Critique : Une éducation

Jean-Noël Nicolau | 23 février 2010
Jean-Noël Nicolau | 23 février 2010
Le roman d'apprentissage est un genre balisé, bien connu et généralement sans surprise. Après tout, il n'y a pas des milliers de façons d'expérimenter l'existence. Et il est bien connu que la jeunesse passe par des phases quasiment inévitables. Une éducation de Lone Scherfig (Italian for beginners) s'inscrit ainsi dans cette grande tradition des histoires moralistes, voire moralisatrices. Grâce à un scénario impeccable signé Nick Hornby (qui n'est jamais meilleur que lorsqu'il cesse de se contempler le nombril), le film s'inscrit dans le début des années 60 britanniques avec un réalisme à toute épreuve. On flirte avec la version anglaise de Mad Men, mais le point de vue abordé est essentiellement celui de l'héroïne.

La force, et tout le prix, d'Une éducation réside dans son actrice principale, Carey Mulligan. Véritable révélation, elle transcende le classicisme prévisible et un peu arthritique du film. Sans elle, l'œuvre ne se départirait pas d'une douce banalité et choquerait presque par son message poliment conformiste. Mais le naturel, la délicatesse et le charme de l'actrice effacent les réticences et on suit avec émotion son passage à l'âge adulte.

Rien de bien surprenant dans l'histoire d'une adolescente séduite par un homme plus âgé et qui se jette dans le bouillonnement du monde avec émerveillement. Les désillusions seront au rendez-vous, ainsi qu'une conclusion entre amertume et espoir. Une éducation est à l'image de son titre, exemplaire, parfois un peu édifiant, mais toujours attachant. L'œuvre déroule sa petite musique sans fausse note, réservant de belles places aux seconds rôles plus ou moins prestigieux (dont l'inévitable Emma Thompson). On en sort avec l'impression d'avoir passé un agréable moment, probablement oubliable, mais qui nous aura permis de faire connaissance avec Carey Mulligan, une actrice qui ira certainement très loin.

Résumé

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire