Story était précurseur, unique en son genre et à son époque, le deuxième meilleur, quoique presque trop dense, trop virtuose. Et puis il y a eu Nemo, Ratatouille, Wall-E... Sauf que lorsqu'il sort de la salle, le même spectateur n'arrive qu'à repenser à cette peluche de petit chat dont il a coupé les moustaches avant de pleurer pendant des heures ou à ce Chevalier du Sagittaire qu'il n'a pas réussi à vendre à la brocante parce qu'il avait perdu toutes les pièces de son armure. La question n'est même plus « mais comment ont-ils fait... encore ? », comme après chaque Pixar, mais littéralement « que s'est-il passé ?! ».

A l'origine, lorsque Disney n'avait pas encore racheté Pixar, mais qu'il possédait les droits de tous leurs personnages, Toy Story 3 devait être réalisé par le nouveau studio Circle 7 Animation et suivre un Buzz défectueux renvoyé à Taiwan. Il y rencontrait d'autres jouets rappelés, tous menacés de destruction, et était sauvé par Woody et sa bande. Ok, mais Andy là-dedans ? C'est la brillante idée du vrai Toy Story 3, remettre le Andy enfant devenu adulte au centre des enjeux, à défaut de jouer encore avec ses vieux jouets. D'ailleurs, qu'en avez-vous fait lorsque vous avez quitté la maison familiale ? Dans vos valises, au grenier, à la poubelle ? Une question simple, mais terrible quand on se met à y réfléchir, à laquelle John Lasseter, Andrew Stanton, Pete Docter et Lee Unkrich vont prendre un malin plaisir à ne pas répondre pendant 1h43 !

 

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Non, si le film nous cueille comme une fleur dès son ouverture, à l'instar de Wall-E et Là-haut, il ne le fait pas par cette humanité indéfectible et l'émotion qui en découle. Il le fait par le comique et le rire ! Les derniers Pixar avaient atteint une sagesse, et une perfection, aussi inattendue qu'importante et impressionnante pour le cinéma d'animation. Toy Story 3 marque une sorte de retour (en enfance) dans la continuité. Et il continue encore (rires) et encore (éclats de rires), jusqu'à virer au cauchemar pour enfants et au fantasme pour adultes sur la fin. On ne les refera pas les enfultes de chez Pixar, c'est sûr et c'est tant mieux. La dynamique du film est ainsi celle d'un pur récit d'aventures, encore plus que dans Là-haut, où chaque personnage, situation, rebondissement est là où il faut, quand il faut. 190M$ de budget, du Dolby Surround 7.1, de la 3D stéréoscopique ? Des personnages, une histoire... la vie serait-on tenté de rajouter... Pixar ne le répétera jamais assez.

 

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Que l'on est 7 ou 77 ans, Toy Story 3 est une découverte, une surprise de tous les instants, à chaque gag, chaque trouvaille, chaque idée, et surtout chaque personnage. Il y a 14 nouveaux jouets, dont chacun aura la préférence d'un spectateur. Mais au hasard (véridique !), le Ken de Barbie a le droit à un traitement, et un abattage, irrésistible. Qui plus est lorsqu'il est doublé en français par un Benoît Magimel on fire ! Les anciens, les vieux, les originaux ne sont pas en reste, et c'est l'un des tours de force du film, puisque un Buzz ou un Monsieur Patate sont à l'origine de morceaux d'anthologie, et des fous rires qui vont avec. Et puis, arrêtons de tergiverser, lorsque le message, la morale, appelez ça comme vous voulez, du film tient au regard d'un jouet sur une mère qui a du mal à dire au revoir à son fils, on capitule, on pleure, on crie au chef d'œuvre !

 

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